RÉSORPTION DU PUS. S
n'en comprirent point les conséquences, et essayèrent de montrer qu'il n'en résultait pas les accidents de l'infection purulente. MM. Sédillot (1842-43-49), et Glœsel (1847) n'en admirent pas moins la résorption; de même Bonnet (1855), qui en expliqua la possibilité par les phénomènes putrides de la plaie.
Virchow, en 1856-59, essaya de montrer que l'intravasation du pus dans les veines n'était qu'exceptionnelle el tuait par embolies; que d'autre part l'intravasation du pus dans les lymphatiques n'avait pas pour résultat l'infection purulente du sang. 0, Weber, Billroth, Ilueter, de 1864 à 1869, n'admirent point la résorption directe du pus dans le sang par les veines incisées comme pathor génie habituelle; ils crurent à la formation d'un thrombus qui pouvait s'imbiber de pus et aller infecter l'organisme. En revanche, Labat, Follin,MM. Legouest, Sédillot, Colin (1867-1871) se constituèrent encore partisans de la théorie de Maréchal : MM. Sédillot et Colin soutinrent que le pus pouvait rompre les adhérences primitivement formées des parois veineuses. Enfin M. Verneuil insista, en 1871, d'abord sur le danger résultant d'un traumatisme, même léger, de la plaie, considérant que la moindre déchirure vasculaire pouvait suffire pour créer les conditions de l'infection; puis, avec M. Petit, il démontra, à l'aide d'observations minutieusement recueillies, l'action dissolvante du pus sur le caillot ou thrombus oblitérateur des veines inter el intra musculaires, action telle, que la pénétration directe du pus dans le sang par la lumière de la veine ou bien la suppuration du thrombus peut en résulter.
Quant à moi, je conclus :
1* Maréchal avait raison de soutenir que la résorption du pus pouvait se faire par les veines ouvertes dans la plaie ; mais il se trompait en affirmant la béance constante des vaisseaux par suite du traumatisme primitif,
attendu que les veines incisées sont oblitérées en général, soit par un caillot ou thrombus, soit par les adhérences qui s'établissent entre leurs parois vides de sang, au-dessous d'une valvule.
2° Lorsque la suppuration est établie, les conditions de la résorption du pus par une veinule ouverte peuvent survenir : a consécutivement à un traumatisme accidentel; b consécutivement à la fonte purulente d'un thrombus sous l'action du pus et des liquides putrides de la plaie.
3° La pénétration du pus, dans le cas de béance vasculaire dans la plaie, résulte des forces de la circulation en général et de la capillarité.