‹ L'influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 35 · ABSURDITÉ DE L'OMMIPOTENCE DE LA LOI HUMAINE · texte numérisé non relu

ABSURDITÉ DE L'OMMIPOTENCE DE LA LOI HUMAINE

Mais l'Hon. Président exprime sa doctrine sur l’omnipotence de la loi humaine encore bien plus clairement dans un auautre passage de ses considérants. Voici ses propres paroles : ‘ Quelle est la limi- ‘“ te de la loi humaineen général ou dans ‘un cas particulier ? Je refuse de disuu- ‘ter ce point. Pour nous elle n'en a “ d'autres que les limites même des ex “ pressions qui la rendent. Nous sommes “les officiers assermentés de la loi Ce “ qu'elle dit clairement nous devons recon- “ naître qu'elle le dit.” Un peu plus loin l’'Hon. Président rend encore plus clairement sa pensée par un exemple. Prenez ‘“ Je cas dit-il d’un candidat promettant ‘“ de présenter une mesure pour le rappel ‘“* des lois contre le vol et le meurtre fon- “ dées sur le décalogue. Certainement que l’on ne pourrait raisonnablement considérer comme un acte d'influence ‘“ indue le fait de dire qu’un tel candidat “et ceux qui le soutiennent mettent en “ danger leur salut. Cependant en rap- “ prochant un tel acte de la lettre dustatut “1l serait peut-être possible d'y voir lé-

G4 * galement de l'influence indue parceque “le droit, de voter est un droit politique ‘ protégé par le statut, et:considéré sim- “ plement comme un droit politique qui “ doit être protégé dans la personne, le “ voteur a le droit de voter comme il ‘veut ! 1”

Selon l’Hon. Président, la loi humaine en pratique est donc sans limite possible ; ce qu'elle dit clairement doit être reconnu légal: et les juges qui sont les officiers assermentés de la loi, doivent l’adjuger et le faire exécuter. La loi naturelle, la loi divine, la raison humaine elle-même n'y peuvent rien, tout doit céder devant l’absolutisme abrutissant de cette omnipotence de la loi humaine, et devant cette légalité aveugle qui en exige l'exécution au nom du serment même jusqu'au rappel des préceptes du décalogue contre le vol et le m'urtre.

On comprend que le cœur honnête et sensible de l’'Hon. Président se rés olte à la vue de pareilles conséquences, et qu’il désirerait y trouver un remède dans la ‘aison humaine, quand il dit que l’on ne pourrait raisonnablement trouver coupable d'influence indue le curé qui enseignerait que le candidat qui voudrait abolir les commandements de Dieu contre le

vol et le meurtre, et ceux qui le soutiendraient mettraient leur salut en danger.

Mais l'honnêteté et la sensibilité ne peuvent rien contre les lois inexorables de la logique. L'intelligence humaine en admettant un principe faux en admet nécessairement les conséquences. (C'est ce Ft sa belle intelligence démontre quand il dit dans le même endroit, raisonnablement il n'y a pas d'influence indue à s'opposer à l'abolition des préceptes du déczlogue, mais légalement il y en a!!

Heureuse l'intelligence qui vient à s’apercevoir de la fausseté d’un principe u’elle avait d’abord cru vrai par l’absurdité des conséquences qui en découlent, et qui révoltent les cœurs honnêtes. C’est ce que l’on appelle la démonstration ab absurdo ! Nous remercions l’Honorable président de nous avoir ainsi démontré l’absurdité de l’omnipotence de Îa loi humaine qui conduit dans le cas présent à déclarer légalement, coupable d'influence spirituelle indue, le prêtre qui s'opposerait par le refus des sacrements à l'élection d'un candidat qui voudrait abolir les préceptes du décalogue contre le vol et le meurtre.

L'histoire est là pour nous redire que c'est sur ce principe absurde du pouvoir

illimité de la loi humaïne que se sont appuÿés tous les despotes, pour. tyranniser leurs peuples; et que le mal a été sans réfnède quand les magistrats'se sont crus obligés, en vertu de leur serment d'office, et au nom de Dieu d’obéir av euglément et comme des automates à la légalité de cés lois et statuts. iniques, et d’en ordonner l'application quelque , révoltante qu elle fût. C’est en vérin de ces, principes dbsurdes que Nabuchodonosor et Nérof : déféndaient sous peine de mort par leurs décrets impies et sacriléges d’adotér 1e vrai Dieu et ordonnäient de même dé réfidre le culte divin aux idoles, Leurs jugés non moins coupables, se croyaient obligés par leur serment d'office, à faire jéter Daniel dans ta fausse aux lrons, crucifiér St Pierre et décapiter St, Paul par respect pour la légahité de ces décrets ! !

Non, la loï hümaine n’à pas un pouvoir illinité, et là première condition pour qu'elle mérite le nom de loi,c'est qu'ellesoit juste, et conforme à la loi naturelle et à la lot divine, dont elle ne peut être qu'une application déterminés. ‘ Si la loi humaine, “ dit l’auteur de: :astitutes du droit natu- “ rel, prescrit quelque chose de, déshon- “ nêté, élle est nulle de plein droit, par

l'autorité supérieure de Dieu qui défend

(Ori

“ de taire ce qu’elle commande. Les ‘ paiens eux-mêmes connaissaient cette “vérité, et Cicéron disait qu’une loi hu- ‘“ maine qui ordonnerait quelque chose ‘# d’opposé à la loi naturelle et divine, ne “ mériterait pas plus le nôm de loi que “les complots des brigands.” , Inutile de dire quelles théologiens éatholiques enseignent unanimement cette vérité que la loi humaine doit être juste et .conforme à la loi de Dieu, qu'une loi injuste ne peut obliger ; qu'elle est, par!le fait même de son opposition à la loi, de Dieu',radicalement nulle, et ne mérite pas le nom de loi. En conséquence le juge n’a pas plus

le droit de l'appliquer que le Souverain de la décréter. “ Par moi les Législateurs font les lois justes, et les hommes reyé-

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