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Lucien Romrer, L'Homme Nouveau. Paris, Hachette

En étudiant les différents types de services sociaux que nous avons pu rencontrer en France, volontairement nous avons négligé toutes les institutions d’un caractère obligatoire. Autrement dit, nous avons écarté lPétude des interventions législatives en matière sociale.

En France, la « question sociale » est largement « réglementée ». Mais ceci nous a paru sortir du cadre de ce travail car nous avions en vue l’étude du service social, lequel est essentiellement facultatif. Nous n’avons pas entrepris d'examiner une loi sociale importante qui va être incessamment appliquée : la loi sur les assurances sociales. Elle apportera des bouleversements parmi les services médicaux des usines et les institutions de prévoyance.

Mais si l’on envisage l’action de la loi sur les questions sociales, on constate qu’en France on attend beaucoup trop de la législation car, comme l’a fort bien dit Dalloz, « Elles (les autorités) attendent tout de la législation et chaque loi nouvelle étant un nouveau mécompte, elles sont portées sans cesse à lui demander ce qui ne peut venir que d’elles-mêmes ». En effet, on peut regretter la tendance des « autorités » françaises à entraver l'initiative individuelle.

Celle-ci cependant a su, malgré les embüûches qu’elle a rencontrées, faire œuvre utile. Nous avons constaté

pendant la guerre un mouvement en faveur des condi- ?

tions meilleures dans l’industrie, Ce mouvement s’est cristallisé par l'institution des surintendantes, et une spécialisation plus grande du service du personnel.

Certes, nous sommes loin de l’essor américain. Nos services du personnel font piètre figure à côté des «employees service department », ou « des employment management service ». Leur organisation systématique est inconnue chez nous. Rappelons combien ils sont, scientifiquement organisés, hiérarchisés, compartimentés et spécialisés.

En France, rien de pareil. On rencontre seulement quelques tentatives sporadiques d’organisation méthodique.

Il faut reconnaître à la décharge du patronat français qu'il n’a pu s'intéresser comme il l’aurait désiré à la question sociale ; en effet, la question économique conditionne cette dernière. L'Amérique « qui a l’enthousiasme de sa Jeunesse 1 », a un marché intérieur assez vaste pour lui permettre de produire ? à grands frais.

D’autre part, une barrière douanière qui ne cesse de s’élever protège la production et permet aux industries un dumping fort rémunérateur. Ces conditions exceptionnelles ne se réalisent pas chez nous. La concurrence y est le plus souvent très âpre, la compression des frais généraux est la condition dans bien des cas, de l’exis-

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