‹ L'infection purulente ou pyohémieChapitre 3 sur 53 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

jeter sur la connaissance de la pyohéniie l'étude, poursuivie pas à pas dans les temps passés, de la marche et des progrès de chacune des théories qui en ont été données ! En science Terreur peut naître, mais elle n'est pas viable; la vérité au contraire, une fois née, peut-être méconnue et contredite, mais elle survit toujours et arrive sûrement à s emparer des convictions. Le but et l'intérêt de l'histoire des doctrines relatives à l'infection purulente, c'était la recherche de la vérité au sujet de cette maladie.

Mais à côté de la question scientifique est la question historique ; l'historien des doctrines relatives à la pyohémie était obligé à un scrupuleux respect de la chronologie, afin d'attribuer à qui de droit la priorité des recherches utiles et des découvertes. Fallait-il cependant se borner à énumérer et à analyser les différents travaux, les uns après les autres, à la date de leur publication, sans les classer par doctrine? Assurément non; une pareille accumulation de faits et d'expériences non comparables entre eux eût été d'une lecture absolument indigeste et sans aucun profit. Aussi, et malgré l'importance réelle des questions d'historique pur, ai-je cru préférable de classer méthodiquement les doctrines, les divisant d'après les différents points dont la pyohémie soulève l'étude, mais respectant la chronologie pour les travaux spéciaux à chacune des divisions. .

On pouvait se demander si l'histoire des théories n'eût pas été utilement précédée de la définition et de l'histoire clinique de la pyohémie. Je ne l'ai pas pensé; j'ai voulu me contenter de savoir que la pyohémie est une complication des plaies à allures typhoïdes qui survient dans les premiers jours du traumatisme et qui se caractérise anatomiquement par des abcès et des suppurations viscérales multiples. Quant au reste, j'ai voulu l'ignorer : c'est à l'histoire de me l'apprendre. Je n'ai pas cru d'ail-

PRÉFACE. vu

leurs devoir donner une monographie que tous les traités de palhologie externe contiennent; j'ai donc supposé connu dans l'analomie pathologique et dans la symptonialologie tout ce qui est affaire de constatation matérielle et d'observation pure.

Au surplus, le programme suivant, que je me propose de remplir et dont je vais essayer de justifier les divisions, donne une idée suffisante de la façon dont j'ai compris la question.

J'ai divisé les doctrines relatives à l'infection purulente ou pyohémie en :

1"^ Division : Doctrines relatives à l'origine de l'infeclion purulente;

2' Division : Doctrines relatives à la pathogénie des abcès secondaires.

La légitimité de ces deux premières divisions ressort des considérations suivantes : Si les auteurs des doctrines relatives à l'origine diffèrent essentiellement dans leur interprétation de la genèse de la pyohémie ellemême, plusieurs d'entre eux s'accordent dans leur manière de comprendre et d'expliquer le développement des abcès secondaires. Les partisans de la phlébite ne comprennent point l'origine de la maladie comme les partisans de la résorption purulente; mais, s'agit-il deslésions secondaires, l'accord se fait entre plusieurs pour les rapporter à l'embolie, par exemple.

L'origine de la pyohémie et la pathogénie des lésions secondaires sont donc deux points de doctrine indépendants, dont l'histoire doit être séparée.

Ces deux questions d'origine et de pathogénie des accidents généraux et locaux ont eu néanmoins pour conclusion commune l'intervention d'un agent toxique. L'histoire des doctrines relatives à la nature de cet agent exigeait une troisième division :

VIII PRÉFACK.

3° Division : Doctrines relatives à l'agent toxique de la pyohémie.

Cela étant posé, l'analyse mûrement réfléchie des différentes recherches et des diverses théories relatives à l'origine de l'infection purulente, démontre clairement que ces recherches et ces théories ont successivement été inspirées et dominées par trois grandes idées :

1° Dès le principe on s'est surtout préoccupé de découvrir la cause générale de la maladie en question, de constater anatomiquement et de démontrer expérimentalement que le mélange du pus et du sang en était la condition indispensable;

2° En même temps, ou un peu plus tard, ce fut particulièremenl le mécanisme de la pénétration du pus dans les vaisseaux qui constitua l'aliment principal des discussions ;

3° Enfin, sans négliger les deux questions précédentes, on a cherché à pénétrer plus avant dans l'intimité du processus morbide, on a poursuivi l'étude du mode d'action du pus sur l'organisme, et l'on a été amené h rechercher si le pus était le seul et le véritable agent de l'infection pyohémique.

Ces trois subdivisions ne sont naturellement pas nettes dans l'histoire doctrinale de Tinfection purulente. Les expérimentateurs et les anatomo-pathologistessont aussi bien rebelles à tout programme ainsi méthodiquement défini. Guidées par le hasard et par l'inspiration, leurs recherches sont vagabondes, et ce n'est qu'a poslcriori qu'on peut ainsi les grouper et les classer comme je l'ai fait.

Donc, après avoir consacré un chapitre aux doctrines préliminaires ou de la période de découverte, dénomination sous laquelle je comprends toutes les doctrines plus ou moins fantaisistes qui ont marque cette période, mais qui n'ont aucun rapport avec les doctrines modernes,

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