‹ L'influence des événements actuels sur la Pathologie: Etude comparative des Affections médicales observées à l'Hôpital de Saint-Denis de juillet 1937 à août 1939, d'une part, et d'août 1940 à juillet 1942, d'autre partChapitre 13 sur 29 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

Le nombre des bacilloses viscérales et des bacilloses.

externes subirait la même évolution.

Nous allons voir comment l’étude de la morbidité des services de médecine de l'Hôpital de Saint-Denis, peut contribuer à confirmer ces observations.

Comme nous l’avons dit, l'Hôpital de Saint-Denis comporte deux services de bacillaires pour adultes : un service de femmes comptant 20 lits, et un service d'hommes comptant 29 lits. Il existe de plus un service d'isolement, où sont hospitalisés les bacilloses chez les sujets de moins de quinze ans.

Notre étude a porté sur les malades hospitalisés d’une part, de juillet 1937 à la fin d'août 1939 et d’autre part, du mois d’août 1940 à juillet 1942.

Le service de bacillose pulmonaire hommes, a été fermé avant la guerre d’une façon épisodique pour des raisons matérielles. :

Un autre facteur important est à retenir pour juger exactement de la valeur de ces statistiques.

Après juin 1940, et pendant de longs mois, l'Hôpital de Saint-Denis à vu le nombre total des hospitalisés sensiblement diminuer par rapport à l’avantguerre.

La raison sans doute, est due à la lenteur avec laquelle se sont faits les retours de l’exode d’une part, et d’autre part, à l’émigration d’une partie de la population ouvrière vers les campagnes.

de MOT

Au point de vue du chiffre global des tuberculoses pulmonaires, notre étude n’a pas montré de modifications sensibles.

C’est ainsi que dans le service « femmes », il a été hospitalisé 102 tuberculoses pulmonaires de juillet 1940 à juillet 1942, contre 105 de juillet 1937 à juillet

Dans le service « hommes », le chiffre est de 133 pour la même période d’après-guerre contre 101 pour la même période d'avant guerre. |

Dans le service « enfants », 15 tuberculoses pulmonaires ont été observées avant-guerre et 12 aprèsguerre, dont 4 granulies.

Nous pouvons donc déjà conclure de ces premiers chiffres que la tuberculose pulmonaire n’a pas augmenté de fréquence à l'Hôpital de Saint-Denis.

Signalons toutefois que le nombre des tuberculoses pulmonaires, chez les hommes, est allé en augmentant dans l’année 1942 et plus particulièrement dans ces derniers mois. Il semble donc que la fréquence a une tendance très nette à l’augmentation.

Voyons ce qu'il en est pour les autres affections tuberculeuses :

On compte 16 pleurésies séro-fibrineuses avantguerre dans le service « femmes » contre 23 aprèsguerre.

Dans le service « hommes » l'augmentation est minime. Le chiffre passe seulement de 15 à 17.

Dans le service « enfants » par contre, il double et

D hr

l'on a observé 14 pleurésies séro-fibrineuses depuis juin 1940 contre 7 avant-guerre. |

Dans ce même service, le nombre des primo-infections est passé de 10 à 15.

Et le nombre des méningites tuberculeuses de 8 à II.

Dans les services d'adultes, la méningite tuberculeuse n’a pas été observée avec plus de fréquence.

Il en est de même pour les péritonites tubercu-— leuses.

Par contre, il est absolument certain que le nombre des adénopathies bacillaires a considérablement augmenté. Nous avons observé soit des poussées évolutives sur des adénopathies anciennes, soit l'apparition d’adénopathies importantes chez des sujets atteints de lésions pulmonaires importantes.

En dehors des malades hospitalisés, il nous a été permis de suivre l’évolution des tuberculoses pulmonaires à la consultation externe pratiquée par le D: De- LAFONTAINE. , ECÉ

Depuis juin 1940, nous avons eu l’occasion de voir et de dépister un nombre beaucoup plus important de tuberculoses pulmonaires.

Ces observations portent sur-un nombre de cas trop restreint pour prendre une valeur absolue.

Cependant, l'impression que nous avions eue de l'augmentation de la fréquence des tuberculoses pulmonaires semble réelle. Mais il est juste de reconnaître qu’elle n’est pas le caractère dominant de l’évolution de cette maladie.

Site

L'augmentation de la gravité de la tuberculose pulmonäire semble être le fait à retenir.

De juin 1940 à juillet 1942, nous avons pu dépouiller dans le service « femmes » 70 dossiers.

Nous avons constaté une mortalité s’élevant à 40.

Sur ces 70 tuberculoses pulmonaires, nous avons dénombré 60 tuberculoses ulcéro-caséeuses évolutives dont 33 tuberculoses pulmonaires bilatérales.

4 ont présenté des formes de tuberculose miliaire et 2 des formes granuliques.

Dans le service « hommes » nous avons dépouillé 100 dossiers. La mortalité s’est élevée à 63.

Le nombre des tuberculoses ulcéro-caséeuses est de 82, dont 66 tuberculoses bilatérales, 8 tuberculoses miliaires et 5 granulies ont été constatées.

Nous voyens donc le nombre considérable des formes graves. .

Les formes broncho-pneumoniques nous ont semblé les plus fréquentes.

Plus intéressantes encore que les formes anatomiques sont les formes évolutives.

L'évolution a été presque toujours extrêmement rapide, trois à quatre mois au plus. |

On à souvent assisté à des formes se bilatéralisant rapidement.

C’est la gravité d'emblée des tuberculases actuelles qui nous semble le fait le plus saïllant.

Nous avons souvent vu des malades dont le début de l'affection ne remontait qu'à un mois, souvent

15 jours et qui présentaient à l’arrivée, des lésions

‘ulcéro-caséeuses des deux poumons dont l'évolution se faisait très rapidement en un mois au plus. On ne notait fréquemment chez ces sujets aucun antécé— dent personnel. Ces formes évolutives ont été observées avec plus de fréquence chez les hommes. Il n'est pas inutile de souligner les caractères de ces formes évolutives par quelques observations.

OBSERVATION ÎI.

M. B..., 62 ans, exerce la profession de manœuvre. On ne note chez lui aucun antécédent ni personnel ni familial.

C’est seulement trois semaines avant son entrée qu'il commence à accuser des troubles tels que de l’anorexie, des sueurs nocturnes, une toux opiniâtre avec expectoration muco-purulente et une température oscillant entre 38 et 390.

Le malade n’a interrompu son travail que 15 jours avant son entrée à l'hôpital.

Il entre le 8 avril 1941 et présente un mauvais état général, un amaigrissement important, remontant à quelqies mois seulement.

L’expectoration muco-purulente est abondante contenant des B. K. à l'examen direct. La radiographie montre des lésions ulcéro-caséeuses étendues aux deux champs pulmonaires, réalisant une véritable broncho-pneumonie tuberculeuse.

Le malade meurt le 27 avril 1941.

Nous voyons par cette première observation la rapidité de l’évolution et surtout la brusquerie de l’appa-

rition de la maladie. Sans doute, le début réel de l'affection est plus ancien; mais on ne peut s’empêcher d’être frappé à la vue d’un tel malade et de l’image radiologique, par le fait qu’un mois avant, le. malade exerçait un métier aussi rude que celui de manœuvre et qu’il ne présentait aucun symptôme qui ait pu l'alarmer.

OBsERvATION Il.

M. J. E..., 39 ans, manœuvre, entre à l’hôpital de Saint- Denis le 25 février 1941, pour une asthénie marquée, et un amaigrissement de 8 kilos en un mois.

Il n’a interrompu son travail que quinze jours auparavant. |

Il ne présente aucun antécédent ni personnel ni familial.

On se trouve en présence d’un malade asthénié, amaigri, présentant des poussées thermiques de 38,5/39. La toux est modérée, l’expectoration nulle.

La radiographie montre des lésions ulcéro-caséeuses bilatérales très étendues ; le malade meurt le 4 avril 1942.

OBsERVATION III.

En Fraians terrassier, entre dans le service, le 6 mars

Il a été obligé d'interrompre son travail à la fin du mois de février. R

Il n’a jamais été malade jusqu’à il y a un mois où il a présenté une laryngite.

Depuis deux mois il a constaté un amaigrissement de 45 kilos.

EN Je

On ne note pas d’autres antécédents.

Le malade présente un très mauvais état général. La température oscille entre 38 et 400. L’expectoration est modérée avec présence de B. K.

La radiographie montre des deux côtés des petits nodules, réalisant une image en mie de pain typique.

L'état général va en s’aggravant, le malade meurt le 18 avril 1942.

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