LÉSIONS DE LA MOELLE
La moelle participe en général dans une très faible mesure à l'inflammation qui l'entoure ; néanmoins, quand la méningite dépasse la première semaine, il n'est pas exceptionnel de rencontrer sur l'axe médullaire quelques altérations qui sont la conséquence de l'inflammation ambiante.
Les coupes macroscopiques ne révèlent habituellement aucune lésion appréciable bien définie ; toutefois il n'est pas rare de constater un certain degré de mollesse ainsi qu'un état luisant du parenchyme nerveux, en même temps que se détache parfois, sur une teinte rosée générale, un très léger piqueté hémorragique. Dans une de ses observations, Camiade (1) signale cependant, au niveau du tiers supérieur et du tiers inférieur de l'organe, que la moelle était ramollie et diffluente, constatation qu'on retrouve dans certains protocoles d'autopsie de Corbin (2). A la vérité, cette lésion est rare.
Le microscope confirme la règle générale, à savoir que le plus habituellement la moelle reste indemne, son intégrité faisant contraste avec l'intensité des lésions méningées ; il semble que l'inflammation soit limitée aux enveloppes. La moelle subit parfois cependant le retentissement secondaire du processus infectieux périmédullaire (3) :
La lésion la plus fréquemment observée consiste dans une légère infiltration cellulaire de la substance blanche, et même des racines, surtout au voisinage de leur traversée méningée : infiltration lymphocytaire à point de départ surtout vasculaire: les vaisseaux en effet (artères, veines), sont légèrement congestionnés ; il en est de même des capillaires qui rayonnent vers le centre de la moelle ; ils sont dilatés, leur lumière est
(1) Camiade, Thèse de Paris, 1899 (obs. vu).
(2) Corbin, cité par Boudin, Mémoires de médecine et de pharmacie militaires, 1852, T. 9, 2e série, p. 75.
(3) De Massary et Châtelain, Méningomyélite méningococcique à localisation exclusivement dorso-lombaire (Société de Neurologie, 10 février 1910).