II. — LESIONS DEGENÉRATIVES AIGUËS DU PROTOPLASMA
Il existe d'ailleurs d'autres lésions dégénératives aiguës des épithéliums. Ces éléments peuvent mourir de différentes façons, plus ou moins vite, suivant les conditions pathogéniques qui ont perturbé leur nutrition. Il leur arrivera, par exemple, de succomber partiellement, de perdre leur proto-
(!) Nous savons que la production de la fibrine est le résultat d'une action fermentative exercée sur le fibrinogène. Les épithéliums et les endothéliums de revêtement possèdent donc, à l'état normal, un pouvoir anti-fermentatif d'autant plus intéressant à spécifier que les épithéliums doivent être considérés comme des parasites bienfaisants.
plasma tout en conservant encore un certain temps quelque degré de vitalité démontrée par la non mortification de leur substance nucléaire. L'organisme d'une cellule épithéliale est, en effet, un agrégat de matériaux vivants coordonnés, dans lesquels la substance du noyau et celle du protoplasma représentent déjà des produits singulièrement amalgamés. Les travaux remarquables d'Altmann (*), en fournissent la preuve matérielle.
Les destructions partielles effectuées dans la substance épithéliale, surtout quand il s'agit des épithéliums glandulaires, déjà plus élevés dans l'ordre des cellules ectodermiques, sont souvent évidentes. La formation des boules hyalines ou colloïdes aux dépens de la couche superficielle du protoplasma atteint de néphrite aiguë, des épithéliums striés du rein, l'état vacuolaire, la dégénérescence vésiculeuse des épithéliums de la peau atteinte de lésions aiguës infectieuses (variole, varicelle), la dégénérescence graisseuse aiguë des cellules hépatiques dans le foie infectieux, la transformation muqueuse ou mucoïde aiguë des épithéliums cylindriques des voies respiratoires dans la bronchite aiguë, voilà autant d'exemples, bien connus et fort démonstratifs, qu'il suffit de rappeler en passant.
Dégénérescences colloïde, hyaline, graisseuse, muqueuse ou mucoïde, transformation vésiculeuse, toutes ces lésions représentent, en somme, des destructions partielles du protoplasma, respectant peu ou prou le noyau de la cellule et se rattachant indiscutablement aux processus inflammatoires. Qui s'aviserait de refuser à de telles lésions les caractères de l'inflammation ? et pourquoi discuter l'origine et par consé-
0) R. Altmann. — « Die Elementarorganismen u. ihre Bezieh. z. den zell. » Leipzig
quent la nature phlogogénique des dégénérescences aiguës subies par les cellules épithéliales ?
Si les épilhéliums, en présence des chocs inflammatoires, souffrent autrement que les cellules connectives, comment s'en étonner? leur structure et leurs fonctions si différentes justifient leur individualité propre, spécifique jusque dans leurs lésions inflammatoires. Toutes ces discussions théoriques, jadis passionnantes, nous paraissent aujourd'hui définitivement closes grâce à l'étude méthodique des faits (4).
(*) Brault. — « Etudes sur l'inflammation ». Arch. gèn. de médecine, 1888.