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Cesrre, Production industrielle et: Justice sociale

AUX ÉTATS-UNIS Re:

‘On voit donc que les travailleurs sociaux sont les hommes sur lesquels les patrons ont été obligés de se décharger de leur rôle normal de soutien et de conseiller ce qui leur a permis d’avoir une influence considérable sur l'esprit des ouvriers ; M. Cestre a pu dire qu’ils ont “été : « les chefs de là réforme sociale en Amérique ».

En effet, ce sont eux qui ont guidé les patrons dans la transformation des usines. C’est grâce à leur expérience et à leurs avis que furent faites bien des modifications. Une des premières réformes opérée grâce à leur influence porta sur la construction des usines et des ate- - liers. Une architecture nouvelle fut créée. L'expérience individuelle a fait place maintenant à toute une science. - Celle-ci en premier lieu a cherché à améliorer l’éclairage. On a reconnu en Amérique que l'éclairage, qu’il soit naturel ou artificiel, est devenu un facteur de production au même titre que la force motrice.

Voici une expérience faite par M. Schawze qui le démontre amplement : Ayant amélioré très sensiblement l’éclairage dans une usine, il vit la production augmenter de 10 0/0. Puis il rétablit l'éclairage primitif et aussitôt la production diminua de plus de 10 0/0.

Mais un des principaux avantages d’un bon éclairage réside dans la réduction du nombre des accidents. On avait cru jusqu'à maintenant que, si les accidents étaient plus nombreux à la tombée du jour, la fatigue

physique des ouvriers en était la cause. Cette hypothèse est en partie inexacte. Les accidents qui arrivent au crépuscule ont pour origine la fatigue visuelle. Le fait suivant démontre l’exactitude de cette hypothèse : les accidents sont plus nombreux en hiver quand la durée +

du jour diminue ; or, les ouvriers n’ont pas de raison d’être plus fatigués en hiver qu’en été.

Mais l’éclairage n’est pas la seule chose qui ait été améliorée dans l’usine. L’aération a été l’objet d’études minutieuses de la part des architectes modernes. Pour cela, ils ont placé dans les ateliers des ventilateurs amenant de l’air purilié et porté à la température voulue.

Les Américains ont obtenu à ce point de vue des résultats remarquables. Mrs Tarbell raconte qu'ayant visité une tannerie et une blanchisserie où un système de ventilation moderne était adopté, elle n’eut à aucun moment : « cette sensation d’étouffement et de suffocation si commune dans les salons et les théâtres 1». Dans beaucoup d’usines, des spécialistes ou « experts » étudient les températures qui conviennent à tel genre de travail et établissent des tableaux comme celui-ci que l’on affiche à la porte de tous les ateliers.

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