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VI. — Conduite à tenir en cas de méningite cloisonnée

Le cloisonnement des espaces sous-arachnoïdiens dans la cavité rachidienne a pour conséquence d'empêcher le cheminement du sérum introduit par la voie lombaire vers les parties supérieures de l'axe nerveux ; bref ces dernières deviennent inaccessibles au contact du sérum et les lésions

(1) Loiseleur et Monziols, Gazette des Hôpitaux, 1910.

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qui y siègent continuent à se développer. Cette disposition anatomique impose donc une ligne de conduite particulière.

Rappelons ici en deux naots comment le bloquage de la cavité rachidienne se révèle :

Malgré la sérothérapie, les symptômes de méningite persistent sans amélioration notable ; de plus, le malade s'amaigrit progressivement. Puis on s'aperçoit que le liquide céphalo-rachidien devient jaune et que la xanthochromie arrive à la teinte « jaune chartreuse ». En même temps, il s'écoule difficilement, et la quantité que l'on peut recueillir diminue de plus en plus pour n'atteindre parfois que 1 à 2 centimètres cubes. Simultanément les injections ne peuvent plus s'effectuer que sous pression, déterminant des douleurs atroces, des convulsions de type épileptique, parfois des syncopes.

Devant de tels symptômes, le cloisonnement est indiscutable. Il s'agit alors de déterminer, par des ponctions étagées le long de la colonne vertébrale, les régions où les espaces sous-arachnoïdiens ont conservé leur liberté, et où le sérum pourra par conséquent fuser facilement vers les méninges cérébrales.

Ces ponctions permettront en outre de confirmer l'existence du bloquage de la cavité rachidienne en montrant un liquide différent dans son aspect du liquide obtenu si difficilement par voie lombaire (v. p. 279 et 333).

La ligne de conduite à adopter est différente suivant qu'on se trouve en face d'un cloisonnement rachidien ou basilaire ; les cas où les cloisonnements sont multiples doivent encore être envisagés.

Mais avant tout et quel que soit le siège constaté du cloisonnement, les injections par voie lombaire doivent être abandonnées.

Cloisonnement rachidien. — C'est à la ponction et à V injection hautes cervicales ou dorsales^ qu'il convient de recourir.

Par la voie cervicale l'intervention s'effectue de la façon suivante :

Le malade est couché sur le côté, faisant le gros dos. On repère l'espace intervertébral compris entre la sixième et la septième cervicale ; sur la ligne médiane, on enfonce l'aiguille que l'on dirige de bas en haut, en suivant l'axe des espaces interépineux.

Pour ne pas blesser le renflement cervical, il est prudent d'enlever le mandrin de l'aiguille, ce qui permet au liquide céphalo-rachidien de sourdre dès que l'extrémité a atteint l'espace sous-arachnoïdien.

La ponction dorsale est pratiquée d'une façon analogue entre la septième et huitième dorsale (Chartier, puis Boidin et Weissenbach). Dans ces deux cas, la ponction est suivie de l'injection de sérum que l'on pratique dans les mêmes conditions et suivant les mêmes directives que par la voie lombaire.

Les résultats de cette intervention sont intéressants à retenir :

Cantas (1) est le premier qui l'ait tentée (1912) dans un cas où il put retirer à peine deux centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien par la voie lombaire et où, vers la fin de l'injection de vingt centimètres cubes de sérum, il rencontra une résistance considérable ; une crise convulsive s'ensuivit d'ailleurs. Plusieurs ponctions cervicales furent pratiquées, suivies

(1) Gantas, Contribution à l'étude du traitement de la méningite cérébro-spinale {Rapport cîe Nette R, Académie de Médecine, 30 janvier 1912).

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