‹ L'influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile [microforme]Chapitre 3 sur 33 · L'IMMUNITÉ ECCLESIASTIQUE · texte numérisé non relu

L'IMMUNITÉ ECCLESIASTIQUE

L'Immunité Ecclésiastique ! À ce seul mot d'Immunité Ecclésiastique, nous entendons de nombreuses voix se récrier, et demander : “ Pourquoi ce “ favoritisme envers les Prêtres catholiques ? Pour- “ quoi ces priviléges qui soustraient leurs personnes, “ leurs actes et leurs biens à la juridiction des tri- “ bunaux civils ? Les Prêtres ne sont-ils pas citoy- “ ens comme tous les autres sujets de l’Etat ? Pour- “ quoi ne pas les traiter sur un pied d'égalité avec “ eux ? Si les Cours ordinaires ne peuvent juger les “ Prêtres, qui donc les jugera ? etc...” Assez Messieurs, assez, arrêtez un instant.

L'Immunité Ecclésiastique n’est pas la seule qui existe et qui a toujours existé dans tous les pays civilisés, même sous les gouvernements constitutionnels modernes. N’avez-vous pas l’immunité parlementaire et sénatoriale ? L’'Immunité judiciaire et militaire. ? Les Députés de la nation, les Conseillers et les Sénateurs. en vertu de leurs fonctions législatives, n’ont-ils pas des priviléges très-étendus,

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qui les soustraient comme tels, à l’action des tribunaux ordinaires. Les soldats et les officiers n’ont-ils pas leurs cours martiales ? La magistrature elle mème, n’a-t-elle pas tous les priviléges nécessaires devant la loi civile, pour lui permettre de remplir sans obstacles les hautes fonctions qui lui sont confiées ? Enfin les ministres eux-mêmes de ces gouvernements et les souverains, ne sont-ils pas protégés par l’Immunité la plus étendue, et ne jouissentils pas de tous les priviléges possibles ? La constitution britannique ne reconnait-elle pas son Souverain comme légalement impeccable et infaillible ? Pourquoi ne pas traiter ces différentes classes de citoyens sur un pied d'égalité avec les autres citoyens ? Cependant personne ne trouve à redire contre cet ordre de chose qui a sa raison d’être dans la nature même de la société. N'y aura-t-il que l’Immunité sacerdotale, la plus sacrée et la plus nécessaire de toutes, qui ne trouvera pas grâce devant le niveau égalitaire de l'esprit révolutionnaire ? Nous le demandons, d’où peut venir cette antipathie, et cette opposition constante à l’'Immunité religieuse, de la part même de bons catholiques d’ailleurs ?

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