PAIE TRE
déré comme intimement lié à la question de la sous-alimentation, car il estévident que le « travail physique aggrave la sous-alimentation et par suite ses effets ».
Mais, comme l'avaient montré des auteurs allemands, il faut également tenir compte du rôle des conditions favorables à la contagion.
Ces conditions ont été particulièrement accrues du fait de la guerre.
La retraite des armées et l'exode des populations a favorisé la contagion bacillaire.
Pour A. Ravina, il ne faut pas oublier les conditions morales de cette retraite et de cet exode.
« Il ne paraît pas douteux que ces conditions n'aient provoqué un très grand nombre de réveils de tuberculose, soit de début de cette maladie. Les facteurs moraux invoqués déjà par LAENNEC, ont paru à ces auteurs, jouer un rôle très important. Beaucoup de leurs malades se sont trouvés arrachés à leur pays natal, transplantés dans d’autres régions, séparés de leur famille, placés dans des situations particulièrement pénibles ».
Ces auteurs pensent que l’on peut également attribuer une responsabilité aux incorporations comme militaires, ou comme travailleurs civils, d’un grand nombre d'anciens tuberculeux considérés comme guéris, ou des sujets jeunes insuffisamment examinés au point de vue médical.
Enfin, une cause favorisante nous semble encore devoir être signalée : l'absence du chauffage, coïncidant
avec des hivers particulièrement rigoureux.
De notre enquête personnelle, il ressort que c’est certainement à la sous-alimentation qu’il faut attribuer le plus souvent, la gravité actuelle de la tuberculose,
NH est bien difficile de préciser quels sont les aliments dont l’absence a été la plus importante.
N. Fressincer, étudiant l'alimentation des fermiers du Jura, qui n’est modifiée par rapport à l’avantguerre que par la diminution de la ration de pain, pense que c’est là qu’il faut rechercher la cause del’état d’anergie, diminuant la résistance aux infections en général et à la tuberculose en particulier. |
Quoi qu’il en soit, nous pouvons conclure que la gravité de la tuberculose actuelle est due d’une part à l’affaiblissement du terrain par la sous-alimentation surtout, le surmenage et la vague de froid des hivers derniers, d’autre part, à l'augmentation des causes de surinfections exogènes, en rapport avec l’exode, la retraite, et l’aggravation des mauvaises conditions d'hygiène individuelle et collective.