André TarDrEu, Devant l'obstacle. Paris, 1927,p
2. Suicuter (S. H.), « The Turnover of factory labor « N. Y- Appleton, 1919.
moyenne des salaires pendant cette même période. Pour d’autres, c’est le rapport du nombre d'hommes abandonnant le travail (volontairement ou non) à la moyenne des salaires pour une même période. »
Une autre définition est donnée par l’U. S. Women's Bureau qui fit une enquête en 1922 dans les manufactures de coton. Pour obtenir le chiffre du labor turnover d’après l’auteur du rapport qui résumait les résultats de l’enquête, on doit diviser le nombre des ouvriers abandonnant le travail par la moyenne des ouvriers employés.
Enfin, M. Philip l’appelle la mobilité ouvrière.
Les économistes du nouveau monde n’ont pas pensé à un moyen simple de calculer la mobilité ouvrière et qui consisterait à chercher la durée moyenne de séjour d’un travailleur dans une usine au cours de l’année.
Tous les auteurs admettent que le labor turnover représente une perte pour l’ouvrier, pour le patron, pour l’industrie, et même pour la nation. Cette mobilité disent-ils, est une perte pour l’ouvrier, car elle représente pour lui une occasion de dépense ou de manque à gagner, s’il ne retrouve pas immédiatement du travail. D'autre part, s ‘il change d’occupation, 1l doit subir une période d'apprentissage pendant laquelle le taux de son salaire est plus bas, et il est, par suite de son inexpérience, plus exposé aux accidents. En admettant même qu’il retrouve un emploi identique, pendant la période de chômage, il a subi certainement une dimi- . nution dans le développement de son habileté. profes- à sionnelle. Enfin, ajoutent-ils, le labor turnover est très démoralisant pour l’ouvrier car il l’incite à la paresse
et le rend instable ; c’est donc un cercle vicieux qu'il faut à tout prix essayer de rompre.
Cependant, quelques rares économistes reconnaissent que la mobilité ouvrière n’est pas toujours néfaste pour le travailleur ; ainsi M. Shchter, dit qu’il est des cas où le labor turnover lui est profitable. Par exemple, un ouvrier inadapté au genre de travail auquel il est astreint profite en l’abandonnant.
Le labor turnover, avons-nous dit, représente aus:i une perte pour l’industrie, et voici pourquoi :
Ce mouvement perpétuel oblige à éduquer de nouveaux ouvriers et comme un débutant produit moins qu’un ouvrier bien entraîné, la production s’en ressent. A ce sujet, une enquête faite par M. Magnus Alexander dans douze manufactures de métaux employant 16.000 ouvriers, démontre que le total de la perte, représentant le coût du louage, de l'entraînement de nouveaux ouvriers, de la production réduite, du travail gâché, et des accidents, était de un million de dollars. Ce même auteur estimait que la perte nationale était de 200 milions de dollars.
Des études statistiques faites sur cette question, donnent une idée de l’ampleur du mal dont souffre Pindustrie américaine. Le labor turnover varie énormément suivant le genre d'industrie. On estime cependant qu’en moyenne il est de 80 0/01. Voici les résultats d’une enquête poursuivie en 1922 dans les manufactures de coton. Elles furent séparées en deux groupes, celles du Nord et celles du Sud, et l’on constata que le