‹ L'infection meningococciqueChapitre 54 sur 75 · MODE 1) EMPLOI DU SERUM · texte numérisé non relu

MODE 1) EMPLOI DU SERUM

dos », attitude qui exagère récartenïfent des apophyses épineuses. Cette position assise, très commode pour l'opérateur, est souvent impossible à réaliser pour un malade atteint de méningite. De plus, elle expose à des syncopes, puis, quand l'aiguille a pénétré dans le canal rachidien, à une issue trop brusque du liquide céphalo-rachidien, habituellement en hypertension.

Le décubitus latéral est donc préférable (fig. 78). Le malade est couché sur le bord du lit ; les cuisses sont fortement fléchies sur l'abdomen, les jambes sur les cuisses, la tête sur le thorax. Ici encore, le sujet, en faisant le gros dos, écarte ses apophyses épineuses. La tête repose sur un traversin peu élevé.

Fig. 78,

Ponction lombaire dans la position couchée.

Enfin, on aura recours à un aide pour maintenir le sujet et l'empêcher |de faire des mouvements brusques au moment de la piqûre.

On aseptise soigneusement le champ opératoire ; on savonne, puis, après avoir essuyé, on lave avec du coton imbibé d'alcool-éther, puis au sublimé.

Chez les sujets hyper esthésiques, il est utile de projeter du chlorure d'éthyle au point de la piqûre des téguments. En certains cas, quand l'agitation du malade est extrême, il convient de lui pratiquer, au préalable, une injection de morphine ; si ce moyen ne suffit pas, il ne faut pas hésiter à employer l'anesthésie générale à l'éther ou au chloroforme.

On repère ensuite l'espace intervertébral où l'aiguille sera introduite. L'espace de choix est celui qui sépare la quatrième de la cinquième vertèbre lombaire. Pour le trouver, il suffit de joindre par une ligne horizontale la partie la plus élevée des deux crêtes iUaques (fig. 81) ; elle passe habituellement par le sommet de l'apophyse épineuse de la quatrième lombaire ; l'espace situé au-dessus est celui que l'on doit choisir.

Entre temps, l'opérateur s'est muni d'une aiguille dite à ponction lombaire : aiguille de Tuffier ou de Krœnig.

L'aiguille de Tuffier (fig. 79), est une aiguille de platine, de 8 cen-

SEROTHERAPIE ANTIMENINGOCOCCIQU E

timètres de long, et mesurant un millimètre de diamètre extérieur : l'extrémité piquante est taillée en biseau court. Elle «st munie d'un mandrin intérieur, petit fil métallique résistant. L'aiguille de Krœnig (fig. 80) est analogue, mais elle est munie d'un

Fig. 79.

Aiguille de Tuffier.

robinet destiné à modérer l'issue du liquide quand l'hypertension du liquide céphalo-rachidien est trop considérable, et à éviter ainsi les accidents dus à une décompression trop brusque. L'aiguille qu'on emploie doit être stérilisée à l'autoclave à 120° pendant

Aiguille de Krœnig.

vingt minutes. Dans la pratique courante, une ébuUition d'une demiheure est suffisante.

L'opérateur, qui a assuré l'antisepsie de ses mains, est alors prêt pour 1a ponction : de l'index de la main gauche, il repère l'espace intervertébral

qu'il a choisi ; de la main droite, il prend comme une plume à écrire l'aiguille munie de son mandrin, et pique les téguments sur la ligne médiane (fig. 77). Après ce premier temps, il l'enfonce alors profondément, d'avant en arrière, et légèrement de bas en haut : il traverse ainsi le ligament interépineux ; puis l'aiguille est momentanément arrêtée sur le ligament jaune qui offre une certaine résistance à la pénétration : on pousse alors un peu plus fortement, on éprouve la sensation de traverser une barrière à consistance cartilagineuse ; aussitôt cette sensation perçue, l'aiguille qui a traversé du même coup la dure-mère et les feuillets de l'arachnoïde, tombe dans l'espace sous-arachnoïdien (fig. 82). On retire le mandrin, et le hquide s'écoule par l'extrémité de l'aiguille ouverte à l'extérieur (1).

La piqûre peut encore être pratiquée, non plus sur la ligne médiane, mais à un centimètre de cette dernière : on dirige alors l'aiguille un peu

Fig. 81. — Repères pour la ponction lombaire.

(1) Parfois, bien que l'aiguille se trouve dans la cavité, le liquide ne s'écoule pas. En ce cas, son extrémité piquante peut être bouchée par un tissu adipeux, recueilli dans la traversée ; on enfonce alors le mandrin pour dégager l'orifice. Ou bien, l'aiguille, poussée trop loin, s'est engagée dans les interstices des nerfs de la queue de cheval ; il suffit de l'attirer légèrement à soi et le liquide s'écoule librement.

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