‹ L'Infection Pneumococcique associée à l'Infection TuberculeuseChapitre 12 sur 21 · II. - Pneumonie et tuberculose pulmonaire chronique · texte numérisé non relu

II. - Pneumonie et tuberculose pulmonaire chronique

Pendant les mois de janvier et de février 1925, nous avons pu observer, au sanatorium Villemin, quatre cas de pneumonie pneumococcique chez des malades atteints de tuberculose pulmonaire chronique. Sachant que la pneumonie passe pour une complication rare de la tuberculose, notre attention a été attirée par leur allure épidémique, deux de nos malades, frappés à huit jours d'intervalle, habitaient dans la même chambre. La symptomatologie particulière, l’évolution prolongée, la gravité du pronostic, la fréquence des complications, sont, croyons-nous, dignes d'intérêt.

À notre connaissance, les auteurs qui ont étudié la pneumonie des tuberculeux ont surtout insisté sur leur répercussion et leur influence sur la marche de la tuberculose pulmonaire, mais n'ont pas fait mention de symptômes particuliers comme nous en avons observé.

Symptomatologie

Chez deux de nos malades (Obs. I et IT), le début s’est fait par une hémoptysie de moyenne abondance, le sang emplissait un crachoir (Obs. II) et un crachoir et demi (Obs. I), survenant brusquement sans les symptômes habituels des hémoptysies par poussée tuberculeuse.

Le frisson a été un symptôme constant. Grand frisson solennel de la pneumonie franche (Obs. I), frissons multiples (Obs. II et IIT).

Le point de côté s’est manifesté dans les douze premières heures et n’a manqué chez aucun.

La dyspnée s’est montrée particulièrement vive et interne chez l’un d’eux (Obs. IV) et s’est accompagnée d’une sensation d'oppression avec angoisse dès le premier jour. Ce malade, tuberculeux chronique, porteur d’une sclérose pulmonaire gauche diffuse, fit un foyer pneumonique du côté droit, on comprend dans ces conditions combien le champ de l’hématose devait être réduit. Cette dyspnée s’est maintenue très intense pendant toute l’évolution de la pneumonie, qui a d’ailleurs eu une issue fatale.

La température atteint 40° d'emblée, sauf dans notre observation 1, ou après l’hémoptysie du début, elle monte à 38°4 le matin, pour n’atteindre 40° que dans la soirée.

L’expectoration, nous insistons sur ce fait, est bien celle de la pneumonie franche. Ce sont, des crachats peu aérés, visqueux, très adhérents au vase, couleur gelée de coings. Dans le cas où le début s’est fait par une hémoptisie, les crachats sont devenus les jours suivants de couleur brünätre, compafables, suivant l’image classique, à du jus de réglisse ou à du jus de pruneaux. Ils ont tous les caractères cytologiques et histologiques du crachat pneumonique; on y rencontre généralement du pneumocoque avec abondance.

Les signes généraux de l'infection pneumococcique sont intenses, l’état général parait grave d'emblée, avec abattement ou délire (Obs. IV); l’anorexie est absolue, la soif vive, la face est vultueuse, la langue chargée.

Ce qui nous a paru tout à fait remarquable, c’est la grande fréquence des complications qui sont venues charger le tableau clinique de la pneumonie ; sur nos quatre malades, un seul en a été indemne et la pneumonie a évolué vers l’hépatisation grise.

Dans nos observations I et Il, il y a eu formation d’un pneumothorax spontané. Pneumothorax spontané partiel de la base gauche dans un cas, avec symptomatologie estompée, comme ces pneumothorax que l’on voit si souvent se produire à la période tout à fait ultime de la tuberculose pulmonaire et qui sont parfois des surprises d’autopsie. Dans notre observation II, au troisième jour de la pneumonie, est survenu un pneumothorax total avec un tableau clinique « solennel », point de côté intense, dyspnée angoissante et vive, hémithorax fortement dilaté, tympanisme et souffle amphorique.

Au point de vue pronostic, on voit combien, contrairement aux opinions de Louis et de Grisolle, combien grave est la pneumonie survenant chez un tuberculeux. Dans l’observation IV, l'issue fatale s’est produite au onzième jour, le malade de l’observation LIT a fait une pleurésie métapneumonique et est décédé au bout de trois mois. Celui de l'observation II survit encore actuellement avec un pyopneumothorax et des lésions pulmonaires graves du côté opposé qui entraineront une issue fatale dans un délai plus ou moins éloigné.

OBSERVATION I (Inédite, Clinique de M. le Professeur PARISOT)

Vau... René, 18 ans.

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