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CONDUITE A TENIR EN CAS DE MÉNINGITE CLOISONNÉE

d'injections par la même voie ; il attribua à cette méthode la guérison de son malade.

Chartier (1), dans deux cas très graves de méningite méningococcique cloisonnée, eut recours à la ponction et à l'injection dorsale en pleine période d'acuité; les malades, très sévèrement atteints,n'en succombèrent pas moins.

Même insuccès dans un cas de Netter (2).

Dans un fait signalé par Ravaut et Krolunitski (3), le malade avait déjà subi sans difficulté le traitement par le sérum, mais il devint difficile de soustraire une quantité suffisante de liquide, et chaque injection nouvelle était suivie de crises rappelant la crise épileptique. Ils tentèrent alors des ponctions hautes à divers étages et ce n'est que dans la région cervicale qu'ils purent obtenir facilement du liquide céphalo-rachidien. Après plusieurs injections répétées de sérum, ils obtinrent la guérison du sujet après douze jours de ce traitement, et sans séquelle.

L. Girard (4) suivit la même technique dans un cas analogue, et après trois injections dans la région cervicale, de trouble qu'il était, le liquide céphalo-rachidien redevint clair ; son malade guérit, alors que les injections par la voie lombaire ne l'avaient aucunement amélioré en raison du bloquage de la cavité rachidienne.

Boidin et Weissenbach (5) enfin furent amenés dans des conditions identiques à pratiquer la ponction et l'injection dorsales ; il ne semble pas qu'ils aient obtenu de résultat net ; leur malade a guéri, mais sous l'influence de la bactériothérapie et d'un abcès de fixation.

Ces faits sont peu nombreux, mais ils sont de nature à montrer néanmoins ce qu'on peut espérer de cette méthode, quand les injections par voie lombaire sont devenues impossibles à pratiquer, en raison du cloisonnement rachidien qui s'est opéré.

Cloisonnement basilaire. — Quand les ponctions étagées au niveau des régions lombaire, dorsale et cervicale du rachis ne montrent aucune différence dans l'aspect des divers liquides recueillis (liquides xanthochromiques avec même teneur cytologique, bactériologique et chimique), il est vraisemblable que le siège de l'obstacle est non pas rachidien, mais basilaire ; en ce cas d'ailleurs, la clinique montre des paralysies diverses des nerfs crâniens.

La cavité rachidienne est dès lors nettement séparée de la cavité crânienne par le cloisonnement ; il est logique d'introduire directement le sérum dans les lacs arachnoïdiens de la base. On peut utiliser dans ce but la ponction et V injection sphéno'idale que Bériel a proposées (6).

(1) Chartier, Traitement de la méningite cérébro-spinale par la ponction dorsale {Revue de Médecine, n^^ 8 et 9, p. 585, 1914-1915).

(2) Netter, Académie de Médecine, 21 mars 1916, p. 324.

(3) Ravaut et Krolunitski, Oreillons et méningite cérébro-spinale^à paraméningocoques, guérison par injections intrarachidiennes cervicales du sérum antiparaméningococcique de Dopter [Société médicale des Hôpitaux, 16 juillet 1915).

(4) L. Girard, Méningite cérébro-spinale traité par doses massives de sérum polyvalent avec méningite sérique ; rechute à paraméningocoques ; cloisonnement rachidien. Ponctions rachidiennes cervicales, guérison [Société médicale des Hôpitaux, 8 décembre 1916).

(5) BoiDiN et Weissenbach [Société médicale des Hôpitaux, 9 février 1917, p. 238).

(6) BÉRIEL, La ponction des espaces sous-arachnoïdiens cérébraux par la fente sphénoïdale [Société médicale des Hôpitaux de Lyon, 25 mai 1909, etZj/onc/îi>argj:ca^,l"aoûtl919).

Dopter, — L'Infection méningococcique. 30

SÉROTHÉRAPIE ANTIMÉNINGOCOCCIQUE

Pour arriver au but cherché, il faut

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Fig. 92. — Orbite osseux vu la tête étant regardée en face.

S. O. Nerf et vaisseaux sus-orbitaires ; L. Nerf et vaisseaux lacrymaux; G. L. Glande lacrymale; F. Fente palpébrale; S. Trajet du sourcil; F. S. Fente sphénoïdale ; 1,2. Points par lesquels on peut aborder la traversée de l'orbite (d'après Bériel).

on doit rester en contact, pendant tout le trajet, avec la paroi osseuse.

La pénétration par le bord externe est plus délicate, car elle risque de blesser la glande lacrymale et rend plus difficile l'accès de la fente sphénoïdale au point d'élection ; par le bord supérieur elle est moins dangereuse et permet d'aborder le lobe temporal perpendiculairement.

La technique, basée sur ces faits essentiels, est la suivante :

Se munir d'une canule ordinaire, do 8 à 10 centiniètres de long et 15 millimètres de diamètre extérieur, dans laquelle peut glisser à frottement doux l'un ou l'autre des deux trocarts.

L'un d'eux qui sert seulement à la ponction cutanée aune extrémité pointue, bien effilée ; il est remplacé, après la traversée de la peau, par le deuxième, dont l'extrémité mousse ne déborde pas sensiblement l'extrémité de la canule.

A l'autre pôle, cette canule se termine par un embout où l'on peut adapter une seringue aspiratrice.

Le malade est couché ; l'opérateur à

utiliser la voie de l'orbite et de la fente sphénoïdale, qu'il y a lieu de traverser dans sa partie la plus externe ; une aiguille passant par ce point (' pénètre à son niveau dans la cavité crânienne, puis glisse entre la pointe du lobe temporal et la paroi externe du sinus caverneux ; elle est alors danslelacsous-arachnoïdien central » (Bériel).

La condition essentielle consiste à ne blesser aucun organe important (vaisseaux, nerfs, glande lacrymale), et dans ce but, il convient d'utiliser un trocart à extrémité mousse.

Pour la traversée de l'orbite que l'on atteint soit par la partie externe de l'orbite, soit par la partie supérieure, près de l'encoche sus-orbitaire (fig. 92 et 93),

Fig. 93. — Face supérieure de la base

du crâne.

Point d'élection de la ponction pour la traversée sphénoïdale; 2. Point latéral correspondant à 2 de la figure 92 ; 0. Point où doit aboutir l'aiguille (d'après Bériel).

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