‹ L'infinité divine depuis Philon le Juif jusqu'à PlotinChapitre 15 sur 33 · VI, 7, 4, (H · texte numérisé non relu

VI, 7, 4, (H

pas demeure vénérable et immobile,... et il regarde ainsi comme plus, ou même comme véritablement vénérable, le Principe qui est supérieur à la pensée (to 'jT.tppi.p-i\yi}ji; to vo£"îv) (i). » — On ne peut même pas dire enfin que Dieu veuille et soit libre, ni même qu'il agisse. « Sa volonté et

son essence sont identiques (/, ioulr^mc; aùxou xal ■?) oùçc'a Taùrôv).

Tel donc il a voulu être, tel il est. On ne peut donc pas dire plus ou que tel il est, ainsi il veut et agit, ou que comme il veut et agit, ainsi est-il (2). » La volonté entendue de façon humaine mettrait en Dieu de la multiplicité et de l'imperfection. « L'Un n'a absolument rien désiré (oùoè... TTpouôutxYjOY,) : il eût été imparfait, en effet, puisqu'il n'eût pas possédé ce qu'il eût désiré. Or il n'e.xiste rien que l'Un ne possède pas : il n'y a donc rien à quoi il aspirerait (Trpo; 0 '/] 'exTaT'.ç). Si donc quelque hypostase existe, il est néanmoins demeuré parfaitement tranquille en lui-même (oef... Yj(ju/totv ays'.v io' zxuzo^ Travra/où)... Son acte s'écoule de lui (pueTaav) comme la lumière s'écoule du soleil (3). Le principe de toutes choses n'a besoin de rien... Comme il n'y a pour lui aucun bien hors de lui, il n'est rien qu'il puisse vouloir {oùoï yj-JAr^mç... oùoevoçj (4). » On ne peut pas dire non plus que Dieu soit libre. Etre libre, en effet, c'est être maître de soi. « Dans le principe qui est maître de soi (aÛTou xup'.ov) (se, l'Intelligence), l'essence et l'acte sont distincts en quelque sorte... ; mais là (se, dans le Principe premier) où les deux ne sont qu'un,... on ne peut parler

(i)VI, 7, 3q (II, 473 '»).

(2; VI, 8, i3 (II, 495').

à bon droit de maîtrise de soi (i). » On ne peut même pas dire enfin que Dieu soit acte. « Ce qui donne est supérieur à ce qui est donné... Si donc il existe un principe antérieur à l'acte (èvepYsi'aç 7rpoT£pov), il doit être supérieur à l'acte et à la vie (èttîxôivx èvapystaç xat... Cwr,?)--- La Vie est l'empreinte de Celui qui Ta donnée (ï/voç n èxeivou), mais elle n'est pas sa propre vie (oùx èxetvou Çwrj) (2). »

Le Principe premier est inconnaissable et ineffable. « Nous énonçons quelque chose de lui ; nous ne l'énonçons pas lui-même, nous ne le connaissons ni ne le pensons (oùSà yvcoaiv 0Ù8È vÔTjSiv l/o\xz^t aùroù)... Nous disons ce qu'il n'est pas (0 ]J.i^ ècnv) : ce qu'il est [o oà Èartv), nous ne le disons pas. Seules les choses postérieures à lui peuvent vraiment recevoir les noms que nous lui donnons. Nous ne sommes pas d'ailleurs privés de sa présence (exeiv), mais nous ne le nommons pas. Comme ceux que l'enthousiasme saisit et transporte sentent qu'ils ont en eux quelque chose de plus grand qu'eux, mais ne savent ce que c'est, pourtant ils en sont agités et en parlent... : telle est notre situation vis-à-vis du Principe premier ; nous déclarons... qu'il est le fond de l'Intelligence et qu'il produit l'Essence avec tout le reste de l'univers, mais nous sentons... qu'il est lui-même meilleur que cela... que la raison, que l'intelligence, que la perception... (xpeïxTov TOUTOU, X. T. /...) (3). » — L'Incognoscibilité du Principe premier a pour cause son Infinité. « Quand nous disons qu'il est au-dessus de l'Etre, nous ne disons pas qu'il

Page 1