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SrecrriEp, Opus cit., page

C'est pour cela qu’il en existe aussi appelés tests d’aptitude spéciale qui permettent de découvrir parmi les ouvriers non qualifiés ceux ayant des dispositions naturelles pour un certain genre de travail. Ils sont établis par un psychologue industriel et permettent de déceler chez l’ouvrier les aptitudes requises. Les épreuves que l'on fait subir à l'ouvrier varient avec le genre de travail. Cependant il en existe quelques unes devenues classiques et qui, parfois sous d’autres formes, se retrouvent généralement dans la plupart des examens. C’est, par exemple, le test de construction analogue au Jeu de cubes des enfants, ou bien le test des allumettes, dans lequel l’ouvrier doit remplir avec des allumettes tous les trous d’une planche percée qu’il a devant lui et bien d’autres encore.

Quant au dernier genre de tests, c’est à dire ceux d'intelligence générale, ils sont plus directement inspirés des méthodes de MM. Binet et Simon qui dès 1905 en avaient établi un certain nombre pour juger de la maturité intellectuelle des lycéens français et en même temps déceler les enfants anormaux. La première application générale en fut faite pendant la guerre à l’armée américaine. Celle-ci, désireuse de constituer rapidement un corps d'officiers, cherchait une méthode permettant de séparer rapidement de la masse les hommes supérieurs capables de remplir des postes de commandement. Pour cela elle eut recours aux tests d'intelligence générale qui du reste se subdivisent en une quantité d’autres permettant de juger de laptitude au commandement, du degré de connaissance du langage, du jugement, de l’information générale du candidat, etc. C’est cette application des tests à l’armée américaine qui

donna. l’idée aux patrons de l’appliquer d’une façon systématique dans leur usine pour trier leur personnel.

L'efficacité de ce dernier genre de tests n’a pu encore être très contrôlée. En ce qui concerne les tests d’aptitude on estime que le résultat de l’examen doit être prouvé par des effets pratiques : un ouvrier que le test a reconnu bon doit être tel à l’atelier. C’est le rôle du contre-maître de juger si l’ouvrier, qui a subi avec succès au moment de l’embauche les tests établis, est vraiment à l’atelier un bon ouvrier. Malgré tout, l’utilité du test à l’embauche est suffisamment justifiée par le fait qu'il permet de déceler chez l’ouvrier les défauts qui peuvent le rendre impropre au travail.

L’embauche par le contre-maître ne permettait pas plus que le simple interview de déceler certains défauts. Imprécision dans les gestes, mauvaise vue, sont souvent dans l’industrie moderne des handicaps éliminatoires. Ces défaillances, seuls les tests permettent de juger de leur gravité et de savoir s’Us rendent impropre l’ouvrier à un travai donné. À côté de l’interview qui ne donne sur l’ouvrier qu’une impression purement subjective, le test permet en ce qui concerne la profession du travailleur d’éliminer l’équation personnelle.

Les Américains croyant fermement à la valeur de la science, et spécialement de la science indu:trielle, ont cru trouver dans le test un moyen scientifique de juger de la qualité des employés. Ils estiment que celui-ci peut fournir un jugement impersonnel et minutieux, qui permet d'effectuer en quelques minutes une sélection que le temps justifiera par la suite. C’est, disent-ils, une façon de mettre « the right man in the right place ». Cette sélection rapide et exacte peut done augmenter

la puissance de production de l’homme (lefficiency). Un ouvrier, mis immédiatement à un travail pour lequel il est vraiment apte, et guidé dès le début par quelques conseils judicieux, peut presque aussitôt rendre le maximum, Au point de vue productivité, les tests ont donc une utilité incontestable. Cependant ils ne sont pas un moyen infaillible car ils ne peuvent s'appliquer à tous les cas. On a reconnu en effet, qu’ils n'étaient vraiment efficaces que lorsque l’on cherchait à sélectionner des ouvriers pour certains travaux, ceux par exemple dont on peut mesurer objectivement la production. Souvent aussi, ils ne servent qu’à déterminer les vocations ou du moins à révéler certaines aptitudes chez les enfants. C’est dans ce but qu’on les applique dans les écoles sous le nom de vocational guidance, ce que nous appelons en français l’orientation professionnelle.

Aux Etats Unis, ce système s’est propagé très rapidement « dans les écoles, les universités, les usines, les” grands magasins, le test est de plus en plus considéré comme susceptible de donner une indication automatique et décisive sur les possibilités de chacun : mécaniquement consigné sur votre dossier il vous suit alors comme une fiche de police dont vous ne pourrez plus vous défaire. (on a vu des professeurs attribuer plus d'importance au test qu’à l’examen) h.

L'Amérique a pour les tests « l’enthousiasme de la jeunesse ». Et l’engouement qu’elle éprouve pour ce système peut sembler quelque peu excessif. Les tests ne peuvent donner en effet, des renseignements d’une

valeur absolue. Par exemple, ceux d'intelligence géné-

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