‹ L'Influence e la seconde sophistique sur l'œuvre de Grégoire de NysseChapitre 12 sur 28 · DE SON TEMPS · texte numérisé non relu

DE SON TEMPS

La première question qui se pose pour nous devant l'œuvre de Grégoire de Nysse est celle-ci : Grégoire a-t-il eu dans sa vie des rapports précis avec les sophistes de son temps ? Que savonsnous de ces rapports ?

Nous en savons peu de chose. Il paraît étahli que Grégoire de Nysse, comme probahlement Basile, enseigna la rhétorique avant d'entrer dans les ordres (-). Puis abandonnant les études profanes, il se tourna vers la vie monastique, approfondit les écritures et la théologie, suivant Théodoret IV ch 28

Il était lecteur dans l'Église et désigné à l'épiscopat de Nvsse lorsqu 11 revint à ses anciennes études et reprit ses fonctions dé maître de rhétorique. Dans sa lettre 11, Grégoire de Nazianze le blâme vivement de cette mobilité de caractère : k Pourquoi donc, lui dit-il, te condamnant toi-même, as-tu rejeté les livres sacres . . que tu lisais jadis au peuple ? Tu as mieux aimé être appelé rhéteur que chrétien ? . . . „ Sur ses instances et celles de ses amis, Grégoire abandonna définitivement les lettres profanes et après une retraite de quelques mois, il fut sacré eveque de Nysse par Basile, au début de 372, suivant TiUemont Mem. IX, p. 733, ou dans l'automne de 371, suivant Bardenhewer (p. 106).

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voir buidas - cf. Socrates : 'fax. èxxXrja. ^cêX. A' xeç. xé.

r.HAPITHE 111.

Gré^'oire a donc été prolesseur deloquence avant d'entrer dans les ordres, et l'attrait exercé sur lui par les lettres profanes a été assez fort pour le détourner un instant de la vie relii]:ieuse qu'il avait embrassée. Voilà évidemment des renseignements précieux pour nous. Ils nous expliqueront bien des caractères de l'œuvre de Grégoire. Mais nous voudrions savoir au milieu de quelles études s'est passée sa jeunesse. A-t-il comme Basile et Grégoire de Nazianze été l'élève d'Himérios à Athènes? Nous n'avons là-dessus aucun témoignage qui nous autorise à le supposer.

De l'œuvre même de Grégoire on ne peut tirer que très peu d'indications. Il semble en général écarter soigneusement toute allusion directe à son passé de rhéteur. Il atlecte môme le plus souvent une ignorance profonde de la rhétorique. Il y a toutefois une lettre, la treizième, qui nous découvre une partie de la vérité. Elle est adressée au sophiste Libanios, avec qui Basile a entretenu une correspondance prolongée. En réponse à une lettre qu'il a reçue de lui, Grégoire débute par des remerciements hyperboliques, puis il en vient à dire que « ses maîtres ont été Paul, Jean, les apôtres et les prophètes. » Il oppose nettement à la culture profane représentée par Libanios, la science sacrée dont il se déclare le disciple. « Si vous voulez parler de votre science, « au dire des connaisseurs, c'est en vous-même qu'elle a sa « source, pour se communiquer à tous ceux qui ont quelque « part à l'éloquence. C'est ce que j'ai entendu conter à tout le (( monde par celui qui fut votre disciple en même temps que « notre père et notre maître, l'admirable Basile. . . J'ai vécu peu (( de temps dans la société de mon frère et j 'ai été purifié par la pa- « rôle divine au point que je me borne à reconnaître l'infériorité c de ceux qui ne sont pas initiés à l'éloquence. Toutefois, dans la « suite, je vous consacrai avec une ardeur sans réserve tout ce « que j'avais de loisirs, et je devins passionnément amoureux « de la beauté de votre art, sans pouvoir me rassasier de cette « passion (')... ». La date de cette lettre est inconnue.

Ces déclarations concordent-elles avec les témoignages cités plus haut? Ils établissaient que Grégoire avait été d'abord pro-

(1) Œuvres de Gréq. de Nysse (Patrol.) vol. III p. 1048, C et 1049 A.

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