DUITE DU SAVANT ABBÉ
Avant d'examiner la doctrine erronée de ce savant abbé sur l'infaillibilité pontificale, il ne sera pas inutile de constater l'oubli complet qu’il a fait des règles disciplinaires données par les Evêques de la Province aux écrivains et à la presse catholique dans
le Ve. concile provincial, et leur Lettre Pastorale du 22 septembre 1875.
Au commencement de leur décret sur les écrivains catholiques, page 65 et suivantes, ces Prélats exhortent les écrivains catholiques à défendre les
saines doctrines quand l’occasion s’en présente, et ils citent à l'appui de cette direction un long extrait de l’encyclique “ Znter mulliplices,” dans lequel Pie IX fait voir les services que ces écrivains rendent à la cause de l'Eglise, et où il les recommande à la bienveillance et à la protection des Evêques. “ Votre ‘ charité, dit ce grand Pape, et votre sollicitude ‘ épispcopale devra donc exciter l’ardeur de ces écri- ‘vains catholiques animés d’un bon esprit, afin “ qu'ils continuent à défendre la cause de la vérité ‘“ catholique avec un soin attentif et avec savoir ; que si, dans leurs écrits, il leur arrive de manquer “en quelque chose, vous devez les avertir avec des ‘ paroles paternelles et avec prudence.” Puis ces Prélats donnent aux écrivains religieux les règles pratiques qu’ils doivent suivre pour se conformer aux vues du grand et St Pape Pie IX.
Ces règles, les mêmes Prélats les résument comme suit dans leur lettre pastorale du 22 septembre 1875, en encourageant de nouveau ces défenseurs des droits de l’Église. “Honneur et gloire, disent- ‘ils, à ces écrivains catholiques qui se proposent “ avant tout de propager et de défendre la vérité ; qui “ approfondissent avec un soin scrupuleux les ques- “ tions importantes qu’ils sont appelés à traiter ! “ Mais que répondront au Souverain juge les écri- ‘ vains pour qui la politique telle qu’ils l’entendent,
“ c'est-à-dire, l'intérêt de leur parti, est la règle su- “ prême; qui ne tiennent pas compte de l'Eglise ; ‘“ qui voudraient faire de cette Epouse du Christ la ‘ vile esclave de César ; qui négligent ou même ‘“ ménriser, les avis de ceux que Jésus-Christ a char- “ gés ‘. .Aseigner les vérités de la religion ?”
Ce sont ces tendances funestes que nous nous sommes appliqué à combattre, dans ce que nous avons écrit sur l'influence spirituelle indue ; c’est pour revendiquer et faire respecter la pleine et en-
tière liberté de] exposé clairement et affirm %Tibles à se régir et 08, puisqu'elle même et indépendante.
n'avons voulu que més par le grand et direction donnée aux écri Evêques de Ja province, oici comment ces lettre Pastorale les devoirs cés d
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Le savant abbé, dans son zèle mis de côté le Précepte évangélique de la correction fraternelle » Au lieu de nous reprendre chariablement et en secret, OU au moins en Présence de quelques témoins seulement, et de nous dénoncer à Eglise en cas de résistance, i] trouve plus exXpé« ditif de nous dénoncer publiquement Par la voie de Ja Presse en nous calomniant, et de Charger le rédacteur laïque d'une feuille libérale de nous conaincre dans Son journal d'erreur théologique, et de Brosse hérésie ! !
out cela peut Convenir à la tactique libérale et passer même Pour de l’habileté dans ce Camp, Puisque c’est un Moyen de détourner l'attention du sujet principal quiest l'influence spirituelle indue ! ais aux yeux des enfants respectueux et soumis de l'Eglise, tout cela est indigne du Caractère sacer. dotal, indigne du respect et de la soumission pro- Mis par le prêtre à l'autorité de son évêque au jour e Son ordination.
2 ces règles de prudence et de charité don-
êques e la Province, dans leur Concile et leur Lettre pastorale. obligent encore plus les prêtres que
indiscret, a même
les simples fidèles, à raison de Ja Salnteté de leur état et du
bon exemple qu'ils doivent donner au peuple chrétien.
DÉFINIR, C'EST METTRE FIN PAR UN JUGEMENT, ou C’EST JUGER EN DERNIER RESSORT.
Le savant abbé aurait mieux fait Sans doute, de
aux adversaires de Ja liberté de l'Eglise, mais plutôt de Joindre
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les Evêques de la province de Québec, en faveur des droits 1mprescriptibles de l'Eglise, et de la liberté du culte catholique, si gravement compromise par l'interprétation étrange donnée à la loi de l’influence indue. Nous regrettons sincèrement l'attitude inexplicable qu'il a prise dans une question qui touche de si près à nos plus chers intérêts religieux.
Voyons maintenant, s’il entend mieux la doctrine qu’il n’observe la discipline !
Nous avons dit en parlant des tribunaux ecclésiastiques : “ Les juges des cas de conscience sont ‘“1o Le curé dans sa paroisse ; 20 L’Evèêque dans “son diocèse ; 30 L'Archevêque dans sa province ;
- 40 Le Pape dans l'univers entier. Il est le juge
Supréme et infaillible en tout ce qui se rattache à la
Joi et uux mœurs.
C’est cette dernière proposition qui a blessé la
scrupuleuse orthodoxie du savant abbé. Il y a trou-
vé une erreur théologique qui constitue une grosse hérésie ; et il dit que “ cette erreur théologique se “ trouve dans les mots, juge suprême et infaillible, ” qui tendent à dire que le “ Pape est infaillible en “ jant que juge. ” Et après avoir ainsi condamné cette proposition avec toute l'assurance d’un juge convaincu de sa compétence, il se pose en Docteur, et il déclare que le Pape est juge en dernier ressor!, et
ue ses décisions doivent être obéies comme celles
e tout autre tribunal suprême ; mais que l'Eglise n'a jamais dit que le souverain Pontife ne peut se tromper dans ses décisions. Pour toute preuve d’une doctrine aussi téméraire, il se contente de
- citer le passage suivant de la constitution de l’in-
faillibilité pontificale qui enseigne précisément le contraire : “ Voici dit-il, le seul cas dans lequel le “ pape est infaillible : c’est quand il parle ex-cathe- “ dra, c'est-à-dire, lorsque dans l’accomplissement de “ son office de Pasteur et de Docteur de tous les
il Er
devant être tenue par l'Eglis
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