I. Jules Lemaître. Revue des Deux Mondes (ic février
Au point de vue spécial de notre thèse, nous tenons surtout à insister sur la continuité du courant héroïco-romanesque qui, venu d'Espagne, s'incarne auxvii^ siècle, dans les œuvres de Corneille, après avoir été alimenté, à l'époque antérieure, par les romans d'Amadis qui jouirent d'une immense popularité sous François P'' et Henri II et, plus tard, par les romans pastoraux dont celui d'Urfé était resté le modèle inimitable ; au xviii^ siècle ce courant héroïco-romanesque semble s'être éteint, pour renaître au xix^ siècle dans certains drames de Victor Hugo et reparaître, au xx^ siècle, resplendissant d'un éclat nouveau, dans l'œuvre de Rostand.
Il circule enfin, dans l'œuvre dramatique de ce poète, une sève romanesque plutôt idéaliste qui, elle aussi, relève du génie hispanique. Dans les pièces d'un caractère éminemment romanesque, les débordements du cœur de certains personnages confinent parfois à un sentimentalisme dont quelques
accents se trouvent déjà chez Marivaux et chez Alfred de Musset. De là cet air de parenté qui existe entre ces auteurs et le poète de r Aiglon.