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reconnaîtrions non seulement son temps, mais le nôlre. Quand Lite « Le talent rampe et meurt s’il n’a des ailes d'or
Ou vendant ses vertus, rare et noble trésor, Lève un front couronné de gloire et d’infamie. »
C’est une descriplion qui nous est familière. Et il n’est pas besoin de rappeler l'importance de l'argent pour les artistes ou les savants. Nous quêtons aujourd’hui pour les laboratoires. Mais nous savons qu'il y à peu de découvertes qui se font ou d'œuvres d’art qui naissent hors du calme, au milieu des soucis de la vie. Nous savons aussi l'importance des bassesses et de l'intrigue dans l'attribution des places et des titres.
« Parlerai-je d'Iris? Chacun la prône et l'aime;
C'est un cœur, mais un cœur... C’est l'humanité même. Si d'un pied étourdi quelque jeune éventé
Frappe en courant son chien qui jappe épouvanté,
La voà qui se meurt de tendresse et d’alarmes.
Un papillon souffrant lui fait verser des larmes.
Il est vrai; mais aussi qu’à la mort condamné
Lalli soit en spectacle à l’échafaud traîné,
Elle ira la première à cette horrible fête
Acheter le plaisir de voir tomber sa tête. »
On croirait que Gilbert a fait le portrait d'un adversaire de la vivisection. Et ceci :
« Qui bâmerait ces nœuds? L’hymen n’est qu’une mode, Un lien de fortune, un veuvage commode,
Où chaque époux, brûlé d’adultères désirs
Vit sous le même nom, libre dans ses plaisirs. »
Dorat, qui ne devait pas avoir l'humeur {riste, lui, exprime la même pensée, mais en prose : «Le mariage n’est autre chose qu'un contrat illusoire, rédigé par un notaire, ratifié par un curé, entre deux personnes qui s'unissent pour ne point vivre ensemble. »
11 ne faudrait pas croire non plus que Gilbert parle à tort chaque fois qu'il parle de sa misère, pas plus que lorsqu'il se plaint de ses ennemis. Il eut des déboires. Son Poète malheureux et son Ode sur le Jugement Dernier méritaient mieux que leur insuccès complet aux concours de l'Académie. Qu'on
s’en rende compte en les lisant. I] parle de ses ennemis : mais il avait des ennemis el qui ne le laissaient pas toujours lranquille. «Les philosophes le persécutent, éerit Mme Louise de France à Vergennes en sollicilant une pension pour lui. «Les philosophes lui suscitèrent une persécution qui l’obligea de disparaître pour quelque temps...» avons-nous déjà lu dans une leltre du chanoine Fernet. « Ce témoignage Jui devenant nécessaire pour confondre des personnes qui l'ont noirei dans l'esprit des gens en place; nous le lui donnons tel que nous le ferions de vive voix devant ses ennemis », lira-t-on plus loin dans un certificat de bonne conduite le concernant, Quant à sa misère matérielle, il est impossible de Ja mettre en doute pendant {oute une période de sa vie. Avant qu'il obtint, en 1778, une pension du Ministère des Affaires Etrangères, il fut véritablement dans la gêne, peut-être plus. Il est bien facile de s’imaginer que l’aisance d’une famille paysanne est une maigre ressource pour vivre en ville. D'ailleurs, on n’en douta pas de son temps : Salmon écrit que Mme Mandel, pendant qu'il était reçu chez elle à Nancy, où son mari lui avait donné le vivre et le couvert, «prévoyante et sensée, qui l’entourait d'une sollicitude vraiment malernelle, s'inquiétait cependant d’une vie qui ne semblait aboutir à aucune issue. — Au lieu de clabauder vos vers du matin au soir, tâchez donc, disait-elle familièrement au poète, de vous faire un état; assurez d'abord votre existence, vous userez ensuite de votre temps comme il vous plaira. » Ces paroles rappellent celles qu'il a mises dans la bouche de son père et qu'il fait adresser au Poète malheureux :
« Mon fils, crois-moi, mon fils, sors de {on indigence Et vers la gloire alos dirige tes travaux. »
La pension qu'il obtint, les rentes qu'on lui fil, les aurailils obtenues sans avoir été dans le besoin? Le témoignage des contemporains vient à l'appui : «La séduclion es! d'autant plus à craindre qu'il est dans la misère », explique Mme Louise de France à Vergennes. Un certificat déjà nomme l'affirme « conservant dans la plus affreuse indigence la noblesse qui sied à l’homme d'honneur ». D'ailleurs, certains cris de misère, la façon dont il expose celles-ci sont encore des témoignages si l’on ne veut pas le croire sur parole. « Le
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plus faible relard dans vos secours peut les rendre inutiles », a-t-il écrit à d'Arnaud, du Collège de Rheims. Six mois avant, on sentait sa gêne dans une autre leltre : «Je vous prie de me rendre un service, il est en votre pouvoir. d’ai un roman, intitulé Histoire des Malheurs causés par le Préjugé, ouvrage qui pourra devenir considérable si la fortune et l'indulgence du publie me permettent de le continuer. Il peut former environ deux petits volumes maintenant. J'ai déjà vu plusieurs libraires, mais comme il est écrit dans le livre des Destins : «Gilbert, tu seras toujours jugé avant d’être entendu, et les «obstacles s’accumuleront sur tes pas à mesure que tu les «surmonteras », ces messieurs m'ont toujours refusé. À l’ombre de votre protection, il vous est aisé de me le faire vendre... J'ai formé le projet de continuer mon Abel. J'ai deux mille vers faits. S'il vous paraît plus facile de m'en procurer la vente que de trouver un arrangement pour l’autre ouvrage, vous ferez ce que votre cœur vous dira pour moi, et certainement vous me rendrez un service plus grand que ceux dont vous m'avez honoré jusqu'à présent.» Ce n’est pas de la gloire qu'il attend ici de ses ouvrages, mais l’argent, et cel argent doit vérilablement lui manquer pour que la façon de l'obtenir lui soit indifférente. Plus lard, après la publication de sa satire sur le Dir-huitième siècie, il en envoyait un exemplaire à Palissot, et la lettre qui l’accompagnait contient ces lignes : «Je sens bien maintenant, plus que jamais, que c'est la gloire que j'aime et non l’argent, Permettez-moi de vous rappeler cependant que vous avez bien voulu me promettre d’en placer quelques exemplaires. Non, l'intérêt ne me touche point; mais je ne suis pas riche : mais ces Tyrans du public, ces Pandours philosophiques peuvent nuire au début de ma pièce, et ils le feront certainement. J'attends tout des personnes qui m'honorent d'un tendre intérêt. Vendons celte édition; je vous promets, comme un écolier aux pieds de son maître, de faire mieux une autre fois. » C'est le même appel douloureux que dans la lettre à d’Arnaud. Non, Gilbert n'était pas riche. Il n'était pas un gueux, mais il a certainement connu la gêne, et la grande gêne. Avec tous +: ennuis, son penchant aux idées noires a dû s'affirmer, se fortifier s’il n’a pas été créé presque entièrement par eux, ce qui serait un paradoxe, On a démontré, pièces en mains, qu'à
l’époque de sa mort il n’était plus dans le besoin. Figuronsnous un jeune célibataire de nos jours avec vingt mille francs de revenus à 29 ans. C’est une situation assez désirable. C'était à peu près celle de Gilbert en 1780, avec ses 2.200 livres de revenu viager. On en à conelu que ce n'étail pas la misère qui l'avait mis à l'hôpital et l'y avait fait mourir. La chose présentée de cette manière, évidemment non. Mais, en 1780, quand Gilbert tomba malade, il n'y avait pas dix-huit mois qu'il était sorli du besoin et sa misère avait duré plusieurs années. Nous qui savons les effets de la misere physiologique sur l'organisme et sur l'esprit, serons-nous pareillements affirmatifs? Oserions-nous jurer que la misère de Gilbert n'eut aucune part dans sa mort à l'Hôtel-Dieu ?
J'ai fait toutes ces citations pour montrer que je n'affirme pas l'humeur chagrine de Gilbert à cause de tel ou tel fait qu'il dénonce, qu'il blâme et qui existe en effet tel qu'il le décrit. L'humeur noire de Gilbert était un caractère permanent. Elle s'exerçait sur des choses et des gens d'ordre très différent, et c'est son universalité qui m'en fait prendre note. A Nancy, rapporte l'abbé Grégoire, « il était aigri contre l'Académie de cette ville », et comme elle avait ajourné sa séance publique du 8 mars à cause de la maladie de Louis XV, il fit courir ce sixain ::
« Messieurs, vous êtes avertis Que demain notre Académie Se proposait de décerner ses prix.
Mais quand le deuil de la patrie A loin de nous chassé les ris, Peut-on donner da comédie? »
il écril ses quarts d'heure de misanthropie :
« Non : l’homme seul jaloux, insensible, inhumain Abhorre, ne plaint point, déchire son semblable. » Tous les cœurs sont d’airain, le grand est orgueilleux, Le riche avare, et le pauvre envieux. »
La même humeur noire se retrouve dans ses lettres. IT écrit à d'Arpaud, du Collège de Rheims : « S'il es vrai, Monsieur, que votre cœur vous parle encore pour un homme sur qui le sort semble verser avec plaisir et les douleurs et les chagrins, je vous prie de me rendre un service. Mais comme
il est écrit dans le livre des Deslins : « Gilbert, tu seras lou- « jours jugé avant d'êtrè entendu, et les obstacles se multi- « plieront sur tes pas à mesure que tu les surmonteras.… » 11 écrit au duc de Fronsac : «De foules les persécutions que mes ennemis pourront me susciter. » Je retiens ce mot «mes ennemis », quoiqu'il soit moins vague, que ce qu'on lit dans une autre lettre de Gilbert à d’Arnaud : « Le reste féroce des humains m'oulrage, m'humilie sans pilié.. Vous seul me forcez de convenir qu'il est encore des hommes. Les autres hommes me donneront lort sans doute.» Et Laffay se demande quelles pouvaient bien êlre les causes de cet acharnement universel contre sa personne, puisqu'alors il élail encore inconnu, que sa situation de surveillant ne faisail point d’envieux et que les philosophes n'avaient encore rien à lui reprocher.
Personne n'échappe à ses reproches, pas même ses parents :
« Père aveugle et barbare, impitovable mère Pauvres, vous fallait-il mettre au jour un enfant Qui n’héritât de vous qu’une affreuse indigence! Encor si vous m'eussiez laissé votre ignorance J'aurais vécu paisible en cultivant mon champ, Mais vous avez nourri les feux de mon génie. »
Fréron lui-même, qui l'accueillait à Paris, qui le faisail connaître et le défendait dans son Année littéraire, est l'objet de ses plaintes. «M. Fréron n'a point encore parlé de mon ode, écrit-il de Lorraine à la fin du printemps de 1744 à d'Arnaud, et j'avoue que je suis très fâché contre lui. Je vois bien : il n’a d’amilié que pour ceux qu'il voit. Je viens de lui écrire dans le moment et j'espère qu'il se souviendra d'un homme qui ne mérile pas un silence aussi injurieux.» On peut done dire, avee un des contemporains de Gilbert, qu'il était
€ Sans cesse tourmenté par sa noire sybille Et l'estomac chargé des vapeurs de sa bile. »
Les termes, il est vrai, ne sont pas très éléganis, mais ils font image. C'est même ce penchant aux idées noires qui fit choisir le genre de la satire à Gilbert. Il se proposait de contribuer à chasser le vice de la société, d'y ramener la vertu. I avait d'excellentes intentions, Il n'était pas «à la solde du
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clergé », comme le reprend Alphonse Daudet à l'Officiel du #8 juin 1880, après François de Neufchateau, qui en avait dit :
€ Il vendit au clergé sa plume satyrique. »
Les personnages du clergé qui le soutinrent, le rentérent, le recommandérent, ne l’accueillirent pas comme un transfuge ni comme un mercenaire, mais comme l’un des leurs. Gilbert, né chrétien, baptisé, élevé par des prêtres, vécut et mourut en chrétien. Bachaumont, qui le supposait peut-être aussi vendu au clergé, conclut de sa mort chrétienne après l'avoir rapportée : «Ce qui donnerait lieu de présumer qu'il était créant véritablement. » Sa franchise paysanne s'était choquée de la corruption des esprits et des cœurs. Il essaya d'y porter remède, Mais il choisit le moins efficace, la satire, qui ne corrige pas beaucoup ceux qu'elle vise quoiqu'elle amuse leurs adversaires. Je viens de prononcer le nom de franchise. Celle de Gilbert est manifeste. Elle contribue bien à former avec l’orgueil l'unité de son caractère, quoiqu’elle ne prenne pas chez lui la forme de la fatuité.
Nous n'avons pas encore la physionomie de Gilbert au complet. Sa conduile était irréprochable : elle le fut tant au collège que pendant sa vie de jeune homme. Schmitt a pu se procurer par le sénateur Salmon le texte du certificat qui lui fut donné au collège de Dôle :
« Nos generalis studiorum collegii Dolani praefectus el soladitii director, testamur D. Nicolaum-Josephum Gilbert de Fontenoy-le-Château, cum assiduitatis, pietalis et modestiæ laude, nec non sacramentorum usu in sodalitio versatum esse, in cujus rei fidem praesentes litteras sigillo sodalitii munitas illi dedimus. Dolæ die 28 mensis julii anni 1766.
J.-C. Dar», Presbyter, Generalis studiorum praefectus et sodalitit Director.
On a vu les certificats qui lui furent délivrés par ses différents logeurs à Paris. J'en reproduis un autre : « Nous certifions et par honneur nous devons rendre cette
justice à M. Gilbert, connu de nous depuis longtemps, qu'il a constamment mérité notre estime par des actions et des mœurs honnêtes, mais surtout par un caractère de fermeté et de franchise peu communes; qu'il s’est toujours montré dans notre société tel qu'il s’est fait voir dans ses écrits, invariable dans sa façon de penser, heurtant même celle de ses amis, ne se permettant jamais un mot qui fût contraire aux principes qu'il a manifestés publiquement, parlant de la religion avec la décence et le courage d’un homme qui en a et conservant dans la plus affreuse indigence la noblesse qui sied à l'homme d'honneur. Ce témoignage lui devenant nécessaire pour confondre des personnes qui l'ont noirci dans l'esprit des gens en place, nous le lui donnons tel que nous le ferions de vive voix devant ses ennemis et sans autre motif que celui de rendre homage à la vérité. À Paris, ce huit octobre 1776. »
Suivent les signatures de : Simonne!f de Maisonneuve, d'Arnaud, l'abbé Larislévêque, l'abbé Grossier, Mercier, l'abbé Royou, Fréron, Dorat, Godescart, chanoine de Saint- Honoré, Ferlet,.
Les certificats de bonne vie et mœurs, on sait qu'il ne faut pas trop vouloir leur en faire dire. Celui-ci est plus détaillé. Ils signifient au moins que ceux à qui on les délivre n’ont eu dans leur conduite rien d’apparemment blâmable et qu'ils n'ont pas attiré l'attention par des faits plus ou moins scandaleux. La conduite de Gilbert était celle d'un jeune homme travailleur : « il semblait n'avoir de passions que celle de l'étude », dit un des certificats plus hauts cités. Il cherchait à se procurer des places de précepteur pour vivre et il en eut. Ses affaires étaient faites avec ordre. Son livre de ecompis prouve qu'il tenait régulièrement ceux-ci : il v fait figurer ses recetles et ses dépenses. Il y indique le genre d'objets auquel ces dernières furent consacrées.
Au surplus, voici comme il était en société, selon le /ournal de Nancy de janvier 1781, à moins que François de Neufchâteau, l'auteur probable de l’article, n'ait changé ses disposilions ordinairement peu favorables pour Gilbert en des dispositions favorables à l'excès, une fois Gilbert mor!; puisque.
comme le remarque Gabriel Nigond, en patois berrichon : «€ On gagne autant d'vartus sous terre Qu'on avait d'vices quand on n'tait d'sus.
« [était amoureux de ses productions. C'était son seul défau'. Il n'apportait pas, il est vrai, dans la société cette aménilé, cette urbanité que donne l’usage du monde, inais il élait bon, sensible et complaisant. Ces mœurs étaient pures, son cœur droit, son caractère plein de franchise; jamais dans la société il se permit la raillerie ou les épigrammes. Son esprit, plus que son cœur, lui avait fait embrasser le genre de la satyre. »
À l'égard de ses protecteurs il a de la reconnaissance. Il écrit ses stances à d'Arnaud, « son bienfaiteur », parce qu'il cède « aux cris de la reconnaissance ».
« J’expirais de misère D'Arnaud vient, c'est un Dieu, mon malheur disparaît. »
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Ce mortel me conserva la vie.
I cherche à se rendre utile à ceux qui l’obligent : « Votre réponse vient seulement de m'être remise. Si vous eussiez envoyé Merinval (un des drames sentimentaux d'Arnaud) en mime temps, il serait joué malgré l'interruption des spectacles. J'avais prévenu le directeur qui se croira toujours {rop honoré quand un homme d’une réputation aussi justement mérilée, aussi célèbre que vous, daignera lui confier des ouvrages; et je suis élonné que moi qui vous dois tant de services je me trouve dans le cas de vous obliger en faisant représenter une pièce dont les journaux m'avaient déjà annoncé tout le mérite, » Voilà ce qu'il écrit de Lorraine à d'Arnaud. Il a ses protégés à son tour. Dans la même lettre : « Je sais que vous avez de justes ressentiments contre M. François qui vous remettra ma iettre, Cependant, je me sers de lui pour cette commission, afin que vous le voyiez et que vous lui rendiez votre estime. Je vous demande même pour lui l'amitié dont vous m'honorez. Quoique prévenu contre lui, je l'ai vu, je l'ai aimé el je puis vous assurer qu'il est digne de l'attachement d'un aussi honnête homme que vous. Si M. Palissot a abusé de la faiblesse commune à son âge pour imprimer sous le nom d'un jeune homme des salires qu'il a désavouées, il n’en doit point porter la peine
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aux yeux de M. d’Arnaud, qui se pique de pardonner des étourderies qui n’annoncent point la méchancelé du cœur; il vous estime; dans toutes les occasions qui se sont présentées dans ce pays de vous rendre justice, il l’a fait avec une candeur qui me l’a fait aimer, et je puis dire encore, pour sa justification, qu'il sacrifie aujourd'hui M. Palissot à l’honneur d'être votre connaissance et qu’il ne verra plus son suborneur; il me l’a promis en vous demandant de vous faire sa cour par mon moyen. Je sais que mon crédit auprès de vous est peu de chose; mais cependant, comme ma franchise vous est connue, je le répète, rendez-lui votre estime el accordez-lui un peu d’amilié. Soyez persuadé que je ne serais jamais l'ami d'un homme que vous mésestimeriez après l'avoir bien connu; d'un homme, dis-je, qui ne serail point votre ami. »
Apprenons maintenant ce que pouvait être Gilbert au point de vue intellecluel. L'intelligence brillante du petit prodige élincelle encore chez l'homme fait. Il avait de l'esprit, Gilbert:
Ainsi le grand Pathos, ce poète penseur
Conseille par pitié mon aveugle ignorance
Et de son plein savoir si je réplique un mot
Pour prouver que j'ai tort, il me déclare sot. »
« Mais qu'on ose prôner des sophistes pesants... … Et tant d'autres encor dont le public épris Connaîl beaucoup les noms et fort peu les écrits. »
eee) d'a te etele hoteles nsielos ol) eo telele is ele nie e a 1e + ae et eumis sie se ete steltieh es ut
S'il faut vous écouter j'aime encor mieux vous lire. Il met dans la bouche d’un philosophe, pour s'en moquer :
Sur d'utiles sujets rimez des vers utiles, Chantez les douze mois, prêchez sur les saisons.
Et dans la sienne :
Quand de traits différents, recueillis au hasard, Pour corriger les mœurs je compose avec art Un portrait fabuleux et pourtant véritable, Si du public devin la malice équitable :
S'écrie : Ah, c’est un tel ce marquis diffamé; Qu'il s'en accuse seul, ses vices l’ont nommé.
ET comme il nommait tout de même quelquefois les auleurs :