EXAMEN DE L’EXPOSÉ DU CAS PROPOSÉ
Nous devons sans doute prendre le cas tel qu’il est proposé, et en donner la solution démandée. Mais avant que de donner cette solution, il sera utile d'en étudier l'exposé, et de mettre un peu en lumière ce qu'il laisse dans l'ombre.
Nous dirons d'abord que ce cas ne s’est pas encore présenté dans le pays, et qu'il ne s'y présentera jamais, nous en avons, la confiance. Nous admettons qu'à la vérité il est dans l’ordre des choses possibles, mais nous ne croyons pas qu’il soit dans l’ordre des choses probables.
En effet il n’est point probable, que tout un collège électoral, composé d'hommes honnêtes que tous les prétres de ce comté, avec leur évêque en tête, s'entendent ensemble pour repousser injustement, un candidat honnête et bien qualifié pour promouvoir et défendre dans la législature leurs intérêts religieux et civils, comme le demande le 4ième concile de Québec ! Il est évident qu’un tel
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as est purement hypothétique, et nullement probable.
Il faut donc que ce candidat se fasse illusion, et qu'il ne soit pas aussi bien qualifié aux yeux des électeurs qu'il le croit lui-même. 11 faut donc aussi que les prêtres de ce comté, pour en venir à forcer leurs paroïissiens par les moyens spirituels à leur disposition, à voter contre ce candidat, aient jugé comme les électeurs, qu'il n'a pas Îles qualifications voulues pour faire un bon député. Il faut donc enfin que l'Evéque lui-même qui n’a pu se rendre à la demande de cet infortuné candidat, d'obliger ces prêtres à réparer le tort qu'ils lui ont fait, en forçant les électeurs à voter contre lui, ait jugé comme les électeurs et les prêtres de ce comté, que ce candidat n'était pas duement qualifié qour faire un bon représentant, Voici donc à quoi se réduit le cas en question d’après l'exposé même qui en est fait : un candidat malheureux se croyant parfaitement qualifié pour faire un bon représentant, (et quel candidat qui ne se croit pas ainsi qualifié !) se voit repoussé 1° par les électeurs 20 par les prêtres du comté, 30 par l'évêque, qui tous le jugent mal qualifié, ne peut s'expliquer comment il se fait que ces trois
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juges,électeurs,prètres et évêque, ne voient pas, du même oeil que lui mn aptitudes, les capacités et toutes les qualifications qu’il croit avoir pour être un Député prop'e à faire l'honneur et le bien du comté auquel il offre ses services. Dans sa mauvaise humeur, il pense que tous, électeurs, prêtres et évêque se trompent et que lui seul a raison ; il va même jusqu'à croire. qu'ils sont de mauvaise foi, que les électeurs n'ont pas obéit aux injonctions de leurs conciences en suivant la direction de leurs pasteurs, que les prêtres du comté ont été infidèles à leur minis- \ère sacré et qu'ils ont forcé injustement les électeurs à voter contre lui et que l’evêque qui a refusé d'admettre les conclusions de son plaidoyer, lui a fait un déni de justice qui ne lui laisse plus d’espoir dans le recours aux tribunaux ecélésiasti-
ques.
Voilà comment nous comprenons ve cas de conscience, d’après les données mêmes qui en sont exposées.
Cependant M. I. O. David, suppose que ce candidat qui croit ainsiavoir raison contre tous, a véritablement raison, et que les électeurs, et les prêtres du comté et l’évêque du diocèse, l'ont réellement traité avec injustice, 11 demande comment
ce candidat pourra Obtenir Ja réparation du tort que les prêtes du comté Ini ont fait en forçant les électeurs à Voter contre lui ?