I COMPLICATIONS DES DIVERS ORGANES
Les complications qui siègent au niveau des divers organes ne relèvent pas directement de la méningite ; la plupart sont dus soit à la rhino- ^ pharyngite, soit surtout à la septicémie méningococcique. Leur étude a
(1) Barbier, Société médicale des Hôpitaux, 18 avril 1918, p. 371.
(2) Hutinel et Nadal, Les réveils de la syphilis hériditaire sous l'influence des infections aiguës, banales ou spécifiques {Paris médical, 6 décembre 1919).
DoPTER, — L'Infection méningococcique. 24
Elles peuvent toutes s'observer au cours de la méningite cérébrospinale, à l'origine de laquelle se trouve toujours la rhino-pharyngite ; d'autre part, le fait que la méningite est, comme on le verra plus loin, consécutive à la septicémie, et que cette dernière la précède, l'accompagne et la suit, explique comment, au cours de la méningite, on observe simultanément des manifestations et des complications de l'infection générale : éruptions diverses, purpura, arthrites, épididymites, complications pulmonaires, cardiaques, rénales, hépatiques, etc.
Tous les auteurs s'accordent actuellement pour admettre que le méningocoque pénètre dans le rhino-pharynx ; les observations cliniques, les examens anatomo-pathologiques et bactériologiques le démontrent surabondamment (1) (voir page 80). Là il se développe et pullule pour déterminer une rhino-pharyngite qui constitue la première étape de l'infection méningococcique. L'accord cesse toutefois quand il s'agit de déterminer quelle voie prend le germe spécifique pour aller coloniser au niveau des méninges.
Plusieurs opinions se trouvent en présence : les uns estiment que le méningocoque utihse une voie directe, les autres qu'il emprunte la grande circulation pour s'y rendre et s'y localiser.
Voie directe. — La preuve de la pénétration directe serait fournie, d'après Westenhôffer, par les altérations initiales qu'il a constatées au niveau du lac lymphatique de la région de l'hypophyse et de la selle turcique : à l'autopsie de plusieurs cas où la mort est survenue en quelques heures, et où les lésions méningées étaient encore très minimes, il a constaté en effet que les altérations maxima siégeaient au pourtour de l'hypophyse et de la selle turcique et au niveau du chiasma des nerfs optiques ; c'était en ce seul point que la purulence pouvait être observée. Là donc siégerait l'atteinte initiale des espaces sous-arachnoïdiens, dont l'infection pourrait être déterminée à la faveur des communications qu'il présente avec le rhino-pharynx.
Mais quelles sont-elles ?
Pour Westenhôffer la propagation du méningocoque issu du rhinopharynx s'effectuerait par l'intermédiaire des vaisseaux nourriciers du sphénoïde; ou bien il gagnerait les méninges par l'intermédiaire de V oreille moyenne^ puis du labyrinthe.
Aucune de ces hypothèses n'est soutenable : ce n'est évidemment pas par la voie vasculaire que le pharynx est le plus aisément en communication avec la méninge ; aucune constatation anatomique n'autorise à i'affirmer. Enfin il est rare de déceler le méningocoque dans la cavité sphénoïdale ou dans l'os lui-même.
(1) Rappelons pour mémoire que certains auteurs ont prétendu à tort que le virus pouvait pénétrer par la voie intestinale, d'autres par la voie pulmonaire, nous avons démontré plus haut la fausseté de ces hypothèses.