‹ L'influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile [microforme]Chapitre 28 sur 33 · RAISON DE CETTE PROFESSION DE FOI · texte numérisé non relu

RAISON DE CETTE PROFESSION DE FOI

Un savant abbé, ami du journal libéral de Québec, l'Electeur, a été scandalisé de ce qu'en parlant du Pape, nous avons dit: “ Il est le juge Suprême et infaillible en tout ce qui se rattache à la foi et aux mœurs.” Ce savant abbé n'a pas hésité à déclater que c'est là “ une erreur théologique qui consti- “ tue une “grosse hérésie.” L'erreur se trouve, prétend-il, dans les mots ‘Juge infaillible,” quitendent à dire que le Pape est infaillible en tant que “ juge.” Selon sa doctrine “ le Pape est juge en dernier res- “ sort, et ses décisions doivent être obéies comme “ celles de tout tribunal suprême. Mais l'Eglise “ n’a jamais dit que le Souverain Pontife ne peut se * tromper dans ses décisions. ”

Ce grand théologien après avoir ainsi décidé ex cathedra que nous sommes tombé dans une “ grosse hérésie,” charge son ami, le rédacteur de la feuille libérale, de relever cette erreur : il l’assure qu’en co faisant, il lui fera plaisir, et qu’: rendra service ‘à la religion. |

Ayant ainsi pourvu à la sûreté de la doctrine et au bien de la religion, il nous administre une cor-

LLIBI-

rection fraternelle avec une charité véritablement, libérale. “ Il y a, dit-il, des gens qui croient se mon- “ trer bons catholiques en exagérant les prérogatives, “ du Souverain Pontife, en lui donnant l’infaillibilité: ‘ pour toutes sortes de choses, et en mettant cette. “ infaillibilité à Zoutes les sauces. Ils confondent l'in- “ faillibilité avec l'impeccabilité, avec l'inspiræ “tion, etc. Tout cela, continue-t-i], est déplorable. “et fait un mal infini à l'Eglise. Ce sont ces exa- “ œérations dues à l'ignorance de gens d’ailleurs “ bien intentionnés qui fournissent leurs meilleures, “ armes aux adversaires de linfaillibilité : il est fa “ cile d’en prouver le ridicule, et chez ceux qui les, “ prennent pour la vraie doctrine, ce ridicule retom- “ be sur l'Eglise.”

Après une démonstration aussi péremptoire de notre erreur par le savant abbé, le rédacteur de là, feuille libérale déclare que n'étant pas théologien, ik n'aurait pas osé se risquer à traiter une question, aussi délicate ; que pour se rendre au désir du sa vant abbé, son ami. il n’a rien de mieux à taire pour. la relever que de publier la partie de sa lettre qui dénonce cette grosse hérésie. (L'Electeur du 25 janvier 1881).

C’est ainsi que l’on entend la doctrine catholk que sur l’infaillibilité pontificale dans le camp libéral ! C’est ainsi que l’on y pratique la charité chrétienne à l'égard des pauvres ignorants qui essaient dans leur bonne volonté de défendre, à la suite de. leurs Evèques, la liberté de leur Mère la Sainte Eglise,menacée jusque dans ses droits les plus sacrés : à: prédication de la parole de Dieu et l'administration des sacrements !

Quand nous avons commencé ce travail sur “l'influence spirituelle indue ” pour la défense du Clergé, et la revendication de la liberté pleine et entière à laquelle les Curés et autres prêtres, ayan$

charge d'âmes, ont droit dans l'exercice de leur saint ministère, nous étions loin de penser que la première attaque nous viendrait d’un abbé auquel l’Electeur donne le titre de curé, et sous une forme aussi inconvenante, et un fond aussi erroné.

Nous avions d’abord pensé à ne lui donner que la réponse du silence. Mais comme les prétentions de ce savant abbé dénotent une complète igorance sur la question de l’infaillibilit: pontificale, nous avons cru qu'il valait mieux profiter de cette occasion pour sisnaler la gravité du virus libéral qui infecte un certain nombre d’esprits en cette province, et qui a pénétré même jusque dans les rangs du sanctuaire, comme on le voit par cet abbé. Nous pensons de plus qu’il pourra être utile à plusieurs d'exposer clairement, mais brièvement, l’enseignement des théologiens catholiques les plus autorisés sur ce point fondamental de la doctrine de l'Eglise. Tellés sont les raisons qui nous ont engagé à formuler là présente profession de toi sur l’infaillibilité du Souverain Pontife.

IT

Page 1