‹ L'influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile [microforme] (volume 2)Chapitre 31 sur 35 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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aux injonctions du 4ième concile de Québec au meilleur de sa conscience. Il peut se tromper sans doute sur le compte de M. Sylvestre, et le croire plus mal qualifié qu'il ne l’est réellement. Mais à part le Souverain Pontife, quel est le juge infaillible ? Cependant le jugement qu'il porte est régulier, et tant que le tribunal ecclésiastique, seul compétent à le réviser, n'aura pas décidé le contraire, ce jugement doit être regardé comme juste et conforme au droit.

Quant à son paroissien, sa liberté n’en est nullement affectée, il ne doit pas voir une menace dans cette déclaration de son Curé, mais bien un avertissement qu’il lui donne pour l’acquit de son devoir. Nice paroissien croit sincèrement que son Curé fait erreur sur le compte de M. Sylvestre et qu'il le juge trop sévèrement, il a toute liberté de s'adresser à un autre prêtre ou à son évêque qui, pourra l’'admettre sans difficulté à faire ses pâ-

ues, s’il juge M. Sylvestre mieux qualile que ne le croit le Curé.

Voilà comment l'Eglise sauvegarde la liberté de ce paroiïssien tout en mettant sa conscience en sûreté, et comment elle respecte. les droits des candidats et des électeurs.

Il en va autrement devant le tribunal civil dont l’incompétence à juger une pareille question de conscience’est évidente.

Là, l’acte du Curé est déclaré contraire à la loi civile, et il est flétri comme un acte d'influence indus. Quand même M.

Sylvestre serait un candidat décidé'à rappeler les lois contre le vol et le meurtre, fondées sur le décalogue, M. le Curé de Berthier n'a pas le Aroit de dire à son paroissien, vous ne pouvez faire vos pâques, si vous votez pour un tel candidat. Cét avertissement du Curé qui n’est que l’accomplissement rigoureux de son devoir, esi jugé une menace tellement grave, qu'slle intimide ce paroissien au point de nuire à sa liberté, et de l'empêcher de voter comme il le veut. Cet avis est une violation de la loi civile qui veut que le voteur soit laissé libre dans son choix !

Mais M. Robillard et les autres électeurs du comté ignorent cet avertissemént, et ils n’ont aucun contrôle possible sur cet acte du curé ? Cela n'y fait rien.

La liberté du paroissien averti par son Curé qu'il ne pourra pas faire ses pâques s’il vote pour M. Sylvestre, est dans un danger si grand qu'il faut à tout prix la sauver ! Faudra-t-il pour cela annuler les votes de tout le comté ? On les annul-

lera ! Faudra-t-il dépouiller de son mandat le candidat légitimement élu, et lui faire payer 4 ou 5 mille piastres de frais ?

On le fera! Faudra-t-il faire encourir au gouvernement tous les frais d’une nouvelle élection et jeter un comté dans tous les troubles qui l'accompagnent ? On le fera ! Faudra-t-il faire imprimer et distribuer à grands frais un pamphlet mensonger pour décrier les Curés du comté, les ruiner dans la confiance de leurs ouailles, et les couvrir de mépris à la face du pays ? On le fera ! Faudra-t-il qu’une cour civile donne le spectacle ridicule d’une discussion théologique pour savoir où commence et où finit la confession ?

Elle le donnera !! Et tout cela pour la prétention ridicule de sauvegarder la liberté de quelques électeurs qui n'est nullement en danger.

Ce sont là sans doute de bien graves et de bien tristes conséquences, mais qui découlent inévitablement du faux principe de l'extension de la loi civile au domaine religieux et spirituel, comme on vient de le voir dans la contestation de l'élection de Berthier. Le jugement a annulé cette élection pour cause d'influence spirituelle indue, ayant gêné la liberté des électeurs.

Le comté consulté sur ce fait dans une nouvelle élection, a répondu par une majorité plus grande que jamais, que l’influence spirituelle du Clergé n'avait en rien géné sa liberté.

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