‹ L'influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile [microforme] (volume 3)Chapitre 13 sur 24 · LS · texte numérisé non relu

LS

vol et le meurtre, et ceux qui le soutiendraient mettraient leur salut en danger.

Mais l'honnêteté et la sensibilité ne peuvent rien contre les lois inexorables de la logique. L'intelligence humaine en admettant un principe faux en admet nécessairement les conséquences. C’est ce ue sa belle intelligence démontre quand i dit dans le même endroit, raisonnablement il n'y a pas d'influence indue à s'opposer à l'abolition des préceptes du décalogue, mais légalement il y en a ! !

Heureuse l'intelligence qui vient à s’apercevoir de la fausseté d’un principe u’elle avait d’abord cru vrai par l’absurité des conséquences qui en découlent, et qui révôltent les cœurs honnêtes. C’est ce que l’on appelle la démonstration &b absurdo ! Nous remercions l’Honorable président de nous avoir ainsi démontré l’absurdité de l’omnipotence de la loi humaine qui conduit dans le cas présent à déclarer légalement, coupable d'influence spirituelle indue, le prêtre qui s’opposerait par le refus des sacrements à l'élection d’un candidat qui voudrait abolir les préceptes du décalogue contre le vol et le meurtre.

L'histoire est là pour nous redire que c'est sur ce principe absurde du pouvoir

illimité de la loi humaine que se sont appuyés tous les despotes pour tyranniser leurs peuples, et que le mal a été sans remède quand les magistrats se sont crus obligés, en vertu de leur serment d'office, et au nom de Dieu d’obéir aveuglément et comme des automates à la légalité de ces lois et statuts iniques, et d’en ordonner l'application quelque révoltante qu'elle füt. C'est en vertu de ces principes absurdes que Nabuchodonosor et Néron défendaient sous peine de mort par leurs décrets impies et sacriléges d’adorer le vrai Dieu et ordonnaient de même de rendre le culte divin aux idoles. Leurs juges non moins coupables, se croyaient obligés par leur serment d'office, à faire jeter Daniel dans la fausse aux lions, crucifier St Pierre et décapiter St Paul par respect pour la légalité de ces décrets ! !

Non, la loi humaine n’a pas un pouvoir illimité, et ia première condition pour qu’elle mérite le nor de loi,c’est qu’ellesoit juste, et conforme à la loi naturelle et à la loi divine, dont elle ne peut être qu’une application déterminée. “ Si la loi humaine, ‘“ dit l’auteur des institutes du droit natu- ‘“ rel, prescrit quelque chose de déshou- “ nête, elle est nulle de plein droit, par l'autorité supérieure de Dieu qui défend

Fe

“de faire ce qu’elle commande. Les “ païens eux-mêmes connaissaient cette “ vérité, et Cicéron disait qu’une loi hu- “ maine qui ordonnerait quelque chose “ d’opposé à la loi naturelle et divine, ne “ mériterait pas plus le nom de loi que “les compiots des briands.” Inutile de dire que les théologiens catholiques enseignent unanimement cette vérité que la loi humaine doit être juste et conforme à la loi de Dieu, qu’une loi injuste ne:

peut obliger ; qu’elle est, par!le fait même de son opposition à la loi de Dieu‘radica-

lement nulle, et ne mérite pas le nom de loi. En conséquence le juge n’a pas plus le droit de l'appliquer que le Souverain de la décréter. “ Par moi les Législateurs font les lois justes, et les hommes revé-

tus du pouvoir administrent la justice. ” (Prov. VIII 15)

Page 1