‹ L'Ingénieur Social Dans L'EntrepriseChapitre 6 sur 46 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les Œuvres SoctaLEs

L'augmentation du rendement. — Le service social. — La construction des usines. — L'éelairage. — L’aération. — La lutte contre les accidents : le Safety. -— Les services médicaux. — Les restaurants. — Les fêtes de famille. — Les revues d’usine.

- Les sports. — Les vacances.

La lutte contre l'instabilité a amené les patrons à améliorer le sort de leur personnel. Les œuvres sociales ont été, parmi les moyens employés, ceux qui furent les plus efficaces. C’est tout à l'honneur du patronat américain d'avoir si rapidement compris tous les avantages qu'il pourrait retirer des œuvres sociales. Car, à côté de la lutte contre le labor turnover, celles-ci présentent aussi d’autres utilités et parmi celles qui frappèrent le plus le patronat, ce fut l'augmentation du rendement.

À l'heure actuelle, quand aux Etats-Unis on préconise l'adoption des œuvres sociales, l'argument qui est en général mis en avant, est l'augmentation du rendement qu'elles provoquent. Les œuvres créant une atmosphère nouvelle et ayant pour but de rendre l’ouviier plus heureux font qu'il travaille plus facilement, et par conséquent plus vite.

Mais ce facteur psychologique n’est pas suffisant à lui seul pour produire une augmentation du rendement. D'autres modifications apportées à l’organisation des usines y ont grandement contribué.

La plupart des patrons on: senti la nécessité de créer un rouage nouveau qui devait les aider et les conseiller

dans leur œuvre de rénovation : c’est l’ingénieur social. Cet agent est à la base de toutes les innovations que les patrons ont introduites dans leurs usines. C’est vers 1906 que l’on vit pour la première fois aux Etats-Unis apparaître ce terme d'ingénieur social. D’autres dénominations désignant des fonctions à peu près identiques furent aussi en usage. Parmi celles-ci, citons celle de welfare worker, qui fut, pendant un temps, très à Ja mode, mais qui avait trop l’air de rappeler le fameux « welfare » devenu insupportable aux masses ouvrières. Aussi les industriels pour bien montrer qu’ils abandonnaient toute idée de patronage, baptisèrent-ils le welfare worker d’une quantité de noms différents ; ils l’appelèrent surintendant d’usine, secrétaire social, secrétaire du personnel, et parfois même trait d'union. Cette dernière appellation caractérise bien le rôle de l’ingénieur social ; c’est en effet l'intermédiaire naturel entre le chef et les ouvriers. Ce sera Jui qui enseignera au patron : « comment établir le point de contact désiré entre lui et son état-major et les simples soldats de son armée industrielle 1 ».

Mais l'ingénieur social est surtout et avant tout le chef et l’âme du: service social. Ses fonctions sont infiniment variées, il est impossible de leur appliquer des règles générales. Elles diffèrent suivant les maisons ou les œuvres, suivant l’industrie ou le milieu ouvrier, etc.

Il existe cependant un certain nombre d’attributions qui sont essentielles de la fonction d'ingénieur social. De tout temps, en effet, il a été chargé de s’occuper des conditions sanitaires, de l’hygiène à l’atelier ainsi

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