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ANATOMIE NORMALE DES MENINGES

Feuillet viscéral de l'arachnoïde. — Le feuillet viscéral de l'arachnoïde se superpose à la pie-mère ; il est séparé cependant nettement de cette dernière^

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b'ig. 29. — Lacs et flumina de la face externe du cerveau'(d'après^Duret).

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Fig. 30. — Lacs et flumina de la base du cerveau (d'après Duret).

^notamment au niveau des sillons et anfractuosités de l'axe nerveux au-dessus desquels il passe à la manière d'un pont, par les espaces sous-arachnoïdiens.

DopTER. — ■ L'Infection méningococcique. 13

Espaces SOUS-arachnoïdiens. — Ensemble de cavités qui sont comprises entre le feuillet viscéral de l'arachnoïde et la pie-mère, et dont l'irrégularité est due au mode d'étalement différent de ces deux membranes, les espaces sous-arachnoïdiens sont comblés par le liquide céphalo-rachidien dont ils constituent un vaste réservoir (voir fig. 60).

En raison des dimensions très variables des dépressions creusées à la surface des centres nerveux, les espaces sous- arachnoï liens présentent, suivant les régions où on les observe, des épaisseurs très différentes. On les voit ainsi constituer des cavités plus ou moins larges où s'accumule le liquide céphalo-rachidien ; ces cavités sont désignées en anatomie, suivant leur volume, sous le nom' de confluents ou de lacs, de flumina, rwi et riçuli. On connaît ainsi les lacs sylvien, calleux, central, cérébelleux (supérieur et inférieur), enfin le lac bulbospinal, qui s'étend à toute la surface de la moelle pour alaoutir à la région de la queue de cheval et où l'aiguille pénètre dans la ponction lombaire. Les plus importants de ces lacs sont situés à la base de l'encéphale ; ils sont utiles à retenir, car d'une part c'est à leur niveau que les lésions méningées atteignent leur maximum d'intensité, et d'autre part c'est de ces régions qu'émanent la plupart des nerfs crâniens dont l'atteinte est si fréquente au cours de la méningite méningococcique. Ces lacs communiquent tous entre eux (fig. 29 et 30).

Retenons ici une particularité de la plus haute importance : le lac cérébelleux inférieur communique avec le quatrième ventricule par le trou de Magendie et les trous de Luschka ; si bien que les espaces sous-arachnoïdiens se trouvent en relation directe de contiguïté non seulement avec cette cavité, mais encore avec le troisième ventricule et les ventricules latéraux qui communiquent entre eux (voir p. 225) . Il en résulte quele liquide céphalo-rachidien de ces espaces se déverse dans toute la série des ventricules. D'ailleurs Hess, en 1885, en injectant du bleu de Prusse dans les ventricules, le vit apparaître au niveau de la voûte du quatrième ventricule ; en opérant en sens inverse et en injectant de l'encre de Chine dans les espaces sous-arachnoï liens, Sicard (1) retrouva les grains de cette substance dans les ventricules.

Les espaces sous-arachnoïdiens sont cloisonnés par une multitude de tractus conjonctifs qui les divisent en une foule de cavités secondaires, communiquant toutes entre elles et à travers lesquelles le liquide céphalo-rachidien circule librement.

Ils constituent ainsi un réseau plus ou moins serré suivant les régions : très serré à la partie supérieure des hémisphères cérébraux, il est plus lâche en d'autres régions, notamment au niveau de la moelle où les mailles se disposent dans le sens vertical.

Chaque travée est revêtue d'un endothélium décrit par Key et Retzius.

Ces tractus conjonctifs jouent un rôle important de soutien aux vaisseaux qu'ils engainent ; Charpy, Mott ont démontré que ces gaines périmsculaires accompagnent les artères et les veines jusqu'à leurs ramifications ultimes dans la substance nerveuse. Elles communiquent directement avec les espaces sousarachnoïdiens ; on le démontre aisément par la possibilité de les injecter par ces espaces (Incke, Lewaridowsky, Bruno) ; Milian (2) les a d'ailleurs trouvées bourrées d'hématies dans une hémorragie méningée sous-arachnoïdienne. Enfin, d'après Mott, les espaces périvasculaires se trouveraient en relation directe avec les espaces péricellul aires.

Les espaces sous-arachnoïdiens ne se contentent pas d'engainer les vaisseaux, ils engainent aussi les nerfs crâniens et les racines rachidiennes.

(1) Sicard, Thèse de Paris, 1899.

(2) Milian, Le liquide céphalo-rachidien hémorragique (Gazette hebdomadaire, 7 août 1902).

L'existence de cette gaine neurale a été prouvée notamment pour les nerfs crâniens et plus particulièrement l'olfactif, le nerf optique, l'auditif.

L'observation montrera que les filets de l'olfactif traversent l'ethmoïde, entourés de manchons qui vont se perdre dans le chorion de la pituitaire sous l'épithélium olfactif. Key et Retzius ont réussi à injecter le chorion pituitaire par les espaces sous-arachnoïdiens.

Il en est de même du nerf optique (expériences de Sicard et Dupuy-Dutemps qui ont injecté le tissu rétro-orbitaire avec des granulations d'encre de Chine).

Mêmes constatations pour l'auditif. L'expérience montre enfin la réalité de cet engainement pour tous les autres nerfs crâniens.

En ce qui concerne les nerfs rachidiens, on s'accorde à penser que les gaines neurales se prolongent jusqu'au ganglion spinal. Au delà de ce dernier, la communication avec les nerfs périphériques est plus discutée. Sicard et Cestan la nient ; cependant, en 1875, Key et Retzius, ayant réussi des injections dans les deux sens, avaient conclu nettement à l'existence d'une communication capillaire entre les deux. Plus tard, Lamy et Macaigne arrivent à injecter les espaces sous-arachnoïdiens par la gaine du médian. Les faits rapportés par Nageotte, puis Tinel, semblent démonstratifs ; à la suite d'injections d'encre de Chine dans les espaces sous-arachnoïdiens par la voie ethmoïdale, Tinel observe des granulations non seulement dans les culs-de-sàc ganglionnaires de la gaine sous-arachnoïdienne, mais aussi dans le ganglion et les troncs nerveux périphériques ; à la suite d'hémorragies sous-arachnoïdiennes, il constate des globules rouges dans les mêmes organes. Il est donc indiscutable que les espaces sous-arachnoïdiens se poursuivent par la gaine radiculaire autour des nerfs périphériques, et que celle-ci constitue une voie d'écoulement pour le liquide céphalo-rachidien.

D'ailleurs, les expériences de Homen et Laitinen (1), de Levaditi, Danulesco et Arzt (2) qui ont pu produire des méningites cérébro-spinales par injections de cultures microbiennes au niveau des nerfs périphériques, et ont suivi pas à pas la marche du processus infectieux, prouvent bien l'existence des communications établies entre les gaines neurales et les espaces sous-arachnoïdiens.

Il résulte de cet exposé que les espaces sous-arachnoïdiens, les plus essentiels à considérer dans la méningite cérébro-spinale, enveloppent complètement le cerveau et la moelle, mais encore envoient des prolongements engainant les nerfs périphériques qui en émergent. Cette disposition générale permet de constater que tous les éléments du système nerveux central et périphérique baignent dans le liquide céphalo-rachidien qui leur forme un manchon continu ; elle est de nature à expliquer bien des faits que l'on retrouvera dans la description anatomo-clinique de la méningite.

On verra d'ailleurs plus loin qu'en raison de l'invagination dont la pie-mère et ces espaces sont l'objet dans l'intérieur des ventricules (page 225), le rôle u'ils sont appelés à jouer dans l'extension du processus méningé aux cavités ventricul aires.

L'évolution clinique de la méningite cérébro-spinale est extrêmement variable. Il n'est donc pas surprenant qu'au point de vue anatomo-pathologique le système nerveux et plus particulièrement les enveloppes du

(1) HoxMEN et Laitinen, Ziegler's Beitrag zur patholog. Anatomie, 1899.

(2) Levaditi, Danulesco et Arzt, Méningite par injection de microbes pyogènes dans les nerfs périphériques {Annales de l'Institut Pasteur, avril 1914).

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cerveau et delà moelle présentent, suivant les cas, des aspects différents. On peut concevoir aisément qu'entre les méningites qui évoluent en quelques heures et celles qui se terminent au bout de plusieurs semaines il puisse exister des variations importantes. D'autre part, l'évolution de la méningite est souvent marquée par maints incidents qui sont de nature à modifier les caractères des lésions ; autant d'éléments dont il faut tenir compte dans une description de ce genre.

Cette étude anatomo-pathologique comprendra la description des lésions de la méningite cérébro-spinale au fur et à mesure de son développement.

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