XXVI. Pleurésie tuber
culeuse .
(1) Sels de potasse exprimés en chlorure de potassium ; sels de chaux exprimés en sulfate de chaux.
(2) Absence de fibrine, malgré l'adjonction d'un sel soluble de calcium.
A tout prendre, et si l'on veut accepter les développements dans lesquels nous sommes entrés à propos de la fibrine, un épanchement pleurétique qui, ponctionné, sort fluide et exempt de caillots fibrineux, ne contient pas de fibrine ; on en peut dire tout autant pour le sang vivant extrait des vaisseaux. Ce n'est qu'au bout de quelque temps, lorsque le fibrinogène contenu dans la sérosité inflammatoire meurt et se coagule, grâce au ferment-fibrine et aux sels de chaux, qu'alors la fibrine existe et peut être extraite pour le dosage.
Cette remarque a une certaine importance et explique, pour une part, les désaccords que l'on trouve à chaque pas dans les analyses des liquides pleurétiques. Elle nécessite aussi la recherche simultanée du fibrinogène et de la fibrine dans tout épanchement séreux. Elle permet enfin d'établir une division des sérosités inflammatoires basée sur la proportion du fibrinogène, et la présence ou l'absence de la fibrine. Un liquide séreux, pleurétique ou autre, peut être parfaitement inflammatoire et exempt de toute trace de fibrine, soit parce que le fibrinogène qu'il contient y est en trop faible proportion, soit parce que, en quantité suffisante, il n'a pas trouvé, dans l'organisme, le ferment ou la dose de sels de chaux nécessaire pour assurer sa coagulation. Telle est du moins l'état actuel de la question.
Dosage de la fibrine. — Pour en revenir aux dosages accoutumés, il n'en reste pas moins établi, depuis les belles recherches de Méhu (»), que la proportion de fibrine dosable os-
(*) Méhu. — Loc.cit. p. 198. Ayant dosé la fibrine de 92 liquides pleurétiques a constaté :
Fibrine .
0,358 milligrammes (en moyenne) 50
9 fois.
(Hommes).
(Femmes).
(Hommes et Femmes).
cille assez largement (entre i gr. 58, et o gr. 09 par litre) sans dépasser toutefois / gramme 60 centigr., par 1000. Cette indication a une grande valeur car elle démontre que les sérosités pleurales les plus inflammatoires ne ressemblent aucunement au plasma sanguin, beaucoup plus riche (') en fibrine ou pour mieux dire en fibrinogène.
L'observation démontre que si des ponctions successives sont nécessaires et que la proportion de fibrine augmente dans les liquides évacués, on peutpresqu'à coup sur annoncer que la lésion pleurale tend à la réparation et qu'elle guérira selon toute probabilité. L'inverse a lieu si les doses de fibrine diminuent dans les liquides successivement évacués. (Voy. Tableaux A et B).
Les épanchements pleurétiques anciens, c'est-à-dire datant d'un nombre de semaines souvent indéterminé, ne contiennent quelquefois pas de fibrine. Ce sont des liquides un peu brunâtres, huileux, poisseux, non filants. En traitant ces liquides, non coagulables spontanément, par l'alcool à 900 on obtient cependant une fibrine encore dosable (Méhu). Pour certains auteurs, l'absence de fibrine dans un liquide pleurétique exempt de suppuration équivaudrait, presque sure-
(*) Le plasma sanguin, riche en fibrine et en albuminoïdes, a une composition chimique un peu variable suivant les auteurs ; les quelques exemples ci-joints le démontrent.
Auteurs
Plasma sanguin (Homme) pour 1000
Eau
Fibrine
Albuminoïdes
Sels
ment, au diagnostic de pleurite tuberculeuse ou cancéreuse.
Il suffit de parcourir nos tableaux A et B pour réduire à néant une pareille assertion.
Le dosage du fibrinogène est nécessaire. — On est en droit de se demander si les renseignements importants fournis par la densité du liquide pleurétique et par le dosage de la fibrine qu'il peut contenir, ne pourraient pas être complétés par d'autres détails. A ce point de vue, la recherche et le dosage du fibrinogène me paraît absolument nécessaire. Ce travail auquel a bien voulu, sur mes conseils, s'attacher mon excellent ami et collaborateur M. le Dr Marette, nous a fourni déjà quelques indications intéressantes, aussi bien pour les sérosités pleurétiques que pour les liquides d'ascite (v. Tableau B.).
Nous pouvons établir ainsi que le fibrinogène épanché semble, maintes fois, n'avoir pu se coaguler en totalité, et que, d'une manière générale, le dosage de la fibrine ne donne que des renseignements insuffisants au sujet de la valeur phlogogénique d'un liquide séreux extrait sur le vivant.
Nos recherches démontrent également qu'un liquide franchement inflammatoire (v. obs. IX, Tableau B) peut contenir une quantité notable de fibrinogène, beaucoup de matières albuminoïdes et nulle trace de fibrine, alors même qu'on lui adjoint une suffisante quantité de sels de chaux soluble.
Il estproblable que les variations du ferment-fibrine doivent jouer quelque rôle dans de telles observations (')un procédé pratique permettant de doser ce ferment, éclairerait singulièrement le problème.
Les albumines . — Le dosage des autres matières albumi-
(*) Il est bon de noter que le malade qui fait l'objet de V observation IX a rapidement guéri de sa pleurésie gauche, après une seule ponction. L'épanchement était considérable et datait d'environ trois semaines ; la tuberculose pulmonaire était encore peu accusée.
noïdes et, en particulier, de la sérum-albumine et de la sérum-globuline, n'a pas moindre importance. La teneur d'un liquide inflammatoire en albuminoïdes a, par elle-même, une valeur considérable. Plus un liquide pleurétique est riche en matériaux albuminoïdes et plus franche semble être la lésion inflammatoire où les albumines prennent la plus grande place. Le dosage des matières organiques, le démontre d'autre part (*).
Les épanchements aigus de la plèvre contiennent, en général, de 30 à 55 grammes d'albumines par 1000. (A. Gautier).
Dans les épanchements subaigus, que la plupart des observateurs s'obstinent à décorer du terme d'hydrothorax et qu'il vaudrait mieux désigner sous le nom de pleurésies séreuses qui leur appartient de ^droit, l'épanchement, souvent abondant, pauvre ou même privé de fibrine, voir même de fibrinogène (A. Gautier), contient de moindres proportions d'albuminoïdes variant de 15 à 25 grammes.
Le tableau suivant en fait foi ;