‹ L'influence de l'Espagne sur le théâtre français des 18e & 19e sieclesChapitre 18 sur 44 · Etudes sur V Espagne, p · texte numérisé non relu

Etudes sur V Espagne, p

loin d'attribuer une influence aussi prépondérante à l'Espagne, il l'a réduit à « un léger déguisement espagnol et quelques rayons du soleil de l'Andalousie '. »

Cependant, la physionomie de Beaumarchais présente un grand nombre de traits qui rappellent et la vie et l'œuvre d'un dramaturge espagnol. Sa jeunesse fut orageuse et remplie des aventures les plus diverses ; il eut des amours, des duels, des bagarres; il fit des chansons, de la musique — et des aflaires, et tout cela jusqu'à la fin de son existence, et cette existence — mettons à part les opérations financières — ressemble, à bien des égards, à celle de Lope et des contemporains et successeurs de cet auteur.

La vie mouvementée de Beaumarchais se reflète tout naturellement dans ses comédies, jusqu'à une certaine mesure. La fougue de son imagination et l'extrême habileté avec

I. Préface au Théâtre de Beaumarchais, p. iv, G. HuszAR. — L influence de V Espagne. . 13

laquelle il sait nouer et dénouer les fils d'une intrigue se trouvent évidemment en rapport avec la vie d'action par excellence qu'il vécut lui-même. Si les Espagnols passent à juste titre pour être maîtres de l'imbroglio, Beaumarchais, en restaurant les droits de l'intrigue dans la comédie française, se montre leur digne disciple; il sait, enoutre, allier à cet art de l'intrigue toutes les ressources de la gaieté gauloise, qui avait été elle-même souvent alimentée par des traits comiques espagnols. Pendant son séjour à Madrid, Beaumarchais se plaît beaucoup à la représentation de ces « saynètes » dont il loue « la chaleur et la gaieté » ', mais, peut-être à son insu aussi, subit-ill'ascendant de la comedia espagnole. Ce ne sont pas seulement « quelques airs de séguedilles et le décor de ses futures comédies » * qui évoquent l'Espagne dans

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