‹ L'inflammation [electronic resource]Chapitre 29 sur 101 · IV. A. Gautier · texte numérisé non relu

IV. A. Gautier

au-Hessous de 1,015

traces

—rr^\

(!) C'est ainsi que Méhu trouve, en tant que matières organiques, dans la pleurésie franche aiguë (pour 1000)= 58.gp.55 ; 50^.17; 54^,40 ; 50,sT.oi, ; 53,^.84;

V hydrothorax (pleurésie séreuse) = 15,^.56; 32,51". 30 ; iG^^o ;

On remarquera dans ce tableau : la faible densité des liquides, la faible proportion des albuminoïdes, le chiffre normal des sels totaux et l'existence d'une certaine quantité de fibrine (').

Tous ces documents vont nous servir plus tard pour discuter la nature de ces hydrothorax inflammatoires subaigus. Qu'ils nous suffise actuellement de constater l'extrême dilution de ces liquides fibrino-albumineux.

La proportion de chacune des deux albumines épanchées dans le liquide et le rapport qui existe entre la quantité de sérum-albumine et la quantité de sérum-globuline sont des plus variables, suivant les cas. Toutefois, pour chaque malade, ce rapport reste le même que dans le sang (2) d'une façon générale, il est tantôt plus grand, tantôt plus faible que I. (A. Gautier).

Cette recherche mériterait d'être régulièrement faite ; la

(*) Méhu. — (Loc. cit. p. 205) reconnaît que les liquides de VHydrothorax (épanche-

ments chez les cardiaques, pneumoniques, phthisiques, etc..) ont la même composition

que les liquides pleuré tiques. Il a trouvé :

., . ( 0,469 (poids maximum);

Fibrine. . I

( 0,180, (poids moyen).

Or, nous relevons sur 31 observations ( tableau A) 7 fois au moins une moindre quantité

de fibrine dans la pleurite aiguë.

{-) A. Gautier. — Chimie T. III, p. 460, rapporte d'après F. Hoffman et d'après Pi-

geaud deux analyses comparatives de la sérine et de la globuline dans le sérum du sang,

la sérosité pleurale, l'ascite, et le liquide de l'œdème :

Rapport de la sérum-albumine à la sérum-globuline

sérum du sang

sérosité pleurale

ascite

œdème

Obs. II

prédominance de l'une des deux albumines dans un liquide donné devant servir d'une manière utile au diagnostic et au pronostic des lésions inflammatoires. L'acuité d'un cas se règle peut-être, en quelque sorte, sur la quantité de sérine ou de globuline épanchée. Il suffit, pour justifier ces remarques, de se rappeler que si, dans les maladies aiguës, la quantité de sérine du sang diminue (Becquerel et Rodier), dans les pleurésies aiguës la proportion de sérum-albumine du sang augmente au contraire (78 à 86 pour 1000, au lieu du chiffre 70 normal).

Dosage des sels : sels de chaux et de potasse. — La plus grande quantité des sels est composée de chlorure de sodium. La masse des sels totaux ne varie guère, oscillant à peine entre 7,gr-30 et 9 grammes par litre. Ces chiffres sont à peu près toujours les mêmes pour tous les liquides normaux ou pathologiques de l'organisme (plasma sanguin, sérum sanguin, lymphe, sérosités inflammatoires, œdème).

Nous nous sommes demandé si les proportions des sels de chaux et de potasse pourraient être de quelque utilité dans l'appréciation de la nature plus ou moins inflammatoire des liquides épanchés dans la plèvre. Les sels de chaux jouent, comme on l'a vu plus haut, un tel rôle dans la coagulation du fibrinogène, que cette étude méritait quelque attention. La chaux, obtenue à l'état de sulfate de chaux, représente une minime quantité des sels totaux (cendres) : o,gr.26o mill. o,gr.22oj> pour 100, sont des chiffres qui étonnent cependant, quand on les compare au poids presque équivalent de la fibrine coagulée (1).

(i) Il est bon de noter que ces chiffres représentent la totalité de la chaux, et ne donnent aucune indication sur l'état moléculaire de ce corps.

Notons encore l'obs. IX (Tableau A) où la fibrine manque, bien que la proportion de chaux y paraisse relativement considérable, ainsi que la quantité du fibrinogène. Origine inflammatoire de Vhydrothorax, pleurésies séreuses. — Les développements qui précèdent expliquent-ils suffisamment la possibilité d'une exsudation séreuse, absolument privée de fibrine à la surface de la plèvre ? En d'autres termes, Vhydrothorax est-il ou non de nature inflammatoire?

Théoriquement on peut admettre, (car on Ta observée pratiquement), une stase lymphatique énorme capable d'accumuler, sans rupture nécessaire d'un gros tronc lymphatique, une grande quantité de lymphe dans la cavité d'une plèvre. Certaines observations de cancer secondaire du canal thoracique le prouvent. Encore ces cas sont-ils des exemples rares de lymphorrhagie pleurale et non d'hydrothorax.

L'hydrothorax vrai, c'est l'œdème de la plèvre ; or la stase sanguine intra-thoracique n'accumule jamais, sans lésions inflammatoires concomittantes, plusieurs centaines et à plus forte raison, quelques kilogrammes de sérosité dans une cavité pleurale saine jusqu'alors.

Il faut accepter de toute nécessité, l'intervention d'une cause phlogogène pour remplir itérativement ainsi souvent une seule cavité pleurale, refouler un poumon déjà engoué ou œdémateux, comme cela se voit dans les cardiopathies ou dans les cancers de l'appareil broncho-pleuro-pulmonaire.

Bref l'hydrothorax, tel que l'entendent encore nombre de cliniciens, n'est pas une hydropisie de la plèvre, mais bien une hydro-pleurite, une pleurésie séreuse subaigùe. ^inflammation s'y révèle au minimum, quoique nécessaire et suffisante pour assurer cette sorte de pluie séreuse à la surface

de la membrane fréquemment lésée (l) en un point très circonscrit (infarctus pulmonaire, nodule cancéreux sous-pleural, noyau de broncho-pneumonie, etc).

Epanchements ascitiques.

Les péritonites : hydro -péritonites subaigues et ascites. — Après les développements dans lesquels nous venons d'entrer au sujet de la chimie des épanchements pleuraux, nous aurons peu de choses à ajouter à propos des épanchements ascitiques.

L'ascite vraie, c'est-à-dire l'œdème de la séreuse péritonéale est aussi discutable que Thydrothorax ; avec cette réserve cependant qu'ici les causes de la stase sanguine (veine porte) sont beaucoup plus nombreuses et surtout plus efficaces qu'au niveau des plèvres (veines pulmonaires). Il n'en demeure pas moins établi, à mon avis, que l'ascite la plus passive en apparence reconnaît pour ainsi dire inévitablement quelque cause phlogogénique associée ou non à la passivité du sang veineux porte. Nous aurons d'ailleurs l'occasion de revenir bientôt sur ces considérations.

Qu'il nous suffise pour le moment de montrer, à l'aide de nos tableaux ci-joints (v. tableaux D. et E.), la nature inflammatoire de la presque totalité des ascites.

(*) Dans les maladies cachectisantes par excellence où l'œdème et l'anasarque sont pour ainsi dire de règle ("affection cardiaque, cancer, mal de Bright), l'hydrotborax unilatéral, abondant, n'est jamais un simple œdème pleural. Je n'ai pas encore constaté une seule autopsie contradictoire, alors même que la plèvre saine n'aurait été respectée que grâce à des adhérences généralisées, anciennes.

TABLEAU D Analyses cC as cite

Auteurs

Lésions

Densité

Eau

Matériaux solides

Fibri-

nogène

Fibrine

Albumines

Sels

Cendres

Frerichs .

Cirrhose du

foie.

io,ioà 13,40

Scherer .

Cirrhose du

foie.

Ibid.

(le même

malade)

Cirrhose du

foie.

Drivon. .

Cirrhose du

foie.

Drivon. .

Cirrhose du

foie.

Frerichs .

Cirrhose com-

pliquée de

pléphlébite.

Ibid. . .

Cirrhose avec

"npri tnn if*3 1

ULlllUllilC 1C"

gère.

Frerichs .

Péritonite chro-

nique simple.

Frerichs .

Cardiopathie.

Drivon. .

Cancer varique

Drivon . .

Cancer ovaire.

Frerichs .

Mal Bright.

Drivon. .

Mal Bright.

Happe .

A/Toi Rrîr>-li +

iviai Jjrigiit.

Même malade.

Drivon. .

sAnémie des mi-

neurs.

Mèhu . .

Ascites en gé-

néral.

A.Gautier

Ascites.

i,oot à 1,024

traces

TABLEAU E (observations personnelles)

Analyses d'ascite

Observations

Lésions

Densité

Eau

Matières

Fibri-

Fibrine

Albumine

Cendres

Sels (1)

organiques

nogène

totale

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