L'EXPANSION DE L'INFINI
{Suite.)
Si la Puissance de Dieu est infinie, son expansion, avons-nous dit, sera nécessairement infinie comme elle. L'Ame ne peut donc terminer cette expansion. Au contraire le Monde sensible en sera le prolongement. On devra par suite à propos de ce Monde, de son existence, de son contenu et de sa valeur répéter les considérations que nous avons faites sur l'Intelligence et sur l'Ame aux mêmes points de vue. Enfin la réalité de la Matière doit être purement idéale ; autrement cette réalité limiterait la puissance divine. Seulement ce point demandera une discussion assez longue. Nous subdiviserons donc notre troisième chapitre en deux parties : i° l'Infinité divine et le Monde sensible ; 2» l'Infinité et la Matière dont l'étude devrait suivre logiquement les considérations relatives au contenu du Monde sensible.
L'Infinité divine et le Monde sensible. — Nous étudierons ce Monde successivement, et au point de vue de l'Infinité, dans son existence, son contenu et sa valeur.
1° L' existence du Monde sensible. — L'Ame, d'abord, n'a pour créer « ni cédé à un conseil étranger (oùx ÈTraxTco
Yv<-jy.rj) », ni voulu ou délibéré (oùSà [iouXyjv -q sxé'l'.v àaaastvafjaj (i) » ; elle a agi « suivant sa nature (xaTy. cpuir-.v) (2 ) », « par la puissance de son essence (oùcrt'aç Suv-ias-.) (3j : ainsi « le feu produit de la chaleur, et le froid vient d'un principe contraire (4). » — On peut donc distinguer dans TAme deux puissances : Tune la pousse à sortir d'ellemême et à produire (to y.àv i^ aiJT% sîç àXXo) ; l'autre tient l'Ame en elle-même (to oè èv aùrr,) (5). Par celle-ci donc l'Ame demeure (ixévovtoç) (6) en elle-même ; elle y veille (ÈYpY,yopoç) (7); elle se contemple et elle contemple Dieu {S). Cette puissance est l'Etre même de l'Ame (toG elvxi atTta) (9). La seconde puissance, au contraire, est seulement la cause de l'ordre (toù» eu slvai) (lo) : par elle l'Ame se répand dans