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I. — VALEUR DIAGNOSTIQUE DE L'ÉTUDE CHIMIQUE DES ÉPANCHEMENTS

L'étude chimique des liquides épanchés à l'intérieur des cavités séreuses nous a conduits à une conception plus précise de la valeur nosologique des lésions qui les déterminent.

Nous sommes arrivés à considérer comme inflammatoire tout épanchement de sérosité, alors même que la fibrine y fait totalement défaut, ou que le fibrinogène n'y est décelé qu'en faible quantité. Qui dit en dlet épanchement séreux, dit travail irritatif subi par la membrane, sécrétion exagérée de sérosité, par conséquent phlogogénie. A plus forte raison

en doit-il être de même, quand le liquide exsudé renfermé des fausses membranes fibrineuses, du sang, du pus, voire même de la graisse émulsionnée (épanchements chyliformes).

La connaissance des conditions générales chimiques, mécaniques et anatomo-pathologiques qui président au développement de ces différentes sortes d'épanchements est fort importante.

Exposées dans leurs grandes lignes, ces indications sont même indispensables pour qui veut comprendre les diverses maladies que ces lésions révèlent au clinicien; j'ajoute que ces notions pathogéniques servent utilement au choix du mode de traitement le plus convenable.

Ces remarques justifieront les quelques indications qui vont suivre, choisies de préférence dans l'inépuisable chapitre des épanchements inflammatoires ; commençons par certaines données ressortissant plus spécialement à la chimie.

Indications fournies par la chimie

Il faut partir de ce principe que toute sérosité, qu'elle soit pure ou mélangée avec quelque élément étranger à la composition physiologique du liquide en question (fibrine, sang, pus), constitue un ëpanchement inflammatoire.

Les sérosités inflammatoires de l'organisme diffèrent d'une manière absolue de tout liquide physiologiquement connu. Aucune de ces sérosités n'est du plasma sanguin exsudé in toto, puisque le fibrinogène qu'elle pourra précipiter n'atteindra jamais la proportion du fibrinogène contenu à l'état normal dans l'un quelconque des divers sangs rouges; de l'homme.

Le liquide d'épanchement n'est pas davantage du sérum sanguin transsudé à la faveur des processus diapédétiques.

D'une part, en effet, le sérum est précisément dépourvu de toute trace de fibrinogène et nous avons vu (Tableaux A, B, D, E), qu'un épanchement séreux, même le moins inflammatoire, contient habituellement du fibrinogène en quantité dosable par les procédés ordinaires. En outre, la teneur du sérum en matières albuminoïdes, est d'ordinaire très supérieure à celle des épanchements séreux (]).

Les sérosités inflammatoires ne ressemblent pas non plus à la lymphe. Nous avons vu précédemment les caractères qui différencient la lymphe générale et les sérosités inflammatoires.

Une seule exception pourrait peut-être, à ce point de vue, être tentée en faveur des épanchements chyleux des séreuses. Encore est-il bon de noter, en passant, que les cas dans lesquels l'analyse chimique du liquide épanché correspondait à peu près exactement à l'analyse de la lymphe intestinale ont trait bien plutôt à des effractions de chyle dans une cavité séreuse qu'à des exsudats véritablement inflammatoires de la plèvre ou du péritoine. Nous allons d'ailleurs, bientôt, reprendre ce point intéressant.

(!) L'analyse chimique du sérum sanguin donne les résultats suivants qu'il est bon de comparer avec nos tableaux (A, B, D, E.).

Analyse du sérum sanguin (Homme) (pour iooo)

Auteurs

Densité

Eau

Serine

Matières albuminoïdes

Graisses

Sels

A. Gautier.

Hammarsten .

(a) Ce chiffre indique la somme (les graisses, avec la lécitbine, l'urée et les matières extractives.

Ni plasma, ni sérum, ni lymphe ; qu'est donc un épanchement séreux ? Un produit de sécrétion, spécial à la membrane affectée. Ce produit, la sérosité, si minime à l'état normal, se trouve considérablement accru sous la poussée de certains molimens inflammatoires.

Rappelons une notion courante, moins favorable peut-être qu'on ne le croit à cette conception pathogénique. On répète partout que ia composition chimique des épanchements diffère notablement suivant la localisation des lésions. Pour ce qui est des membranes séreuses, cette assertion, vraie dans son ensemble, paraît tellement exagérée quand on aborde l'étude comparative des faits qu'elle devient souvent inacceptable.

Sans doute, les épanchements séro-fibrineux et même purement séreux des plèvres sont aussi fréquents que les péricardites séreuses sont peu communes. Mais s'il existe un certain ordre de raisons mécaniques qui s'opposent presque absolument aux grands épanchements aigus du péricarde, la vérité est que les causes pathogènes qui favorisent l'exsudation de sérosités pauvres en fibrine sont communes et banales pour les poumons et leurs enveloppes, exceptionnelles pour le myocarde et pour le péricarde.

En réalité, l'étude des causes doit être la pierre angulaire de toutes les théories qui prétendent expliquer les caractères si dissemblables des épanchements inflammatoires. Une telle étude ne laisse pas d'être fort ardue. En voici une preuve, qui nous sera fournie par l'examen comparatif de nos observations : une malade, cardiaque, asystolique, présente un épanchement pleural droit, qu'on ponctionne à plusieurs reprises; au bout de quelques semaines apparaît une ascite manifestement secondaire à l'évolution dégénérative d'un

foie cardiaque. Les analyses des deux liquides faites avec le plus grand soin par mon collaborateur M. Marette donnent les chiffres suivants :

Asystolie. Ascite et pleurésie séreuse

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