‹ L'Influence e la seconde sophistique sur l'œuvre de Grégoire de NysseChapitre 8 sur 28 · INTRODUCTION. O · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. O

fessent eux-mêmes l'éloquence avant de se vouer à rÉglise : tel est le cas de Basile (') et de son frère Grégoire (^j. Jean Chrysostome fait applaudir à Antioclie. en qualité d'avocat, lelèvedc Libanios avant de se tourner vers la vie religieuse (^). Enfin ils restent le plus souvent en correspondance avec leurs maîtres païens C), et ces relations attestent la solidité d'un lien qui n'a pour résister à des divergences souvent absolues de croyances et d'attitudes qu'une communauté d'enlbousiasmes littéraires.

Cette sorte de compromis entre le ckristianisme et l'hellénisme, cette union de la pensée chrétienne avec la rhétorique profane sollicitent la curiosité par leur caractère paradoxal. Quels emprunts la pensée chrétienne a-t-elle faits à la sophistique? quel parti a-t-elle tiré de ces emprunts? Gomment s'est-elle coulée dans les moules tout faits élaborés par la longue tradition de l'éloquence païenne? Et en définitive quel a été le succès de l'aventure tentée par le christianisme? Pouvait-il sans inconvénient se revêtir d'une forme d'emprunt, prendre à l'hellénisme ses moyens d'expression, comme si ce n'était pas à la pensée de créer cette expression suivant ses besoins ? Autant de problèmes qui se posent à l'intérêt du philosophe presque autant que du philologue. La question, du reste, a été déjà abordée. Dans son tableau de l'éloquence chrétienne au quatrième siècle, Villemain a brillamment esquissé les caractères de cette éloquence et tracé de ses représentants des portraits qui restent vrais dans l'ensemble. Norden, dans son livre : Die mitihe Kimstprosa, a indiqué avec précision, mais trop brièvement, quelques-uns des traits qui peuvent définir l'éloquence de Grégoire de Nazianze, Basile, Jean Chrysostome. Mais l'un et l'autre négligent presque totalement Grégoire de Nysse. Villemain se borne à un jugement dédaigneux et injuste, et Norden se déclare incompétent faute d'une pratique suffisante de cet auteur. Si nous avons choisi Grégoire de Nysse comme centre de notre étude pour rechercher

(1) Bardenhewer, Patrologie, t. II, p. 70.

(2) SOGRATE, IV, 26.

(3) Bardenhewer, Patrol., II, p. 165.

(4) Lettres de Grégoire de Nysse à Libanios, t. III, Lettres 13, 14. — Lettres de Basile à Himérios, 274. — Correspondance de Basile avec Libanios, Lettres 335, 337, 339, 340, 341, 342, etc.

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