ÉPIDÉMIOLOGIE
certaines maisons et même à certaines familles ; des exemples assez nombreux en ont été fournis.
Dans le milieu civil, on a vu la méningococcie se cantonner dans certains quartiers isolés, et à plus forte raison, dans certaines collectivités séparées du reste de la population. Ce fut le cas des bagnes de Rochefort (1838), de Procida (1840), des prisons (prison de la Force à Paris en 1849), des agglomérations de travailleurs vivant en commun (maisons d'ouvriers d'Irlande, colonie de Petit-Bourg), des orphelinats de Vienne (1863), de Washington (1864 et 1865).
, Dans les garnisons, il est courant de voir la méningite frapper avec 'une prédilection marquée certains corps de troupe à l'exclusion des autres : il n'est même pas exceptionnel de constater la locahsation exclusive à un seul régiment.
A Metz, en 1841, à Grenoble en 1848, la méningite régna spécialement parmi les troupes d'artillerie, alors que l'infanterie fut totalement épargnée.
A Orléans, en 1883, l'artillerie seule fut atteinte, alors que l'infanterie resta totalement indemne ; en 1846, à Lyon, l'épidémie s'abat uniquement sur le 61^ d'infanterie, de même sur le 9^ hussards à Lunéville, sur le 13^ léger à Saint-Etienne; en 1882, sur le régiment d'infanterie de marine à Cherbourg. Ce fut aussi le cas de l'épidémie d'Evreux (1909), où le 6^ régiment .de dragons fut fortement atteint, alors que le bataillon du 28^ régiment d'infanteTie fut complètement indemne, et cependant quelques cas furent observés dans la population civile.
Quand elle donne des irradiations en dehors de ces foyers localisés, ce n'est souvent que sous forme d'atteintes isolées, comme si elle perdait de sa puissance d'extension (L. Laveran.) Ainsi, à Versailles en 1839, les 154 cas observés se répartirent de la façon suivante :
18^ de ligne 116 cas.
4e hussards 5 —
15e de ligne ; 4 ■ —
4e cuirassiers 2 ■ —
56e de ligne 1 —
Il en est souvent de même quand, d'un régiment, l'affection s'étend à la population civile avoisinante. C'est le quartier environnant la caserne qui est habituellement seul à présenter des atteintes, mais celles-ci restent disséminées.
Il est juste d'ajouter qu'il existe des exceptions à cette règle, car ces cas d'irradiation issus du foyer primitif localisé peuvent, sous l'influence de facteurs favorisants qu'on apprendra plus loin à connaître, devenir le point de départ de foyers secondaires plus ou moins importants.
De plus, ces atteintes irradiées peuvent se manifester non seulement dans les milieux en contact immédiat avec le foyer initial, mais aussi dans un quartier éloigné, ou dans une localité située à distance. Tout, dans leur production, semble dépendre des relations que les sujets habitant le siège du foyer infectant entretiennent avec le monde extérieur.
On s'explique ainsi comment la méningococcie s'arrête aux limites