SOLUTION
Nous le répétons nous devons prendre le cas tel qu'il est posé et lui donner Ja solution demandée, Or rien n’est plus facile. Nous la trouvons clairement donnée par les Evêques de la rovince dans leur lettre Pastorale du 22 Septembre 1875. Voici ce que nous y lisons :
“ L'on objectera Peut-être que le prêtre
“ dre d’un ministre de l'Eglise, ce n’est ” Pas au tribunal civil qu’il doit le citer, |
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“ mais bien au tribunal ecclésiastique, ” seul compétent à juger la doctrine et les “ actes du Prêtre,
Voilà donc un Premier point très im- Portant décidé, dans le cas qu1 nous occupe ; C'est que le mal dont se plaint le candidat en question a son remède dans la société religieuse, et non dans la société civile. Cette décision des évêques dé- ’oule évidemment de la nature même de l'Eglise que son divin Fondateur à constituée sous forme de société parfaite en elle-même distincte et indépendante de la société civile, Ces principes, M. L,. O.
David ne les conteste pas ; 1l les admet sans doute avec la même conviction que nous. Mais ce qui l'embarasse, c’est l'efficacité des moyens dont l'Eglise dispose pour les appliquer dans la pratique et rendre justice au candidat qui se plaint, et qui vient demander réparation de l’in- Justice que les prêtres du comté ont commise à son égard,
Voici ce que disent les mêmes évêques sur ce point ; “ Une société ne peut sub- ‘ sister si elle n’a des lois, et par consé- ‘“ quent des législateurs, des juges, et une “ puissance propre de faire respecter ses “ lois ; l'Eglise a donc nécessairement ‘reçu de son Fondateur, autorité sur sus
“ enfants pour maintenir l’ordre et l’uni- “té, Nier ceite autorité, ce serait nier la \} “ sagesse du Fils de Dieu. ”
Il y a donc dans l'Eglise tout ce qu'il faut pour rendre justice à ses enfants laiques comme prêtres, et le remède que cherche M. L. O. David se trouve donc dans l’ordre religieux comme dans l’ordre civil, c’est-à-dire en remontant d’un tribunal à l’autre jusqu’au tribunal supréme et final qui est le Pape dans l'Eglise et le Souverain dans l'Etat. Les juges des cas de conscience dans l'Eglise sont 10 Le Curé dans sa paroisse. 20 L’Evêque dans son. diocèse, 30 L’Archevêque dans sa province 4o Le Pape dans Panitors entier. Il est le juge suprème et infaillible en tout ce qui se rattache à la foi et aux mœurs.
Nous disons donc à M. L. O. David, si le candidat en question croit que les Curés du comté lui ont fait tort, et qu'ils ont forcé injustement les électeurs à voter contre lui ; que l’évêque du diocèse a refusé à tort de lui rendre justice, qu’il s’adresse au tribunal de l’Archevêque, et s’il le faut qu’il porte sa plainte jusqu’au tribunal du Souverain Pontife ; là il a la 1 certitude de trouver infailliblement la justice.
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N'est-ce pas ainsi que procèdent les citoyens dans l’ordre civil ? Quand ils se croient lésés devant les tribunaux de lère et 2è instance, ne vont-ils pas demander la justice qu'ils croient leur être due aux tribunaux supérieurs et méme jusqu'au conseil privé de la Reine, qui lui sans être infaillible, est cependant regardé comme tel en fait, attendu qu'il n'existe pas de tribunal supérieur pour constater qu'il s’est trompé.
S'il y a une différence entre ces deux ordres de tribunaux,elle est toute en faveur des tribunaux, ecclésiastiques ; c’est que le recours y est plns facile, plus expéditif, et surtout moins dispendieux.
Et quand l'affaire est portée au tribunal suprême les intéressées ont la certitude que la sentence rendue en dernièr ressort est infailliblement conforme aux règles de la justice, tandis qu'au conseil privé du Souverain il faut qu'ils l’'admettent en fait sans en avoir la certitude.
Aïnsi l'Archevéque, et au besoin le Pape déciderontsûrement le cas de ce candidat malheureux ; s'ils décident que les prêtres du comté n'ont fait que leur devoir en forçant par les peines spirituelles les électeurs à voter contre lui, ce qui peut arriver en certains cas, comme l'ont
solennellement déciaré les Evêques, il devra accepter avec sonmission ce jJugement et s'en tenir Jà étant assuré qu'il s’est fait illusion et qu'il s’est trompé. Si eu contraire l’Archevéque ou le Pape décident que ces Curés et l'Evêque ont manqué à leur devoir, que le candidat soit tranquille, ils sauront bien trouver le moyen de leur faire réparer le tard injuste qu'ils lui auront causé.
Telle est Ja solution qu'il convient de donner au cas proposé. Nous ]a eTovons Conforme aux principes de l'Eglise et Par conséquent de la justice et du bon sens,