‹ L'influence des événements actuels sur la Pathologie: Etude comparative des Affections médicales observées à l'Hôpital de Saint-Denis de juillet 1937 à août 1939, d'une part, et d'août 1940 à juillet 1942, d'autre partChapitre 16 sur 29 · MALADIES DUES A L’'ALCOOLISME · texte numérisé non relu

MALADIES DUES A L’'ALCOOLISME

Si, comme nous venons de le voir, la situation actuelle permet d'envisager l’évolution de la pathologie d’une manière pessimiste, nous trouverons une raison d'optimisme dans la régression des maladies dues à l’alcoolisme.

Le problème de l’alcoolisme était déjà avant-guerre, un sujet de préoccupation des milieux médicaux et des pouvoirs publics.

Devant l'étendue que prenait ce fléau social, de nombreuses mesures étaient envisagées dont l’efficacité semblait douteuse.

Dans une ville comme Saint-Denis et dans un centre hospitalier comme celui de cette cité, les effets de l'alcoolisme étaient particulièrement sensibles.

D'une part, le nombre des maladies dues à l’alcoolisme était très élevé, aussi bien dans les salles des malades « hommes » que dans les salles des malades « femmes ».

D'autre part, l'alcoolisme avait une influence aggravante très nette sur de nombreuses infections aiguës et sur la tuberculose pulmonaire.

Comme l'ont fait remarquer MM. Pa. Pacniez et

er) Que

À. Prcner « cet inquiétant problème a trouvé dans les événements une solution inattendue, à tout le moins, une solution temporaire ».

Les médecins n’ont pas été sans constater l’importante diminution des accidents alcooliques.

MM. Pu. Pacwrez et A. Pricer, à l’Académie de Médecine, ont apporté des « documents statistiques mesurant la diminution des accidents délirants alcooliques sous la limitation actuelle de consommation des boissons alcoolisées ». |

Leur statistique porte sur le service d’agités de l'Hôpital Saint-Antoine.

Pendant les trois années qui ont précédé la guerre, les auteurs ont assisté à l’augmentation du pourcen— tage des alcooliques qui est passé de 55,29 pour cent à 65,60 pour cent pour les hommes, de 21481 pour cent à 22,60 pour cent pour les femmes.

C'est aux environs du mois de juin 1941 que le vin a commencé à se raréfier à Paris et c’est au moïs de juillet de cette même année qu'a été établie la carte, réduisant dans de notables proportions la quantité allouée par semaine à chaque personne. Les stocks et les réserves particulières sont allés peu à peu en diminuant.

Dans le service de M. Pagnrez, sur 274 malades, dont 159 hommes reçus dans les six premiers mois de l’année 1941, on à trouvé 67 hommes alcooliques, soit 42,13 % et 23 femmes alcooliques soit 20 %,.

Peudant les six derniers mois sur les 189 ma-

lades, dont'86 hommes reçus, on ne trouve plus que

Cp UE

21 hommes alcooliques, soit 24,41 % et 8 femmes alcooliques, soit 7,86 0.

Ces auteurs montrent que pendant les deux premiers mois de 1942, cette réduction persiste et même

s’accentue.

Nous pouvons apporter une confirmation à ces observations.

Pour ce qui concerne les accidents délirants, nous n’avons porté notre étude que sur le service d'hommes de l'Hôpital de Saint-Denis.

Dans ce service, de juin 1937 à août 1939, nous avons trouvé 24 delirium tremens et agitations délirantes simples.

Depuis septembre 1940, jusqu’à ces derniers mois, 8 accidents délirants alcooliques ont été constatés.

Mais cette diminution n’a pas porté seulement sur les accidents mentaux de l'alcoolisme :

Dans le service femmes, pour la période d’avantguerre que nous avons choisie pour étude, il a été hospitalisé 56 cirrhoses alcooliques du foie ; 25 seulement ont été hospitalisées pour la période correspondante d’après-guerre.

Dans le service hommes, les chiffres sont aussi dé-

monstratifs : #5 cirrhoses alcooliques avant-guerre

contre 14 après-guerre.

L'évolution est la même pour les polynévrites éthyliques.

On note 2? polynévrites dans le service femmes

NE DIEE

avant les restrictions et à après ; dans le service hommes, 14 contre 1.

Rien ne nous paraît plus démonstratif que ces chiffres et la rapidité avec laquelle les maladies dues à l'alcoolisme se sont raréfiées, mérite d’être soulignée. .

Il nous faut remarquer de plus, que les cirrhoses et les polynévrites observées après-guerre l'ont été presque entièrement pendant l’année 1941.

Alors que dans chaque service de médecine de

‘l'Hôpital de Saint-Denis on trouvait toujours, avant les hostilités, quatre ou cinq malades atteints de cirrhose. éthylique, actuellement cette maladie est devenue une rareté.

Devant de tels chiffres, on peut avancer avec MM. PA- Gniez et Priauer que « c’est là un argument qui nous paraît péremptoire pour le maintien ultérieur, quelles que soient les circonstances, d’une réglementation des boissons alcoolisées ».

LES ŒDÈMES DE CARENCE LES AMAIGRISSEMENTS LES ENGELURES. LES DYSMÉNORRHÉES

Déjà avant-guerre et particulièrement à l’issue au conflit mondial de 1914-1918, la question des œdèmes par carences alimentaires avait été étudiée sous le nom d’œdèmes de famine, d’hydropisies épidémiques, d'æœdèmes de guerre.

Actuellement, les publications sont nombreuses qui traitent de ces œdèmes. MM. Guyx-LaRoCKE, E. Bomparp et J. Trémozières à la Société médicale des Hôpitaux de Paris du 11 juillet. 1941 publient huit cas d’œdème chez des miséreux soumis à une alimentation précaire.

M. GouxeLce a observé de nombreux cas d’æœdème de dénutrition dans les hôpitaux psychiatriques.

Le, BouRDELLES en a noté de nombreux cas dansun camp de prisonniers.

G. CarkièREe, OC. Auevusre et G. HEuxEr, à leur tour publient des observations de ce syndrome.

Pour ces auteurs, ce syndrome se caractérise au point de vue clinique par un amaigrissement continu

et progressif pouvant atteindre 18 à 20 kilos. J. Guillaume 3

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