Cushing. (Johns Hopkins hosp. bull., 1900, p
REV 10 — des observations. En France il a surtout été étudié par MM. Netter et Sacquépée et leurs élèves, par MM. Guinon et Pater, Guerbet, Nicolle et Cathoire.
Actuellement les caractères bactériologiques du bacille paratyphique sont bien connus. Nous aurons plus tard l’occasion de les exposer en détail ; qu il nous suffise d'indiquer que ces microbes font partie du groupe coli- Eberth, et que l’on en distingue deux variétés, l’une dite type A, voisine du bacille d’'Eberth ; l’autre, dite typeB, voisine du coli-bacille, et se rapprochant du bacille para-coli de Gilbert, de Schottmüller, et des bacilles des intoxications carnées. |
Cliniquement les infections paratyphoïdes sont fort disparates. Le plus souvent il s’agit d'infections généralisées simulant la fièvre typhoïde dans les cas graves, dus surtout au paratyphique À, se confondant avec le simple embarras gastrique fébrile dans les formes bénignes. Mais les bacilles paratyphiques peuvent aussi produire des lésions locales ; c’est ainsi qu'on les a trouvés dans un abcès chondro-sternal, (Achard et Bensaude), dans un abcès thyroïdien (Widal et Nobécourt), dans des suppurations articulaires ou sous-cutanées (Pratt) ; au cours même des infections généralisées, ils peuvent être la cause de complicalions locales : pneumonie, pleurésie, néphrite, phlébite.
Parmi les localisations viscérales, les infections du foie et des voies biliaires semblent particulièrement fréquentes, soit primitivement, soit à titre de complication au cours d’un paratyphus généralisé. Dans une première communication à la Société de Biologie (11 novembre 1905),
MM. Netter et Ribadeau-Dumas signalent « l'intervention
fréquente du bacille paratyphique A de Brion et K ayser dans l’étiologie des ictères fébriles » ; dans une note suivante ils présentent six « nouveaux cas d’ictère dus à des infections paratyphiques ». A la même Société, quelques se maines plus tard, MM. Sacquépée et Fras, étudiant « la path ogénie de l'ictère catarrhal », délimitent le « rôle des bacilles ty phique, paratyphique et coli ». Pratt en Amérique, en Allemagne Blumenthal, Lorey, Forster et Kayser Joachim, Kurschmann trouvent le bacille paratyphique chez des malades ictériques, dans le pus de cholécystites lithiasiques, ou au centre de calculs biliaires. Nousmême, pendant l'année dinternat que nous avons eu l'honneur de passer dans le service de M. le professeur Roger, à l'hôpital de la Charité, avons eu l'occasion d’observer une malade atteinte d’angiocholécystite avec fièvre à grandes oscillations, chez laquelle la culture du sang nous à permis d'isoler un bacille appartenant au groupe des paratyphiques B.
L'étude complète de ce cas ; sa comparaison avec les observations semblables feront l’objet du présent travail. Dans une première partie nous examinerons au point de vue clinique le mode d'action des infections paratyphoïdes sur le foie, et le rôle des bacilles paratyphiques dans les infections des voies biliaires.
La seconde partie, bactériologique et expérimentale, sera consacrée à l’étude du bacille que nous avons isolé, et à la reproduction chez l'animal des angiocholites et cholécystites, soit au moyen de ce bacille, soit par d’autres paratyphi-
‘ques.
C’est sous la direction de notre maître, M. le professeur Roger, que nous avons entrepris ce travail ; nous sommes heureux de pouvoir lui exprimer toute notre reconnaissance pour l'accueil qu’il a bien voulu nous faire dans son service et dans son laboratoire.
Nous avons reçu l’aide la plus éclairée et la plus amicale de M. Nonnotte, interne en pharmacie, et préparateur de chimie au Laboratoire de Pathologie expérimentale ; c'est un grand plaisir pour nous de lui adresser ici nos remerciements.
Nous remercions également M. le médecin-major Sacquépée, professeur agrégé au Val-de-Grâce, qui a bien voulu nous communiquer ses observations.