RECHERCHE DES METS INGOCOQUES
Le prélèvement est suivi d'un examen miscroscopique direct, obligatoirement suivi d'une mise en culture sur milieu de préférence solide (gélose-ascite ou un autre des milieux signalés), pour obtenir des colonies isolées capables de permettre l'identification.
Identification.
Les épreuves précédentes ne peuvent que fournir une orientation vers le diagnostic ; elles ne donnent encore aucune indication précise sur la nature exacte du germe isolé. Elles doivent être complétées dans tous les cas par l'identification de ce dernier, identification qui a pour but de savoir :
1° Si ce germe est bien un méningocoque ;
2» A quel type il appartient.
Dans ce but, les cultures obtenues par ensemencement des colonies reconnues suspectes doivent être soumises, d'une part à l'épreuve des fermentations sucrées, d'autre part à la recherche de l'agglutination spécifique.
I. Epreuve des fermentations sucrées. — Ensemencer sur l'un des milieux suivants :
a) Milieux tournesolés. — Procédé de Von Lingelsheim.
On prend 135 centimètres cubes d'un mélange de gélose à 3 p. 100, additionnée, à la température de 60°, de liquide d'ascite. On y ajoute 15 centimètres cubes de teinture de tournesol contenant 10 p. 100 de lévulose, de glucose, de maltose, (le tournesol sucré doit être stérilisé de la façon suivante : bain-marie à l'ébullition pendant cinq minutes à trois reprises différentes). On coule ces milieux sucrés encore liquides dans des boîtes do Pétri, où ils se solidifient après refroidissement. On ensemence sur ces milieux une ose de la culture.
Procédé de Bruns et Hohn. — Mélanger à parties égales du bouillon ordinaire et du liquide ascitique. A 100 centimètres cubes du mélange, on ajoute : 1° 15 centimètres cubes de la solution sucrée à 10 p. 100 ; 2° 15 centimètres cubes de tournesol. On répartit en tubes stériles et on ensemence.
On peut opérer plus simplement et avec des résultats aussi satisfaisants.
Procédé personnel. — Préparer de la gélose sucrée (lévulose, glucose, maltose), en ayant soin de ne la stériUser qu'à 105° (pendant trente minutes) pour éviter la caramélisation. Ajouter du liquide d'ascite dans les proportions habituelles (un tiers du volume total de gélose), et additionner de tournesol stérilisé comme il a été dit plus haut, dans la même proportion que ci-dessus, pour obtenir la teinte bleue désirée.
Préparer ainsi trois boîtes de Pétri (ou trois tubes) contenant l'une de la lévulose, la deuxième de la glucose, la troisième de la maltose.
Après vingt-quatre heures de séjour à l'étuve à 37^ de ces trois boîtes ensemencées avec le même échantillon microbien à identifier, on observe les résultats :
IIG
BACTERIOLOGIE
Méningocoque
M. Catarrha/is
Dipl.
Cinereus
Paraméninqocogue
Si ce us
Dipl.
flavusi-
Dipl. riavusil
]Jipl.
Crassus
Gonocoque
Dipl. fiai/ us ÎIÎ
Fig. 21. — Épreuve des fermentations sucrées (Méningocoque et germes similaires), Gélose-ascite lévulosée tournesolée.
MéningococjuB
M Catarrhalis
Dipl cinereus
Dipl.
fla\/usl
Paraméningocoque
Dipl
SICCU5
Dipl flai^usE
Dipl.
crassus
Dipl. flai/usM
Fig. 22. — Epreuve des fermentations sucrées (méningocoque et germes similaires). Gélose-ascite mdXXozée tournesolée.
RECHERCHE DES MÉNINGOCOQUES
pas de fermentation, la culture qui a poussé reste bleue, fig. 22, 23 et 24 ; s'il y a fermentation, elle prend une teinte rose (1).
Méningocoque
M.Cstarrhalis
Dipl.
Cinereus
Dipl.
flavusl
Dipl.
fia vus II
Paraménifi' gocoque
Dipl.
Siccus
-Dipl
Crassus
Gonocoque
Dipl.fh^u^ ///
Fig. 23.
Epreuve des fermentations sucrées (méningocoque et germes similaires). Gélose-ascite glucosée tournesolée.
b. Milieux au neutralroth (Dopter et R. Koch).
Dans 75 centimètres cubes de gélose à 3 p. 100, on fait dissoudre 1 gramme de lévulose, dextrose, maltose. Après un séjour de vingt minutes à l'autoclave à 105°, on ajoute 25 centimètres cubes d'ascite et 1 centimètre cube d'une solution de neutralroth à 1 p. 100. Le milieu prend une teinte orangée. On le maintient au bain-marie à 60° pendant une heure environ ; au bout de ce temps, un précipité se forme. On agite les récipients et on coule le milieu en boîtes de Pétri ; sous une faible épaisseur, il prend une teinte jaune.
Après ensemencement et séjour à l'étuve à 37°, pendant vingt-quatre heures, on observe : sur les milieux qui n'ont pas fermenté, la culture est jaunâtre comme le milieu ; sur ceux qui ont subi la fermentation, la culture est rouge vif (groseille ou carmin). Les résultats sont d'ailleurs superposables à ceux qu'on obtient avec les milieux sucrés tournesolés.
Rappelons que les méningocoques, à quelque type qu'ils appartiennent, n'ont aucune action fermentative sur les milieux lévuloses, mais font fermenter les milieux glucoses et maltosés.
(1) Il est prudent de surveiller les fermentations avant que le délai de vingt-quatre heures ne soit écoulé. Il arrive parfois (question de germes, question de qualité des sucres) que la fermentation est plus nette vers la quatorzième ou seizième heure, après quoi il s'effectue en ces cas un léger degré de virage au bleu qui, si l'on attend les vingt-quatre heures, donne une teinte violacée, trouble l'interprétation, et fait croire à une absence de fermentation, qui s'est produite cependant à son maximum dans les heures précédentes.'
BACTERIOLOGIE
De tous les germes étrangers au méningocoque, seul le Diploc. jlavusill présente des réactions identiques, mais la teinte jaune de la culture (observée surtout au moment du prélèvement sur l'anse de platine) ne permet pas la moindre confusion. Ces résultats comparatifs sont consignés dans le tableau suivant :