‹ L'infinité divine depuis Philon le Juif jusqu'à PlotinChapitre 23 sur 33 · HP · texte numérisé non relu

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la place de Plotin l'est davantage encore. — Philon est moins un philosophe qu'un exégète ; Numénius est un philosophe mais de second ordre ; il y a au contraire chez Plotin une théorie de l'Infinité divine. — Philon et même Numénius font leur Dieu personnel en même temps qu'infini ; le Dieu de Plotin n'est rien qu'infini. Jahvé chez Philon dispose le monde comme le Démiurge du Timée ; le Principe premier de Plotin se répand, non par caprice, désir ou volonté, mais par une expansion naturelle ; cette expansion même est étudiée par le philosophe avec soin et subtilité. — La doctrine des Principes intermédiaires est chez Philon et chez Numénius incohérente et confuse ; Plotin laisse l'Intelligence, l'Ame, le Monde sensible, et, dans chacun de ces Principes, leurs différentes Parties, découler harmonieusement du Principe premier et les unes des autres ; tous surtout reproduisent à leur manière l'Infinité de ce Principe. Philon et Numénius même sont encore dualistes ; Plotin est moniste : la Matière infinie n'est plus que le degré dernier et idéal de la Puissance divine et infinie. — L'infinité de l'Ame par extase avait été remarquablement décrite par Philon ou Numénius et Plotin s'en souvient à l'occasion. Mais le VI^ livre des Emiéades et d'autres passages laissent loin derrière eux par leur force, leur éclat et leur abondance les fragments obscurs de Numénius ou même la limpide et molle onction de Philon.

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