‹ L'influence de l'Espagne sur le théâtre français des 18e & 19e sieclesChapitre 15 sur 44 · I . Voir nos études sur Corneille et Molière · texte numérisé non relu

I . Voir nos études sur Corneille et Molière

dis que, une autre fois, il le conduit presque à la prison et le pousse à cette exclamation : « Quel galimatias que l'honneur de ce peuple-ci! »

Non seulement les personnages de la comédie, mais encore l'intrigue compliquée, avec tous ses accessoires (pseudonymes, travestissements), venant de la « comedia novelesca », relève du théâtre espagnol. La peinture de l'évolution de l'amour semble même être négligée ; ce n'est pas, pour ainsi dire, une pièce marivaudesque : le goût de l'aventure qui s'y manifeste ne fait qu'accentuer l'affinité qui la rattache à l'Espagne. Ajoutons encore qu'on y parle souvent politique : il n'est pas impossible que Marivaux se soit inspiré de Corneille; peut-être est-ce même par son intermédiaire qu'il subit cette fois l'ascendant du génie castillan.

La fausse suivante ou Le fourbe puni ne nous intéresse, au point de vue de notre thèse, que par son Trivelin, espèce de gueux

d'Espagne, ancêtre de Figaro, qui, lui aussi, a exercé tous les métiers et changé de mœurs, comme on change de vêtements. Il est insolent et orgueilleux comme un <( picaro » et semble parfois annoncer Ruy Blas. Le romanesque de l'imbroglio : une femme qui endosse un habit de chevalier pour se venger — à la manière d'une « burladora » espagnole — de l'homme infidèle, est très fréquent dans le théâtre de Lope et de ses disciples'.

Le jeu de Y amour et du hasard, la comédie la plus célèbre de Marivaux, réunit toutes les grandes qualités qui font à juste titre de notre auteur une des gloires du théâtre français. Les éléments qui composent cette pièce — traits de caractère et d'intrigue — se retrouvent pour la plupart dans ses autres comédies, notamment dans Le dénouement imprévu et dans la Joie imprévue, mais dans

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