COMPLICATIONS DE L'APPAREIL OCULAIRE
gite cérébro-spinale ont déjà été décrites en divers chapitres de cet ouvrage,
.^^ l'occasion de l'exposé des divers phénomènes anatomo-cliniques qui
|^B||onnent naissance à chacune d'elles ; mais elles s'observent si communé-
■^Taent au cours de la méningite méningococcique qu'elles finissent par faire
pour ainsi dire partie intégrante de son évolution ; elles doivent donc
être rappelées ici en les groupant sous une forme synthétique.
Les unes ont une origine sanguine, et relèvent, non de la méningite proprement dite, mais de la septicémie qui la précède ou l'accompagne; e sont : Viritis^ V irido-choroïdite, la panophtalmie.
D'autres sont en relation avec les altérations du rhino-pharynx, d'où part le méningocoque pour gagner par la voie canaliculaire (Terrien et Bourdier), les conduits lacrymaux ; ce sont les conjonctivites et les kératites. Du rhino-pharynx, le germe spécifique peut gagner encore le sinus maxillaire, le sinus frontal, les cellules ethmoïdales et sphénoïdales et
envahir ainsi par propagation directe le tissu cellulaire péribulbaire, provoquant ainsi des cellulites orhitaires^ des phlegmons de Vorhite.
Quelques-unes, comme Vhémianopsie^ certains rétrécissements en secteur du champ visuel, relèvent sans doute d'une lésion corticale. Certains cas d'amaurose et de stase papillaire doivent être rattachés à l'hyperteilsion crânienne d'origine hydrocéphalique (Rochon-Duvigneaud), se rapprochant ainsi du même trouble observé au cours des tumeurs cérébrales.
D'autres complications, enfin, dépendent uniquement de la propagation du processus infectieux méningé à la gaine sous-arachnoïdienne des nerfs crâniens : ce sont les diverses paralysies de la musculature intrinsèque ou extrinsèque^ en rapport avec l'imprégnation des'différents troncs nerveux par l'exsudat méningé à la suite de l'infection des gaines périnerveuses, émanation des espaces sous-arachnoïdiens. Dans ce nombre, nous avons rangé naturellement les troubles du nerf optique^ donnant lieu à Vamaurose, à la cécité (hyperémie papillaire, papillite, neuro-rétinite), ces phénomènes se trouvant en relation directe avec une périnévrite descendante que Terrien et Bourdier préfèrent dénommer « méningite optique». Nous n'y reviendrons pas, quitte à renvoyer le lecteur à ces différents chapitres pour les complications d'origine septicémique (page 174), d'origine rhino-pharyngée (page 129), pour les complications nerveuses proprement dites (page 354).
La fréquence avec laquelle ces phénomènes oculaires s'observent au cours de la méningite cérébro-spinale est jugée différemment suivant les auteurs.
Sur 110 cas examinés par Uhthoff en 1905, la répartition des atteintes fut la suivante :
Névrite optique 17 cas.
Troubles musculaires 15 cas.
Troubles pupillaires 8 cas.
Nystagmus 8 cas.
Ophtalmie métasta tique 4 cas.
Kératite 3 cas.
Conjonctivite 1 cas.
Contracture de l'orbiculaire 1 cas.
Dans la statistique de Heine, sur 30 cas de complications oculaires, on relève :
Névrite optique 10 cas.
Paralysies musculaires 15 cas.
Irido-cyclite et choroïdite 5 cas.
D'autres statistiques (Schmidt, Rimpler, Gowers, etc.) donnent des proportions différentes. Tout dépend en somme de l'épidémie observée. En certains cas, ce sont les troubles paralytiques oculaires qui dominent ; en d'autres c'est la neuro-rétinite ; enfin parfois c'est l'irido-choroïdite.
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