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XXII. Asystolie

traces

(1) Sels de potasse exprimés en chlorure de potassium; de chaux, en sulfate de chaux.

Caractères physiques.

Le liquide ascitique alcalin est fluide, souvent limpide, très mousseux, d'une couleur jaune pouvant aller jusqu'au brun foncé en passant par les tous orangé (Tableau D. obs. XIV) ou rougeàtre (hématies).

La densité est d'ordinaire assez faible, la quantité souvent considérable du liquide extrait expliquant ce caractère.

La coagulabilité du liquide, même tardive, manque fréquemment, quoique la proportion de fibrine épanchée soit d'ordinaire équivalent ou même supérieure à celle de la pieurite séro-fibrineuse.

L'examen microscopique du liquide d'ascite y décèle, comme pour le liquide pleurétique, la présence de nombreux globules blancs et rouges. Rarement on y constate quelque microbe pathogène ; plus souvent on y peut rencontrer des éléments cellulaires qui, parfois, permettront de parfaire un diagnostic de cancer abdominal.

Alors même que le liquide inoculé d'une manière méthodique, comme pour la pleurésie, à des animaux sains ou tuberculisés antérieurement, aurait donné des résultats positifs, il est de règle que l'examen des bacilles sur lamelles et leur recherche sur cultures appropriées sont négatifs (L) :

La proportion des germes est trop minime, pour quelques milligrammes de liquides donnés.

Examen chimique.

L'examen chimique de l'ascite démontre, (comparez les tableaux D et E) :

(l) Ce qui ne veut pas dire, tant s'en faut, que l'origine toxi-infectieuse d'un grand nombre d'ascites soit discutable.

a) Fibrine et fibrinogène, i° que la quantité de fibrine spontanément coagulable oscille entre 0,10 et 0,970 par 1000;

20 que le fibrine peut y exister en proportions notables, même dans les cas où la stase et la passivité semblent surtout prédominer (tumeurs ovariques, asystolie),

30 que la fibrinogène, le générateur même de la fibrine y figure constamment en quantité notable, et par conséquent, qu'ici comme pour les liquides pleurétiques, il doit exister une raison qui a empêché la transformation totale du fibrinogène en fibrine.

b) Albumine totale, la quantité totale des matières albumineuses est extrêmement variable, elle peut osciller de 7,gr.40 à 40 grammes par litre,

Pour Riineber (') les albuminoïdes augmentent dans l'ascite en raison directe de l'intensité du processus inflammatoire : Il propose les moyennes suivantes : (pour 1000 gr.)

Hydrêmie et néphrite — 0,30 — à 4,0

Oblitération de la veine porte = 3,70 — 26,80

Cardiopathie et congestion rénale — 8,40 — à 23

Cancer du péritoine = 27,10 — à 35,10

Il est bon de remarquer que, pour les affections cancéreuses en particulier nos chiffres sont également très élevés (obs. IX, X). Il est vrai que dans f asystolie (obs. XII et XIII). La teneur en albumine était également très forte.

Si donc on pouvait conclure en s'appuyant sur les données antérieures, on dirait que les fortes propositions d'albuminoïdes indiquent toujours un nouveau processus inflammatoire et que l'ascite cardiaque, la plus passive en apparence est, en fait, l'une des plus phlogogéniques.

L'ascite est une hydro-péritonite, subaigiie ou chronique,

(!) Gautier. — Chimie « sérosité péritonéale » p. 463.

suivant les circonstances, elle n'est pour ainsi dire jamais un simple œdème du péritoine.

Il y a longtemps que Gendrin (') Cruveilhier (2) et d'autres auteurs l'avaient proclamé.

La question encore en suspens des ascites curables développées dans le cours de la cirrhose hépatique (3) me paraît l'avoir démontré à nouveau.

Méhu (5) a insisté, d'ailleurs sur la quantité des matériaux solides contenus dans l'ascite, dans l'ascite cardiaque, le poids ne dépasserait pas 51,30.

Dans le cirrhose ce poids s'abaisse au fur et à mesure des nouvelles fonctions.

Les tumeurs de l'abdomen, et particulièrement les kystes ovariques déterminent un épanchement considérable de matières fixes (60 grammes, 70 grammes),

c) Urée, graisses, etc., l'ascite contient en outre de l'urée, du sucre, des matières grasses.

L'ascite chyliforme que j'ai pu, à deux reprises étudier de près, est un chapitre encore intéressant des épanchements séro-graisseux de l'abdomen.

d) Sels, les sels sont habituellement en faibles proportions. Pour Méhu, au dessous de 7, gr. 50, le chiffre des sels correspond à un pronostic fâcheux. J'ai vu cependant un cas d'ascite curable dans le cirrhose alcoolique du foie (obs. IV) où le poids des sels n'a pas dépassé ^,gv.2^.

La proportion des sels de chaux, en égard à la quantité de fibrine, mérite d'être étudiée (obs. XL XII et XIII) ; elle oscille entre 1/2, 1/4, 1/5 et par conséquent paraît des plus variables.

. (*) Gendrin. — Des inflammations, T. I. p. 251. (2) Cruveilhier. — Ariat. PathoL. 7. IV, p. 31 et T. III, p. 691. (Z)'Bull. Société Méd. des Hôp. de Paris, 1886, p. 336 et suiv. Méhu. — Loc. cit., p. 214.

Liquides de l'Hydrocèle Vaginale.

S'il était besoin de défendre encore l'opinion émise plus haut, concernant la nature inflammatoire des épanchements des membranes séreuses, nous n'aurions qu'à prendre l'hydrocèle de la tunique vaginale. Ici, pas d'hésitation possible ; toute hydrocèle est bien une vaginalite chronique exsudative. Quand les lésions sont aiguës ou subaigues, le liquide se prend en gelée comme celui de la pleurite aiguë. Méhu (') considère alors ces liquides comme du plasma sanguin, et la fibrine ne dépassait pas la dose de 0,90 à 1 gramme par litre. Les chiffres suivants donnent une idée de la composition de l'hydrocèle (Méhu)

Hydrocèle.

eau — 967 à 874

fibrine = 0,030 à 1 gramme

matières fixes =30 à 118,30

matières organiques = 22,80 — à 109,10

sels — 7,40 à 9,10

cholestérine = traces à 4,64

Pourquoi donc refuser aux épanchements de la grande cavité séreuse les qualités et les origines accordées aux sérosités de la tunique vaginale (2), simple diverticule du péritoine pariétal ?

(*) Méhu. — Loc. cit. p. 208 et Arch. gên. de Mèd. 1875.

(2) Les analyses de l'hydrocèle publiées par tous les auteurs concordent exactement avec les recherches de Méhu, le tableau suivant emprunté à A. Gautier le démontre : Hydrocèle de la vaginale.

Auteurs

Eau

Fibrinogène

Fibrine

Albumines

Sels

Béchamp et Saint-Pierre.

Hammarsten ....

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