ÉTAT ENDÉMIQUE
En dehors des épidémies véritables qui ne se révèlent que de temps à autre et d'une façon assez espacée, l'état endémique s'observe communément dans les grandes villes où la maladie ne disparaît pour ainsi dire jamais. Pendant tout le cours de l'année, mais plus particuhèrement en hiver et au printemps, on voit quelques cas apparaître, clairsemés, espacés les uns des autres, disséminés (fig. 1) de ci, de là, distribués sans ordre aucun, comme au hasard, dans plusieurs quartiers de la ville, espacés les uns des autres, ne présentant entre eux aucun lienapparent ; cette constatation constitue même pour certains un argument important contre la contagiosité de l'affection. Ces cas éclosent donc sans fracas aucun, restent isolés jusqu'au jour où, pénétrant dansime agglomération importante ou dans des miheux surpeuplés, et surtout à la faveur do causes favorisantes dont on appréciera ultérieurement la valeur respective, les atteintes se groupent pour former de petits foyers pouvant aboutir à de véritables épidémies. Leur ensemble constitue, à vrai dire, une menace constante pour ce dernier mode d'évolution, une amorce perpétuelle, capable d'allumer des foyers nouveaux ou de réveiller ceux qui se sont éteints.
Bans les villes de moindre importance et dans les petites villes, cet état endémique n'est pas exceptionnel ; il précède les épidémies ou leur fait suite. Dans les villages, il est pour ainsi dire inconnu.
Cette notion de l'endémicité de la méningococcie était acquise depuis longtemps à la suite de l'observation des atteintes qui apparaissaient
14 EPIDEMIOLOGIE
entre les périodes épidémiques. Mais elle ne fut nettement précisée que du j our où les examens bactériologiques, systématiquement pratiqués, en différencièrent la forme méningée, sur laquelle l'attention a presque toujours été seule attirée, d'une foule de méningites dont l'étiologie était tout autre : méningites tuberculeuses, méningites p];ieumococciques, streptococciques, colibacillaires, etc., évoluant comme une complication secondaire, consécutive a des états infectieux provoqués par ces germes.