‹ L'influence de l'Espagne sur le théâtre français des 18e & 19e sieclesChapitre 33 sur 44 · Voiries drames castillans que nous avons cités, p · texte numérisé non relu

Voiries drames castillans que nous avons cités, p

vait empêcher qu'elle éclatât parfois dans sa crudité originelle. C'est ce qui arrive chaque fois que la comedia nous présente des rois amoureux; tout-puissants, ils sont au-dessus de toute loi et croient pouvoir fouler aux pieds les droits les plus sacrés ; se débarrasser par un assassinat d'un rival importun n'a rien d'extraordinaire aux yeux des « images de Dieu » ' du théâtre espagnol. Si donc le roi de Torquemada veut faire tuer le fiancé de Rose, il n'imite que leur exemple. Pour achever de donner un coloris espagnol à son Ferdinand et à la reine, Victor Hugo les représente aveuglés par la ferveur religieuse : leur soumission à Torquemada et leur attitude vis-à-vis des juifs en offrent une preuve édifiante.

Hernani est une pièce d'un caractère éminemment espagnol. « Très para una », telle est l'épigraphe que porte le premier manuscrit

I . Expression souvent employée par les dramaturges espagnols pour désigner le roi.

du drame, annonçant ainsi que trois hommes rivalisent pour l'amour d'une seule dame. Des critiques français et allemands ont signalé plusieurs traits, plus d'une situation et quelques mots à effet que Victor Hugo avait presque littéralement tirés de la comedia. On a fait ainsi dériver Hernani du Luis Perei el Gallego ' de Calderon, et du Tisserand de Ségovie de Alarcon; on a constaté une analogie entre la trame de la pièce de Hugo et celle des comedias Garcia del Castanar ^ de Rojas et Gagner des amis de Alarcon \ etc. Nous avons déjà dit que cette manière de chercher l'influence espagnole n'est point la nôtre. Si l'on a prouvé que Victor Hugo a

1. Drame que l'auteur d'/Z^rwon/ semble avoir connu, puisqu'il le cite deux fois dans Han d'Islande.

2. C'est Habeneck qui, dans une belle introduction au Chefs-d'œuvre du théâtre espagnol, a le premier signalé cette analogie, Rosières (ouvr. cité) cherche à la réfuter, mais à tort. Voir encore Hernanis Stammhaum (Zeitschr. f. vergl. Litt., 1909).

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