‹ L'influence de l'Espagne sur le théâtre français des 18e & 19e sieclesChapitre 38 sur 44 · LES COMEDIES DE MUSSET · texte numérisé non relu

LES COMEDIES DE MUSSET

AU POINT DE VUE

DE L'INFLUENCE ESPAGNOLE

Les Caprices de Marianne nous paraît être un drame dans le goût de cette renaissance qui a inspiré un chef-d'œuvre du théâtre espagnol, la Celestina. La passion de Cœlio pour Marianne a quelque chose de ce côté tragique qui assombrit la passion de Calisto pour Melibea. Nous n'exprimons d'ailleurs ici qu'une impression tout à fait personnelle, toute influence étant exclue de la part de l'auteur de la tragicomédie espagnole. Cœlio se conduit plus d'une fois comme un amant de comedia, et quand il s'écrie: «Ah! que je fusse né dans le temps des tournois et des batailles ! Qu'il m'eût été permis de

G. HuszAR. — V influence de PEipagne. 22

porter les couleurs de Marianne et de les teindre de mon sang ! Qu'on m'eût donné un rival à combattre, une armée entière à défier ! ' »,il rappelle le chevalier espagnol tel qu'il avait été idéalisé par Cervantes et par les dramaturges castillans.

Dans Fantasia, Musset a recours à un procédé habituel à Marivaux : le prince prend le nom et le costume de son aide de camp pour éprouver, sous ce déguisement, l'amour de sa fiancée. Il en résulte quelques situations qui sont très fréquentes dans le théâtre espagnol et chez l'auteur du Jeu de Tamoiir et du hasard. Pour ce qui est de l'histoire délicieuse que le poète français a brodée autour de cette donnée, elle n'appartient qu'à luimême.

Dans On ne badine pas avec V amour, il n'y a rien, excepté le titre, qui rappelle l'Espagne ; Barberine nous fait songer, par quel-

Page 1