II. — Voies d'introduction du sérum
A. Injections sous-cutanées. — Lors des premières tentatives de sérothérapie antiméningococcique, le sérum a été introduit uniquement par la Voie hypodermique. Les statistiques ci-dessous montrent V inefficacité absolue de cette méthode sur les lésions méningées.
W. Schultz
Tobben
Huber
Mortalité sans sérum
Mortalité après injections sous-cutanées
Ch. Mûller
G. Robb
Currie
Ces chiffres prouvent nettement qu'avec cette technique, la mortalité est aussi élevée, que les cas aient été traités ou non par le sérum.
De semblables faits s'expliquent par les notions connues sur la physiologie normale et pathologique des méninges.
A l'état normal, les méninges sont peu perméables de dehors en dedans ; elles ne laissent passer ni substances cristalloïdes, ni substances colloïdes ; les expériences anciennes sur le bleu de méthylène, l'iodure de potassium, le salicylate de soude le démontrent pleinement. En ce qui concerne les sérums hétérogènes, il en est de même : chez des enfants ayant reçu à titre préventif du sérum antidiphtérique, Debré a cherché vainement dans le liquide céphalo-rachidien recueilli, de quelques minutes à plusieurs heures près l'injection, la réaction de précipitation avec un sérum anti-cheval.
Le sérum passerait-il, les anticorps qu'il contient sont arrêtés encore au assage. D'après Debré et Lemaire (1), l'antitoxine tétanique, introduite sous la peau sous forme de sérum antitétanique, ne passe dans le liquide céphalo-rachidien qu'en quantité infinitésimale. Ce fait concorde, d'ailleurs, avec ce que l'on sait de l'absence de pouvoir agglutinant du Uquide céphalo-rachidien des typhoïdiques, dont le sérum contient cependant des agglutinines à un taux élevé.
(1) Debré et Lemaire, Journal de Physiologie et de Pathologie générale^ 1911. DopTER. — L'Infection méningococcique. 28
SÉROTHÉRAPIE ANTIMÉNINGOCOCCIQUE
A Tétat pathologique, cette perméabilité peut être observée, mais si minime que les substances introduites sous la peau passent dans les espaces sous-arachnoïdiens en quantité insuffisante pour qu'on puisse compter sur la destruction des méningocoques qui y sont contenus et la rétrocession des lésions méningées.
B. Voies intraveineuse et intramusculaire. — Ce qui vient d'être dit des injections sous-cutanées s'applique, pour des raisons identiques, aux injections intraveineuses et intramusculaires. Mais on verra plus loin que ces voies d'introduction du sérum ne doivent cependant pas être négligées, mais à condition de les combiner aux injections intrarachidiennes.
C. Voie intrarachidienne. — Pour être réellement actif, le sérum doit être mis en contact direct avec les lésions anatomiques et, dans la plupart des
Fig. 77 — Ponction lombaire dans la position assise.
cas, être introduit dans les espaces sous-arachnoïdiens par la voie rachidienne.
Voici la technique qu'il convient d'employer :
1» On commence par pratiquer une ponction lombaire. — Elle peut s'effectuer, le malade étant assis ou couché :
Dans le premier cas (fig. 77), le malade s'asseoit sur le bord du lit, tournant le dos à l'opérateur, les bras accolés au tronc, les jambes pendantes, la tête fléchie ; la colonne vertébrale courbée en avant pour « faire le gros