‹ L'influence de l'Espagne sur le théâtre français des 18e & 19e sieclesChapitre 24 sur 44 · Préface de la Mère coupable, p · texte numérisé non relu

Préface de la Mère coupable, p

passée maîtresse dans l'art de dissimuler et même de mentir; aussi quand Suzanne fait remarquer :tf j'ai vu combien l'usage du grand monde donne d'aisance aux dames comme il faut, pour mentir sans qu'il y paraisse » (acte II, se. xxiv), elle caractérise, à son insu, l'hypocrisie des dames espagnoles de la comedia qui, à cet égard, ont dû exercer une certaine influence sur la formation de l'âme de types féminins de Beaumarchais. La charmante Suzanne, elle-même, trahit par cette malicieuse observation les liens de parenté qui la rattachent aux soubrettes de cômedia ; celles-ci, comme on sait, ne s'abstenaient guère, non plus, de dire bien haut ce qu'elles pensaient des manœuvres parfois assez risquées de leurs maîtresses.

Il en est de même de Figaro; il a beaucoup évolué depuis sa première apparition dans le théâtre de Beaumarchais : l'esprit de son auteur l'a pénétré jusqu'aux moelles. Cependant il nous fait songer parfois aux types de

la comedia. Dans la grande tirade où il raconte l'histoire de sa vie (acte V, se. m), il ne laisse pas que de rappeler tantôt le « caballero » qui, dans une situation critique, jette sur son passé un regard rétrospectif, tantôt le « criado » qui, en pareille occasion, fait des réflexions philosophiques sur l'existence mouvementée qu'il a menée.

On a déjà mis en lumière ce que Figaro doit aux valets de l'ancienne comédie italienne, française, à Jodclet, Crispin,Turcaret, Frontin', mais on n'a pas encore assez insisté sur la parenté étroite qui l'unit aux a criados », « graciosos » et « escuderos » espagnols. Le populaire Sancho Panza luimême qui, du reste, n'est qu'une variante du valet humoristique, ressemble à Figaro, ne serait-ce que par la manie qu'ils ont tous deux de citer des proverbes. Figaro résumera tous ces types de valets, mais, grâce au génie

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