îi;;:a
if ^ -^ -■ ■ ■ 3
bc
iM::;!
Sri i
HsksUîSïk::".." 3 "
nuSSSSSSSsnssniSSs
:::::::s:::!:Ks:::::sss:::ss:ssS!i::i:::s::::u !iESi!:!::s:!sss!ss:!SSSSSSSESSSïss:sSii>s •!■>■>•
depuis quelque temps, parfois plusieurs années, quand vient se greffer un épisode épidémique plus ou moins violent, après le déclin duquel la méningite reprend l'évolution endémique suivant laquelle elle s'était manifestée antérieurement (fig. 3).
Les faits semblables abondent. Citons l'épidémie qui a sévi assez sévèrement à Cologne en 1885 et en 1886 et où l'année 1887 ne compta que 4 cas ; en 1888, brusquement, une petite épidémie de 26 cas fait son apparition, puis pendant les années qui suivirent, de 1889 à 1892 inclusivement, la méningite ne continua à se manifester que sous forme de quelques atteintes.
De même encore, en 1873, la ville de Boston souffrit cruellement d'une épidémie assez dense ; la méningite y régnait d'une façon endémique avant cette explosion ; elle continua à y régner depuis lors d'une façon permanente sous la même forme, avec des épisodes greffés de temps à autre sur le fond morbide devenu habituel et constant.
En Silésie, dans la région d'Oppeln, les centres miniers de Beuthen, Kattowitz, Gleiwitz, etc., sont depuis plus de vingt ans le siège annuel d'une série pour ainsi dire ininterrompue de quelques cas qui sévissent en permanence, mais d'une façon discrète, dans la population ouvrière. De temps à autre, cependant, ces cas sporadiques servent d'amorce à des bouffées épidémiques qui durent un an ou deux ; puis le calme relatif revient, pour faire place à nouveau à des poussées plus violentes comme celles de 1905, 1906, 1907, auxquelles a succédé depuis lors le retour à l'état endémique actuel, jusqu'au jour où de nouvelles épidémies réapparaîtront.
Enfin à Paris, c'est bien sous le mode endémo-épidémique que se manifeste la méningite cérébro-spinale. En temps ordinaire, il n'est pour ainsi dire pas de mois, surtout en hiver et au printemps, où, dans les hôpitaux civils ou mihtaires, on n'enregistre au moins une entrée pour méningite cérébro-spinale ; l'endémie y est certaine ; mais de temps en temps, comme en 1898, en 1909 et en 1912, l'affection prend une allure épidémique indubitable, à la faveur des conditions favorisantes habituelles. La plupart des grandes villes subissent un régime analogue.
Depuis que l'infection méningococcique est connue, on a remarqué la prédilection, parfois même exclusive, qu'elle présentait pour le miheu militaire, si bien que dans une ville de garnison il arrivait fréquemment de constater que seule la troupe était atteinte, alors que la population civile était épargnée.
D'où cette opinion souvent exprimée qu'elle est une maladie presque spéciale à l'armée. Et, de fait, sur 75 épidémies relevées en France par Hirsch, 39 ont régné uniquement sur les troupes.
Cette proportion est assurément élevée, mais de là à prétendre que l'affection est uniquement une maladie du soldat, inhérente au métier des armes, il y a loin. L'étude des faits observés montre qu'en maintes circonstances elle a régné simultanément sur les troupes et sur la popu-
22 ÉPIDÉMIOLOGIE
lation civile, ou d'abord sur les troupes puis sur les habitants ; enfin en d'autres, c'est la population civile seule qui a été atteinte.
Ainsi, en Suisse (de 1805 à 1871), en Italie, dans le royaume de Naples et les Etats de l'Eglise, de 1840 à 1845, l'épidémie n'atteignit que la population civile. Dans l'Amérique du Nord, sur 20 épidémies, 18 ont régné exclusivement sur la population civile. Il en fut de même en des épisodes récents étudiés aux Etats-Unis. D'après L. Laveran, en Danemark, en Angleterre, en Suède et Norvège, dans les Provinces baltiques, nombreuses sont celles qui n'ont touché que les civils. En Allemagne, pendant l'épidémie de 1905 à 1907, les nombreux cas qui se sont produits se sont presque uniquement développés dans les centres miniers, et l'armée a été pour ainsi dire épargnée. En France même, en certains départements, comme le Calvados en 1909, c'est la population rurale qui a fourni le plus grand nombre do cas.
Il est donc inexact d'affirmer que la ménin-gococcie est spéciale à l'armée. Elle peut d'ailleurs, et les exemples n'en sont pas rares, se développer sans importation militaire, dans une ville qui ne possède pas de garnison ; d'autre part, quand elle explose dans une caserne, il n'est pas exceptionnel de constater, à la faveur d'enquêtes rigoureuses, que les soldats l'ont contractée dans la population civile occupant des quartiers environnants ou éloignés, où la méningite sévissait en restant méconnue. D'autres exemples enfin montrent que l'éclosion de la méningoooccie dans un régiment peut être consécutive au retour d'un permissionnaire ou d'un convalescent de toute autre affection, qui l'a contractée dans ses foyers.
Mais il est indiscutable que le germe, une fois introduite la caserne, s'y développe aisément, car il y trouve un aliment favorable à sa puUulation et à sa propagation. Il n'est pas douteux que le métier des armes prédispose à subir son action pathogène ; mais encore peut-on expliquer cette prédilection particulière, non par le simple fait d'appartenir à l'armée et de revêtir un uniforme militaire, m^is par l'obligation de la vie en commun, qui multiplie les contacts, et l'encombrement qui les rend plus étroits. Ces facteurs se retrouvent d'ailleurs parfois dans la vie civile ; c'est le cas des pensionnats, des écoles, de ces véritables casernes que sont les habitations de mineurs en Silésie et en Westphalie, où les ménages vivent côte à côte, où les familles nombreuses sont vraiment entassées dans les locaux souvent trop exigus qui leur sont réservés. Il n'est donc pas surprenant que, dans ces conditions, l'élément civil puisse être une proie à cette infection au même titre que l'élément militaire.
En temps de paix, la méningococcie n'est pas exceptionnelle dans les garnison-. Elle y revêt le plus souvent le type endémique et ne se manifeste, dans la grande majorité des cas, que par quelques atteintes sporadiques au nombre de quelques unités, s'échelonnant sur l'ensemble des mois froids de l'année.
Mais sur ce fond d'endémie peuvent se greffer des épisodes épidcmiques plus ou moins denses, don^nant lieu à un nombre plus ou moins élevé de cas.
Statistique de l'armée française pour l'année 1910