‹ L'influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile [microforme] (volume 3)Chapitre 23 sur 24 · SECOND CAS · texte numérisé non relu

SECOND CAS

* Comment l'Evêque, lors même qu'il “ le voudrait, pourait-il forcer ses prêtres “À réparer le tort causé à ce candidat, à “Jui donner Je siége dont ils l’auraient “privé par des moyens injustes,

Ce deuxième cas est un corollaire du Premier. Il suppose que l’'Evêque a admis les conclusions du plaidoyer que le candidat malheureux à fait devant son tribunal, et qu’il a reconnu en fait que les prêtres du comté ont fait perdre in-

justement à ce candidat Je siège que le vote des électeurs lui aurait donné, si ces électeurs n'avaient Pas été forcés injustement par ces prêtres à voter contre lui.

M. L. O. David semble croire que le tribunal ecclésiastique n’a aucun moyen de réparer ce mal : et i! nous demande de lui faire connaître comment l'évêque Pourra forcer ses prêtres à restituer au Candidat malheureux le siège qu'ils lui ont fait perdre injustement par leur faute.

Examinons d’abord comment le prêtre peut agir sur l'électeur, gêner sa liberté, et le forcer à voter contrairement à son devoir.

Dans l'étude que ons venons de faire sur l'influence spirituelle indue, nous aV9nS Vu qu'il y a une distinction bien importante à faire dans les actes du prêtre, lorsqu'il agit comme citoyen et lorsqu'il agit comme ministre sacré, ce sont les actes civils, ou du prêtre agissant en sa qualité de citoyen, et les actes sacerdotaux, ou du prêtre agissant en £a qualité de ministre sacré. Les premiers étant des actes que le citoyen laïque peut accomplir Comme le citoyen prêtre, peuvent tomber par leur nature sous Ja juridiction des tribunaux civils, sauf ce que l'Eglise

prescrit en pareil cas Ponr sauvegarder limmunité personnelle du prêtre. L'Evêque quand il y a des raisons permet facilement aux fidèles de soumettre ces açtes civils du prêtre au jugement des : tribunaux civils qui les décident alors coMmme ceux des autres cito ens. Ilne saurait donc y avoir de diféeulté en Ce Cas.

Par exemple si les prêtres du comté avaient offert de l'argent aux électeurs pour les engager à voter contre le candidat malheureux, l’évêque l’autoriserait facilement sans doute, après avoir constaté le fait, à les citer devant le tribunal civil pour en obtenir la justice et la protection que la loi civile lui accorde.

Nous sommes heureux d’avoir à cons-

tater ici un fait bien honorable pour. le Clergé de la Province : cest, que dans toutes les poursuites passionnées, dont il a été l’objet au sujet des élections, ses adversaires les plus décidés n'ont jamais pu prouver contre lui une violation de loi dans ses actes Comme citoyen Tous sont

donc forcés de reconnaître que les. prêtres sont de bons citoyens, fidèles observateurs

de la loi civile,

Les seconds sont les actes que le. prêtre :

accomplit en sa qualité de ministre;sacré, et que les laïques sont dans: l’impossibi-

seen

lité défaire, Parce que ces actes requièrent le caractère sacerdotal dans celui qui Îles

Pouvoir civil qui ne S'étend qu'au domaine temporel. : Jimais l'Eglise ne

ment dés tribunaux Civil, qui sont radi:

calement incompétents à les juger. Cost sans doute l'inflûence de ces actes Sacerdotaux sur lés électeurs qui embarrässe

EL. O. David qui Ctoit par erreur ue cétte influence peut quelquefois détrüire

temetit à voter contre leur Conscience.

Qu'il se rassure, il n’en est rien ; l’oppres-

ut Contraindre Personne à être où à demeurer Catholique. Mais, di.

ra-ton, les prêtres peuvent quelquefois abuser de leur ministère-sacré, et suscitér mal-à-propos dans la Céuscience des fi.

dèlés parles Menaces des Peinés $spiri:

tuèlles ‘et des Jügements de Dieu dés craintes ét térrénrs qu Jeux tent morale-

ment leur liberté! On peut encore se rassurer sur ce chapitre, l'Eglise est la plus parfaite de toutes les sociétés, et elle a des règles sagement établies pour maintenir les prêtres comme les simples fidèles dans le juste accomplissement de leurs devoirs, et notamment sur les élections. Voici en effet ce que nous lisons dans le 4ième concile de Québec sur ce point. Les Pères de ce concile après avoir rappelé aux pasteurs l'obligation de s'opposer aux désordres des élections et leur avoir tracé la ligne de conduite qu'ils doivent suivre en ces circonstances diffciles, ajoutent : ‘“ Que les Pasteurs com- “ me de fidèles ministres de Jésus-Christ ‘ enseignent ces devoirs (des élections) à “ leur peuple ; qu'ils insistent sur ces “ devoirs en toute charité et patience - “ mais qu'ils s’en tiennent là ; et qu'ils ‘ n’aillent pas plus loin, dans les circons- “ tances ordinaires. Et s’il survient quel- ‘“ ques circonstances particulières et ex- “ traordinaires, qu'ils se gardent bien de “ ne rien entreprendre sans consulter l’E-

“ vêque. ”

LS

Si donc il arrive que quelque fidèle

trouve que son Ouré tombe dans l’exagération, quil dépasse les limites qui lui sont tracées. ou qu'il soit trop sévère, et

Page 1